Michel Arnaboldi

Les billets de Michel A.

La vérité de l’autre 

Notre relation aux autres en révèle beaucoup sur nous. Moi, par exemple, j’ai parfois de la difficulté à accepter les opinions d’autrui. C’est normal, puisque j’ai toujours raison. Je rectifie : puisque je crois avoir toujours raison. Blague à part, je suis sûr que vous serez plusieurs à vous reconnaître dans ce genre de situation.

Quand une personne dit une chose contraire à ma vérité, il m’arrive de me braquer, de m’énerver et d’entrer dans le jugement. Pourtant, dans l’absolu, ma vérité est-elle plus vraie que celle de ma conjointe, mon frère ou mon voisin ? Plusieurs choses que je croyais vraies quand j’étais enfant me semblent totalement fausses aujourd’hui. Je les avais pourtant défendues avec conviction ! Cela m’a montré combien mes opinions sont relatives, mais dans le feu de l’action, le petit moi s’emporte vite lorsqu’il est contredit.

Par bonheur, j’ai gagné en sagesse ces dernières années. Quand je vois pointer un jugement, quand je perçois la sensation du rejet ou l’odeur du conflit naître en moi, je me dis qu’une partie de mon être refuse de considérer la vérité de l’autre comme étant aussi valable que la mienne. Je peux le dire aujourd’hui, car j’ai fait l’expérience que percevoir la vérité de l’autre à travers l’énergie du cœur ne débouche sur aucun conflit. Quand bien même deux vérités diffèrent, lorsqu’elles sont vues par le cœur, il y a amour et compassion. C’est ainsi que ce que croit et vit l’autre peut être entendu et accepté. Ainsi, l’autre peut être aimé dans sa différence.

Cet acte magique nourri de tolérance et de respect, seul le cœur peut le faire, et il le fait naturellement, car sa nature est amour et unité. L’énergie du cœur ne gomme pas les différences, elle unit et rassemble au-delà des différences !

Michel A.

Les billets de Michel A.

Une réalité artificielle … 

L’annonce que près d’un million d’espèces sur notre planète sont menacées d’extinction m’a plongé dans un profond mal-être. J’ai mis plusieurs jours à digérer cette information, tant j’étais rempli à la fois d’incompréhension et de tristesse. Incompréhension de voir notre humanité si molle face à l’urgence de la situation, et triste de savoir que tant de créatures et de diversité sont en train de disparaître de la surface de notre, je le rappelle, si jolie planète.

Je n’arrivais pas à comprendre la passivité et l’égocentrisme de notre humanité. Je pense que nous vivons sous l’emprise d’une drogue dure, d’une multitude drogues qui ont affaibli notre force et notre volonté. Elles ont pour noms : peurs, conditionnements, télévision, consommation, illusion de la séparation.

Alors que nous savons intellectuellement que tout est relié, que tout est formé des mêmes particules élémentaires, comment se fait-il que nous vivions avec l’impression d’être coupés les uns des autres, séparés de la Grande Vie et de son origine. Comment cette illusion s’est-elle imprimée si profondément dans notre conscience, nous rendant inconscients de l’unité de la Vie?

Si j’avais la réponse à cette question, une réponse vivante, je ne ressentirais probablement plus cette tristesse de savoir que tant d’êtres vont disparaître. Mais c’est probablement parce que je ressens la gravité de ce qui se passe présentement que je suis affecté.

Une chose me semble cependant particulièrement évidente. La solution à nos problèmes, qu’ils soient sociaux, environnementaux ou économiques, est collective. Si on peut  encore penser qu’on va s’en sauver parce qu’on a des sous, une maison ou un bon job, tout cela me paraît bien naïf et futile.

Qu’on se le dise, abimer la planète comme nous l’avons fait et le faisons encore, ne démontre que notre ignorance, notre arrogance et notre inconscience. L’Unité de la Vie démontre la fausseté des croyances et des préjugés qui ont sous-tendu ce genre de comportement.  La Vie est Une et vivre en la respectant est source de bonheur et de joie.

On le sait bien, c’est notre mode de vie au complet qui doit changer, même les médias officiels l’ont dit. Pas question de faire de la cosmétique en espérant continuer comme avant. Tout ce qui est artificiel dans notre vie se révèle de plus en plus chaque jour. La nature, la météo, la planète nous le rappellent, et le rappelleront encore et encore jusqu’à ce qu’on revienne à une expression de la vie respectueuse.

Je vois clairement que ce jeu de l’illusion, de l’inconscience, que nous avons si bien joué, arrive à son terme. Tant mieux pour nous. Peut-être que la sortie sera un peu pénible, car il semble que nous ne nous y soyons pas vraiment préparés collectivement. À moins que les apparences soient trompeuses, et que la magie de la Vie opère pour faciliter notre retour à l’harmonie et à l’unité !

Michel A.

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 88

Finie la malbouffe mentale !

Oh, je ne vais pas vous parler du ménage que j’ai fait dans mon garde-robe ou ma bibliothèque. J’avais envie de vous parler du tri que j’ai commencé à faire au niveau des informations. Parce que, ce n’est pas trop dire, nous sommes bombardés d’informations, n’est-ce pas ? Mais est-il utile d’en recevoir autant, d’en avaler autant ?

Je me suis rendu compte que beaucoup d’informations ne me servent à rien. Et que beaucoup d’autres ne véhiculent que des peurs, et sont diffusées pour nous éloigner de notre force de création. Déjà, celles-là, c’est une excellente chose de ne plus m’y attarder.

Si on y regarde bien, une information, c’est une sorte de nourriture, une nourriture pour notre mental. Comme cet organe est déjà hyper sollicité dans notre société, il a souvent de la difficulté à digérer tout ce qui lui parvient. Alors, alléger sa tâche et lui donner quelques fois des vraies vacances est excellente chose !

Finie la malbouffe mentale ! Comme pour mon assiette, j’ai décidé de mieux regarder ce que j’avale, et surtout d’en avaler moins. Et vous savez quoi, je me sens plus à l’écoute et plus connecté à l’intérieur. Que du bonheur !

Bon été les Ami-e-s et bonnes vacances !

Jean-Daniel

Les billets de Michel A.

Au-delà de la peur … 

Cette journée-là, je l’ai passée dans l’inconfort. Je me sentais instable au niveau de mes émotions et agité dans mes pensées. Bien qu’une petite voix m’invitait à prendre le temps de rencontrer cet inconfort, une peur me poussait à reporter ce moment.

Ce rendez-vous, que je n’ai pas accepté de jour, s’est présenté à moi la nuit suivante. Je me suis réveillé au milieu de la nuit avec une forte tension dans le ventre, une sensation bien connue que nous appelons la peur, ainsi qu’un mal de gorge. Je sus instantanément qu’il valait bien mieux que j’aille à la rencontre de mon monde intérieur, lui qui criait sa demande d’être écouté.

Je mis les deux mains sur mon ventre, avec l’intention de rencontrer mes peurs, bien sûr, qui étaient coincées dans cette partie de mon corps, mais aussi les autres émotions et sensations. Patiemment et en douceur, je plongeai dans mon ressenti, avec pour seule intention de ressentir et d’accueillir ce qui était là, ce qui poussait vers la sortie. Malgré quelques moments d’inconfort intense, je ne repoussai pas ce rendez-vous que je m’étais donné.

Durant tout ce processus, je faisais de mon mieux pour ne pas embarquer dans les pensées. Comme j’avais encore un pied dans un demi-sommeil, mon mental n’était pas trop actif, ce qui me facilita les choses. Difficile pour moi de dire combien de temps cela dura, mais durant tout ce temps, je me fis rien d’autre, pour une fois ai-je envie de dire, que de ressentir et rencontrer les sensations, en fait demeurer présent à ce qui se présentait et passait. Car oui, les tensions, les peurs, les inconforts passèrent les uns après les autres, rapidement. Quelques images d’enfance se présentèrent aussi. Je les laissai passer sans m’y attarder.

Une fois ce processus terminé, je me réveillai pour de bon. Je me sentais bien, allégé, conscient que cette expérience m’avait aidé à dégager de « vieilles affaires », avec une efficacité surprenante. Je vous dis cela, car je suis allé respirer un bon bol d’air une fois debout, avec l’agréable impression d’être mieux connecté à la Vie, plus paisible dans mon ventre et dans ma tête aussi. Si l’emballage de l’expérience n’avait pas été très invitant, je peux vous dire que le cadeau, lui, fut magistral !

Michel A.

Les billets de Michel A.

La lutte peut parfois être très subtile … 

J’ai depuis longtemps plusieurs défis de santé et pour pallier à ces inconforts et ces problèmes, j’ai essayé plusieurs approches durant les dernières années. Elles m’ont apporté du répit et un soulagement certes, mais pas de véritable solution durable.

J’avais compris intellectuellement que lutter contre un problème, que ce soit de santé ou un autre, n’apporte aucune solution. Mais ce n’est que dernièrement que j’ai pris conscience que derrière mon envie de guérir était tapi un rejet, un refus de mon état de santé du moment, que je continuais à entretenir un combat contre mon corps, et que c’était justement cette lutte qui nourrissait mes problèmes.

Ces mots ne sont pas banals, ils sont au contraire chargés d’un sens profond. Oui, je crois que j’ai enfin saisi combien le mode lutte, ou la dualité, nous éloignent de l’énergie du cœur, de sa force d’amour en nous qui unit, rassemble … et guérit.

Alors, si lutter contre quelque chose ne fait que le renforcer, par où passe la guérison ? La réponse que je donnerais aujourd’hui à cette question est : par la pacification et l’unification de toutes les facettes de notre être. Et comment y parvenir ? demanderez-vous peut-être. Je répondrais : en accueillant le corps tel qu’il est, en accueillant inconditionnellement ce qui est là, sans rien juger, sans rien rejeter, sans rien vouloir changer … en aimant le corps tel qu’il est.

Pratiquement, lorsqu’un inconfort ou une douleur se fait sentir, je prends un moment pour rester avec. Je ne rentre pas dans l’histoire liée à la souffrance ou à la douleur, car ce serait la nourrir. Non, je reste avec la sensation physique d’abord, dans un accueil bienveillant. Si des émotions montent, des pensées, des croyances, je les accueille de la même façon. Pour moi, c’est comme si j’enveloppais tout ce qui est et a été d’amour et de compassion.

Dans cet état d’accueil inconditionnel, où rien n’est jugé ni rejeté, il se passe quelque chose de merveilleux. L’énergie de la contraction et de la douleur se fluidifie. L’accepter, c’est comme lui permettre de passer enfin son chemin. Cela n’a rien à voir avec le fait de la nourrir ou de lui donner libre cours. Si, par exemple, je ressens de la colère, je reste simplement avec le fait qu’il y a de la colère. Je permets à la colère d’être, j’observe, sans entrer dans la colère. En ne lui opposant aucune résistance, elle ne peut que passer. Bien sûr, rien ne peut être forcé et je le fais sans attente.

Récemment, j’avais de fortes tensions dans le bas du dos. J’ai pratiqué ce « rester avec », en accueillant tout ce qui se présentait : les tensions physiques, les peurs, les mémoires qui se sont présentées à ma conscience. Je sentais des résistances, mais j’ai continué à simplement observer ce qui était là, avec toute la bienveillance dont j’étais capable. J’ai alors vécu un dégagement très profond, avec la sensation très claire qu’une énergie lourde était sortie de mon corps.

Ce que je vous partage vous paraît peut-être abstrait, mais en fait, cela n’a rien de théorique. Il s’agit de quelque chose de concret, qui se ressent dans le corps et au niveau de l’humeur. Et comme toujours, la meilleure façon de le savoir, c’est … de l’expérimenter !

Bonnes découvertes !

Michel A.

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 87

Un peu plus d’amour que d’ordinaire

Depuis quelques semaines, l’harmonie est un peu moins présente avec Corinne. De mon côté, il est vrai que je me sens chahuté au niveau des émotions. Dans ces cas-là, j’ai tendance à me replier sur moi et à chercher davantage la solitude. C’est comme si j’avais besoin de me retrouver plus en profondeur. Alors, forcément, ça se ressent dans la relation avec Corinne.

La bonne nouvelle, c’est qu’on a réussi à en parler. Mieux, ça nous a fait énormément de bien, parce que même si nos désirs, nos visions et nos compréhensions diffèrent sur certains points, on s’est rendu compte qu’on a profondément envie de les partager ensemble. Une partie de notre déception ou frustration venait du fait même de ne pas donner cours à cette envie de partager.

L’autre point dont j’avais envie de vous parler, c’est qu’alors que nous nous parlions avec Corinne, j’ai compris que la Vie voit plus grand que nos désirs personnels. En réalité, mes idées sur le bonheur et la vie idéale étaient bien étriquées. C’est pas que la Vie a des plans spéciaux pour moi, non. Mais lors de notre discussion avec Corinne, c’est comme si ma petite voix intérieure m’avait soufflé à l’oreille : « Ne mets pas de limites à ta capacité à aimer ».

J’ai dû regarder Corinne avec de drôles d’yeux, car elle s’est arrêtée de parler au même moment pour me demander si j’allais bien. En fait, j’ai vu que mes croyances, mes doutes, mes blues, mes marchandages affectifs, mes blessures, que tout ce bagage que je porte pouvait être transformé et dépassé avec un peu plus d’amour.

Je sais que des gens comme moi, y’en a beaucoup. Alors, je me suis dit que l’invitation n’était pas juste pour moi. Mettre un peu plus d’amour dans ma vie me semble une option merveilleuse ! Et vous, ça vous inspire ?

Namasté,

Jean-Daniel

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 86

Gardiennage

Ma sœur cadette et son chum sont partis en vacances dans le sud fin janvier, question de couper un peu l’hiver. Ils nous ont demandé, à Corinne et moi, si on pouvait garder leur chienne et leur chat pendant leurs vacances. Comme on aime les animaux, et qu’on savait qu’ils étaient sympas, on a dit oui tout de suite.

On pensait rendre service à Séphira et Pompon, la chienne et le chat, mais en fin de compte, les chanceux dans l’histoire, ça a été nous. Oui, car c’est deux boules d’amour que nous avons hébergées durant ces deux semaines.

Ça m’a rappelé quand j’étais enfant. Nous avions deux chats à la maison, deux chats adorables qui passaient autant de temps que possible sur nos genoux ou notre ventre à se faire câliner. Même mon père qui n’aimait pas trop montrer ses sentiments redoublait d’amour envers nos amis à quatre pattes.

Chaque fois que Corinne ou moi on rentrait à la maison, Séphira venait nous voir, toujours heureuse de nous retrouver. Cette chaleur, cette simplicité, cette joie naturelle nous remplissait à chaque fois d’un sentiment de bien-être. Bien que moins démonstratif, Pompon n’était jamais bien loin. Il attendait que nous soyons assis ou allongés pour apparaître et s’installer sur nous. Quelques câlins, et les ronrons démarraient.

La présence de Pompon et Séphira nous a fait un bien énorme. Ça fait dix jours qu’ils sont partis, et on se remet à peine du vide créé. Je vais me répéter, mais leur amour et leur chaleur nous ont bercés durant ces deux semaines. Sûr que si nous étions plus sédentaires, nous prendrions un ou deux compagnons à quatre pattes chez nous. À moins que ce soit eux qui nous prennent pour compagnons !

Namasté,

Jean-Daniel

Les billets de Michel A.

Prendre le temps de recevoir

Lorsque je souhaite quelque chose et que je ne sais pas comment l’obtenir, j’adresse ma demande à l’univers. C’est ma façon de faire. En parallèle, je fais bien sûr ce qui me semble le mieux pour obtenir la concrétisation de mon désir. Le hic, c’est que je crois que j’en fais trop.

Il est certain que dans ce domaine, je ne suis pas une exception. Nous sommes une civilisation hyperactive, maladivement active. Tout le monde, et dès un jeune âge, est comme pris dans le tourbillon : bouger, créer, traiter des informations, demander, passer à l’action… tout ce faire remplit nos journées.

On ne s’en rend plus compte, mais tous ces mouvements créent une tension intérieure. Si on ne prend pas le temps de relâcher la pression, celle-ci augmente, s’accumule et engendre des désordres. Le stress s’installe parfois sans même qu’on s’en aperçoive. On vit avec, on arrive même à trouver le stress « normal ». Non, mais quelle aberration !

Le deuxième hic, c’est qu’on ne peut pas recevoir lorsqu’on est tendu. Hé oui, ça bouche le canal, ça bloque la réception. J’ai bien observé le phénomène dans mon quotidien. Par exemple, la peur de manquer d’une chose crée instantanément une crispation en moi, et cet état de crispation forme un barrage vibratoire qui m’empêche de recevoir. C’est un cercle vicieux.

Pour prendre une image, la peur rend le téléchargement impossible. Mais il n’y a pas que la peur qui « empêche » l’univers de nous remplir de son abondance. Un état dépressif, de colère, nos résistances, toutes nos tensions limitent ou nous empêchent carrément de recevoir.

Alors, que faire ? Se détendre et se mettre en mode « réception consciente » ! C’est ce que j’ai trouvé de mieux… Concrètement, je prends un moment pour relaxer, lâcher les activités, les préoccupations, me déposer dans le moment avec confiance et accueillir… sans rien faire. Parfois, mes émotions sont trop agitées ou ça tourne un peu trop dans ma tête pour y arriver. Alors, pour m’aider, je fais quelque chose qui me met en joie et m’ancre dans le présent ou me détend profondément, comme écouter de la musique. À chacun son truc. Le vôtre, c’est quoi ?

Michel A.

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 85

Un petit moment d’éternité

En temps terrestre, mon expérience n’a duré que quelques minutes, mais quelles minutes ! Des minutes d’éternité, dans l’espace infini de mon cœur. Je dirais que je baignais dans un état de grâce, tant je me sentais bien. Je percevais littéralement la vie à travers l’espace de mon cœur.

Tout ce que je voyais était animé d’une vie nouvelle. L’arbre de la cour n’était plus un tronc de bois avec des branches, mais un être vibrant, rayonnant de vie. L’écureuil qui passa sur le balcon était mon frère, tout comme l’oiseau qui vint se percher juste en face de moi pour me regarder, comme s’il avait perçu que j’avais changé.

Il n’y avait plus d’objets, plus de choses inanimées. Il y avait la vie en mouvements, vibrante de lumière derrière toutes ses formes, dans tous ses corps. J’étais émerveillé et excité, tout en goûtant à une paix ineffable. Mon regard était libéré de ses réductions habituelles, mes sentiments étaient animés d’un amour inconditionnel pour tout ce que je percevais et, chose géniale, les limites de mes croyances avaient sauté.

Je jouissais d’un quasi-silence mental qui me conférait une lucidité paisible et bienveillante. Comme j’en prenais conscience, je pensai à Corinne. Il me sembla que nous nous connaissions depuis longtemps, et que notre vie actuelle était la suite logique de ce que nous avions vécu en d’autres temps. Nous nous étions donné rendez-vous, c’était clair ! Comment pourrait-il y avoir du hasard dans un monde si parfaitement orchestré ?

Un immense élan d’amour monta en moi, me submergea, un élan d’amour pour Corinne, mes sœurs, mes parents, mes amis et pour toute la vie, un élan si puissant que je partis en larmes d’émerveillement et de gratitude.

Cette expérience n’a duré que quelques minutes en temps terrestre, mais assez longtemps pour graver une empreinte durable dans ma conscience.

Namasté,

Jean-Daniel

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 84

Bien obligé de lâcher prise

Je me suis blessé au genou il y a quelques jours en faisant un mouvement un peu trop intense, le même genou avec lequel j’avais déjà eu des problèmes. Aussitôt, un mauvais feeling est monté en moi, accompagné d’une pensée qui disait « Oh, j’aurais pas dû faire ça ».

Je me suis allongé le temps de voir si c’était grave ou pas. Par bonheur, j’ai pu me lever et marcher. Mais la douleur a persisté les jours suivants sans perdre d’intensité. Pas besoin de vous dire que plus les jours passaient, plus je me sentais inconfortable. Mon inconfort était en fait proportionnel à mon sentiment de vulnérabilité et à mes doutes quant à la guérison.

J’aurais voulu extirper ce doute de mon mental, mais je sentais bien qu’il y était fermement implanté. Comment faire alors ?

Je me mis à réfléchir à la manière d’effacer cette croyance ou à la remplacer par une meilleure. Ça a tourné comme cela dans ma petite tête durant plusieurs jours, quand je me suis rappelé qu’Einstein avait dit qu’on ne pouvait pas résoudre un problème depuis le même niveau que le problème lui-même. J’ai su alors que la solution ne viendrait pas du mental, mais que le cœur, lui, pourrait me l’apporter !

Sur le moment, cela me sembla abstrait, mais je savais que je tenais une piste. Il me fallait oser, me lancer, ouvrir cette porte que j’avais si longtemps tenue fermée par peur d’être blessé. La vie m’invitait – c’était clair – à ouvrir mon coeur un peu plus grand, à faire confiance à cette Conscience Une qui pulsait en moi comme en tout être et toute chose.

J’avais entendu et lu des centaines de fois que nous sommes un avec la Source, la Vie, Dieu, appelez-le comme vous voulez, que rien ne nous sépare de cette Pure Conscience tout puissante si ce n’est nos croyances. Je me suis qu’il était temps de le réaliser, et de laisser cette énergie couler dans mon corps. De toute évidence, cette Conscience Une saurait mieux que moi comment guérir mon genou.

Nous savons cependant tous que l’amour ne se commande pas, qu’on ne peut rien forcer dans ce domaine. Cela aussi était clair. Le sixième jour après mon accident, alors que je prenais ma pause du midi, des pensées de peur se mirent à tourner dans ma tête avec une intensité jamais égalée. Je n’en pouvais plus de les ressentir. Fatigué, désireux de ressentir enfin cette paix que je recherchais désespérément, j’ai imaginé ma conscience descendre de ma tête dans l’espace de mon coeur. Et hop, sans même avoir eu le temps de le réaliser, j’y étais.

Le vacarme mental avait cessé, il n’était plus qu’un petit bruit en arrière-plan, loin de ma conscience, qui goûtait à une paix nouvelle et pourtant familière.

Namasté,

Jean-Daniel