Les billets de Michel A.

Du dogme au discernement

Avez-vous envisagé que toutes nos expériences sont une occasion de vérifier, par la pratique (notre vie), la teneur de nos pensées ? Notre vie n’est-elle pas le terrain de jeu dans lequel nous faisons l’expérience de ce que nous avons eu envie, dans un lointain passé peut-être, de ressentir, toucher, goûter, etc.

En comparaison avec le monde de la matière dense, le monde des pensées est très léger, mobile et malléable. Pour reconnaître sans ambiguïté où nous mène une pensée, rien de mieux que de voir ses effets dans notre vie. Ainsi, à la longue, nos expériences nous permettent de reconnaître ce qui est bon pour nous de ce qui ne l’est pas, ce que nous souhaitons et ne souhaitons pas, et finalement ce que nous sommes de ce que nous ne sommes pas. Mieux que toute autre chose, elles affûtent notre capacité de discernement.

Le développement de notre discernement nous permet de faire des choix et un tri dans nos actions, mais surtout dans nos pensées et nos croyances. Nous avons le pouvoir et le droit de laisser aller celles qui donnent des fruits amers ou insipides, et de conserver celles qui donnent des fruits savoureux.

Je crois pouvoir dire que nous avons tous fait des expériences heureuses et d’autres malheureuses, mais qu’indépendamment de cela, toutes nous ont aidé à construire une personnalité plus solide, plus lucide, plus consciente de ce qu’elle est et de ce qu’elle veut vraiment.

Cette indispensable maturation de notre conscience nous amène un jour à quitter l’enfance et à devenir adulte. C’est un phénomène à la fois individuel et collectif. Nous vivons un tel moment cosmique, où nous pouvons mieux discerner les conséquences de nos choix, à tous les niveaux, celui de notre personne, comme de notre pays et même planétairement.

Passer de l’enfant à l’adulte, c’est aussi devenir plus responsable. Le « tout est permis » doit laisser sa place à une attitude plus posée et plus mature. Nous sommes appelés à passer d’une vision de la vie lovée sur elle-même à une intégration au sein du collectif. Le « je » est remplacé par le « nous », un nous intégratif, où chaque « je » a sa place.

Malgré tous les débordements auxquels nous assistons actuellement, débordements dus au refus de certains « je » de migrer vers la conscience du « nous », sentez-vous que nous sommes dans ce passage ? Que les choses ne peuvent pas continuer ainsi et ne vont pas continuer ainsi ?

Michel A.