Traitement(s) et/ou opération(s) : Mastectomie totale, reconstruction immédiate par le transfert de mes muscles abdominaux (TRAM), chimiothérapie (8), radiothérapie(25), hystérectomie à titre préventif du cancer car mutation dans ma famille du gêne BRCA2.

Autres soins et traitements : Ostéopathie, relation d’aide

Alimentation (diète spéciale) et/ou supplémentation : Aucune  diète spéciale, par contre, j’ai amélioré ma façon de me nourrir en ajoutant beaucoup plus de légumes dans mon assiette, en mangeant plus de fruits et en buvant beaucoup d’eau. J’ai conscientisé l’importance de  bien manger.

Lecture, méditation, exercice :  Oui, la lecture de livre positif m’a aidé beaucoup. J’avais déjà l’habitude d’en lire car j’avais un long cheminement personnel. Je connaissais donc l’importance de lire ces livres pour conserver mon moral. Au début de ma convalescence, je faisais de la méditation seule. Par contre je dirais que durant les 5 années qui ont précédé le cancer, je faisais partie d’un groupe de croissance personnelle et chaque semaine, il y avait une méditation  dirigée. J’ai continué de faire partie de ce groupe au moins 4 ou 5 ans après ma convalescence. Maintenant, j’en fais seule environ 10 min. par jour.

Aussi, j’écoutais et j’écoute encore des CD livre audio, style : transformez votre vie, Ho’oponopono, Créateurs d’avant-garde Abraham, Le pouvoir de l’intention. Ça me permet de rester réceptive à chaque beau petit détail que la vie met sur mon chemin. 

Durant les deux années qui ont suivies  les opérations et les traitements, le seul exercice physique que je faisais était une marche d’environ 20 minutes, deux à trois fois semaines.

Un peu plus tard, j’ai entendu parler d’un programme offert gratuitement par l’hôpital Royal Victoria aux survivants du cancer du sein. Celui d’un abonnement d’un an dans un Centre Curves (centre d’exercices pour femmes). J’y suis allée pendent deux ans.

Maintenant, je me suis inscrite dans un groupe de Marche dont le parcours est d’un peu plus de 5 kilomètres dans un boisée au bout de l’Iles de Montréal. Je le fais 2 à 3 fois par semaine. Je fais aussi de l’aquasouplesse une fois par semaine.

Il y a eu aussi l’écriture qui fût pour moi un moyen très libérateur. De plus, lors de la lecture du livre « Guérir sans guerre » au tout début de ma convalescence, j’avais retenu qu’il était important d’avoir un projet pour nous aider à traverser une grande épreuve. Donc moi, dès que j’ai eu l’idée de mon projet d’écriture, j’ai réalisé à quel point c’était bénéfique pour moi. Tout le temps que je passais à visualiser ce je voulais réaliser m’évitais de penser à ce que je vivais. Donc, en d’autres mots, j’étais quasiment toujours « au-dessus de la situation ». J’ai publié mon livre « Grandir plutôt que subir » 5 ans jour pour jour de la date de mes opérations. J’ai été opéré le 16 septembre 2002 et j’ai publié le livre le 16 septembre 2007.  Cette journée là, je fêtais la Vie avec une assistance d’au moins 250 personnes à mon lancement. Ma visualisation avait porté son fruit.  Moi, vu que j’étais la 5ème de ma famille à avoir le diagnostic d’un cancer, que ma mère et trois de mes sœurs étaient décédées de cette maladie, je célébrais vraiment la vie durant cet événement. Tous ceux et celles qui s’étaient déjà déplacés pour des funérailles auparavant, étaient tous présents  pour célébrer la Vie. Mon livre est maintenant best-seller et j’en suis très fière. J’ai même développé un talent de conférencière en racontant mon histoire et en racontant « ma vie après le cancer » dans plusieurs organismes féminins.

 Services aides les plus utiles et appréciés : Au début de ma convalescence, j’ai très apprécié l’aide de mes proches ex : ils me confectionnaient des repas, ils faisaient mon épicerie, mon ménage et de l’accompagnement en auto. Entre autre, à tous mes rendez-vous de Chimio, j’étais accompagnée d’une de mes sœurs qui elle,  survivait du cancer du sein depuis 17 ans. Elle était mon inspiration par son énergie et son enthousiaste.  Nous avions beaucoup de plaisir ensemble. Tout le long de mon traitement de chimio, elle me lisait un livre positif. Elle préparait même un lunch pour nos longues journées à l’hôpital. Et en revenant chez moi, elle me donnait un traitement d’énergie, celui du Reiki.  En résumé, c’était toujours pour moi, de très belles journées. (Cette  sœur dont je vous parle a perdu son combat 2 ans plus tard). Pour les personnes moins proches, simplement leurs présences, surtout quand j’étais hospitalisée  étaient toujours comme un baume pour moi. Toutes ces visites, toute cette amour dont j’ai reçus ont collaboré grandement à atténuer un sentiment de rejet qui m’habitait depuis ma naissance.

Aussi, la gentillesse de tout le personnel hospitalier, je l’ai toujours très apprécié. J’ai  été traité avec un grand respect et j’en étais toujours reconnaissante. J’ai eu aussi beaucoup d’appuis, lors de mon retour au travail, de mes patrons ainsi que de tous mes collègues de travail. J’en étais très reconnaissante.

Qu’est-ce qui a changé dans votre vie depuis la maladie : Je peux dire que ma vie au complet a basculé. Le fait que mon énergie n’était plus du tout au rendez-vous, j’ai dû quitter mon emploi. J’étais conseillère en produit financier au moment du diagnostic. À mon retour, 18 mois plus tard, je constatais qu’il me fallait un travail plus approprié à mon énergie. Je suis donc redevenue caissière. J’ai même diminué mes heures de travail à 28 heures au lieu de 35 heures/semaines afin de pouvoir travailler le plus longtemps possible. Mais à peine 3 mois plus tard, un lymphoedème sévère apparaissait à mon bras gauche et à ma main gauche. J’étais donc restreinte à travailler seulement 2 jrs/semaine. D’autres problèmes de santé  se sont ajoutés occasionnant à plusieurs reprises des absences à mon travail. J’ai donc réalisé que mon corps me parlait et qu’il fallait que j’arrête de travailler. Malgré ma grande insécurité,  au nom de ma santé j’ai fait une demande de rente d’invalidité. J’ai donc dû faire plusieurs deuils suite à la maladie. Deuil de mon énergie, de mes seins, de mon corps d’avant, de mon travail, d’être cher, même de mon copain car après 3 semaines de mes opérations, j’entendais à mon oreille que notre relation ne pouvait plus continuer. Je devais donc guérir mon corps et mon coeur. Par contre, étant seule, j’ai fait beaucoup d’introspection, de méditation et surtout,  mon passe-temps favori était l’écriture. Je  peux vous dire que l’écriture fût pour moi ma bouée de sauvetage suite à ma rupture amoureuse.

La bonne nouvelle, sans cette rupture, je crois que je n’aurais jamais pensé publier un livre. Sachant que je n’étais sûrement pas la seule à qui ça arrivait, j’ai voulu que d’autre se reconnaisse à travers mon histoire. Je voulais aussi partager toute la détermination que j’avais de guérir. Je vous explique : étant consciente que la mort frappait à ma porte par ce diagnostic de cancer, suite à mes introspections, j’ai réalisé à quel point la peur m’avait souvent empêché d’agir. La peur de l’erreur, la peur du ridicule, la peur de ne pas être à la hauteur, la peur de l’échec. Bref, j’ai conscientisé  que l’on vient sur la terre pour vivre des expériences. Donc c’est à ce moment précis que j’ai voulu vraiment une 2ème chance pour vivre. Je voulais mettre en pratique tout ce que je venais de conscientiser. C’est tout ça que je voulais partager en publiant mon livre.

Réflexions et message personnel : Avant la maladie, m’ayant toujours identifiée par ce que je faisais, j’ai dû apprendre à m’aimer pour qui j’étais vraiment. Jamais je n’aurais pensé que la maladie était là pour me faire découvrir une grande partie de mon potentiel soit : mon talent d’écriture, d’oratrice, ni mon talent de peintre que j’ai décelé il y a environ 3 ans. Maintenant, je vis beaucoup plus le moment présent, je me fais beaucoup plus confiance et je fais beaucoup plus confiance en l’avenir. Du fait même,  je respecte davantage mes limites.  J’ai installé en moi une importance qui ne m’habitait pas auparavant. J’ai appris à lâcher-prise quand les obstacles surviennent et le fait d’avoir éveillé ma conscience et de faire des gestes pour maintenir mon énergie positive, j’apprécie chaque jour, toutes les belles coïncidences que la vie met sur mon chemin. C’est ce qui me permet d’aimer ma vie.

Donc, je dirais que c’est suite au cancer que j’ai découvert ma mission de vie. Celle de m’aimer davantage et celle d’apporter de l’espoir à plusieurs  qui vivent des épreuves de toutes sortes dans leur vie par mon histoire, par mon évolution personnelle et par la lecture de mon livre. Tout ça a donné un sens à ma vie.

Tous les thèmes que j’aborde en écriture, car j’écris encore, concernent toujours les sujets existentiels de la vie. Je suis d’ailleurs en processus pour l’écriture d’un deuxième bouquin.

En résumé, je peux vous dire que j’ai converti cette situation dramatique en une réussite personnelle. J’ai découvert une grande force intérieure en moi et je me considère très heureuse et très sereine aujourd’hui.