Montée de lait

Intoxication… élémentaire Dr

Personnellement, j’adhère à la croyance voulant que l’on devient ce que l’on ingère. En fait, comment pourrait-il en être autrement? Dans notre société d’hyper consommation où quantité rime rarement avec qualité et où la nourriture transformée est souvent perçue comme de la simple marchandise rapportant des profits monstrueux à l’industrie agroalimentaire, inutile de mentionner qu’il importe de bien lire les étiquettes (encore faut-il les comprendre) des produits que l’on achète. Un ingrédient en particulier, autant présent en masse sur les tablettes des supermarchés conventionnels que dans les assiettes des restaurants (notamment asiatiques), et masqué sous une vingtaine d’appellations aussi trompeuses qu’ « assaisonnement » ou « épices », devrait davantage attirer l’attention : le Glutamate Monosodique (GMS) ou Glutamate de Sodium.

D’abord, il faut préciser que cet acide aminé est un constituant naturel des protéines d’origine animale et végétale (viandes, poissons, produits laitiers, légumes), lesquelles comportent des propriétés gustatives rendant certains aliments particulièrement savoureux (umami, la 5e saveur de base). Le corps humain produit lui aussi du glutamate naturel et il est indispensable à son bon fonctionnement (neurotransmetteur excitateur le plus répandu dans le système nerveux central). Jusque-là, tout va bien et Dame Nature, qui fait bien les choses, suit son plan.

glutamate

Le problème, s’il en est un, c’est qu’il se fabrique depuis presque un siècle du GMS synthétique sous forme de poudre blanche que l’industrie agroalimentaire apprête à toutes les sauces en tant qu’exhausteur de saveurs. Et pourquoi les compagnies font-elles cela? Poser la question, c’est y répondre : elles ont compris que cet additif a un fort pouvoir addictif. Car non seulement le GMS artificiel rehausse inutilement le goût des aliments et substances (qui plus souvent qu’autrement contiennent déjà une saine et suffisante quantité de glutamate naturel) ; il surexcite aussi les papilles gustatives et le cerveau, modifiant ainsi les perceptions normales que le consommateur a de son appétit (faim mécanique) et l’orientant systématiquement vers les produits qui seront les plus anormalement appétissants. Bref, plus on en prend, plus on en veut. IN$IDIEUX, n’est-ce pas ?

Mais ce n’est pas tout, hélas ; le GMS artificiel n’a pas la même structure moléculaire que le naturel et agit différemment sur le corps humain, surtout s’il est ingéré abondamment et régulièrement. Si certaines personnes éprouvent le « Syndrome du buffet chinois », une hypersensibilité impliquant des maux de tête, étourdissements, nausées, oppressions thoraciques, etc. (la liste s’éternise) à la suite d’un repas bourré de Glutamate Monosodique, la bombe à retardement n’en demeure pas moins neuronale. À long terme, cette hyperstimulation cérébrale entraînerait une excitotoxicité, c’est-à-dire la destruction des neurones, contribuant ainsi au développement de certaines maladies neurodégénératives. Des études sérieuses et indépendantes ont d’ailleurs été réalisées à ce sujet par les docteurs Lucas et Newhouse en 1957 et John Olney en 1968-1969, mais elles furent curieusement flanquées aux oubliettes. Lorsque l’Union-Européenne et diverses agences de santé publique nord-américaines (dont la FDA et Santé Canada) n’y voient là qu’un simple additif inoffensif, nous sommes en droit de nous demander si le culte maladif de l’économie de notre ère consumériste ne déclasse pas l’éthique et le bon sens. Laxisme, ignorance, désinformation? Un peu de tout cela, mais surtout, un cruel manque de sensibilisation.

Toujours est-il que la logique mercantile de l’industrie agroalimentaire post-moderne et du neuro-marketing parle d’elle-même : « la nécessité commerciale » de battre la concurrence sans réellement se soucier du fait que ce qu’elle vend à tout prix au consommateur le transforme lentement mais sûrement en glouton obèse, dépendant et sans cervelle. Pas trop coûteux, mais ô combien goûteux!

Conseil d’ami : mangez bio, local, choisissez vos restaurants, informez-vous intelligemment, gardez l’œil ouvert (et la bouche à demi fermée), car le GMS synthétique est introduit presque partout où la nourriture est transformée ; même le café de certaines grandes chaînes en contiendrait. Misère.

Patrix pour Merci la Vie !