Montée de lait

Gilets Jaunes : et si on sortait du moule ?

Quand nos présidents, premiers ministres, parlements et gouvernements pratiquent une politique qui ne profite qu’aux riches (82% des richesses produites en 2017 ont bénéficié « aux 1% les plus riches » alors que la moitié la plus pauvre de l’humanité n’en a pas vu une miette, selon Oxfam), faut-il s’étonner que les peuples se sentent délaissés ? Quand les politiques publiques sont dirigées par la finance et pratiquées quasiment sans état d’âme ni cœur, peut-on s’attendre à autre chose que de la colère ?

Derrière le mouvement des gilets jaunes, il y a un grand mal-être, individuel et collectif. Les causes de ce mal de vivre sont connues : inégalités et injustices sociales grandissantes, perte des libertés fondamentales, hypocrisie, manipulations, conditionnements et désir d’asservissement…

L’insatisfaction de nombreux peuples face à la politique de ses dirigeants est palpable, et il y a vraiment de quoi ! Et pourtant, les politiciens s’accrochent à leur pouvoir et continuent de défendre ceux qui les ont mis en place, au détriment de leur propre peuple. Malgré leurs discours, ils ne font pour l’instant rien ou presque pour changer les choses, juste de la cosmétique.

Depuis l’apparition du néo-libéralisme, l’écart entre riches et pauvres s’agrandit chaque année. Les ultra-riches ont leurs propres lois, protégés par l’État de la faillite (too big to fail), sur le dos de la population, qui paye et paye encore et encore. Faut-il se surprendre que ce système digne du Moyen Âge génère du mécontentement, de la colère et de la violence ?

Le système politico-économico-financier dans lequel nous vivons est d’une violence inouïe et génère une bonne part de la violence décriée par les politiciens. Auront-ils le courage de le reconnaître publiquement ? Il est si facile de mettre la faute sur les manifestants.

Les gens aspirent à vivre dignement, ce qui n’est plus possible aujourd’hui pour la plupart. Ils veulent sortir d’un système devenu kafkaïen, où irrespect et mépris des droits humains sont devenus monnaie courante. Derrière la révolte, il y a une aspiration à retrouver notre humanité !

Bien sûr, quand un peuple veut retrouver sa liberté et que le dictateur (et ses serviteurs) s’accroche au pouvoir, il y a forcément des heurts. Or, la violence ne conduit jamais à la solution. Nos dirigeants sont invités à reconnaître les origines des problèmes et à y remédier durablement. Ceux qui n’en auront pas le courage, devront partir.

Les prochains mois et les prochaines années nous révéleront le début du chemin que nous allons prendre pour bâtir une société respectueuse et saine, dans laquelle nous pourrons à nouveau marcher en femmes et hommes libres sur notre si jolie planète. Je formule le souhait que cette transition, inévitable, puisse se faire avec un maximum de douceur. Je crois que nous en sommes là dans l’histoire de notre humanité.

Une chose est sûre, nous pouvons vivre autrement, et cet autrement sera mieux. Nous sommes nombreux à le souhaiter, et cela va se faire.

Michel A.