Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 78

La vie est bien faite

Trouvez-vous que la vie est bien faite ? Après être allé chez ma sœur en fin de semaine, je réponds clairement par : OUI. Nous avons passé quelques heures ensemble, avec elle et ses deux enfants. Son plus grand, Martin, voulait faire du soccer et Alice du vélo. Alors, on s’est rendu au parc.

Les enfants s’amusaient et riaient, le ciel et la nature déployaient leur beauté, les gens étaient heureux en ce jour de printemps. Je n’ai pas de doute que la vie est bien faite, même si, lorsque je vois la misère, la maladie ou les guerres, je me dis que quelque chose ne tourne pas rond. Mais ce n’est pas la faute à la vie, c’est nous qui choisissons de goûter encore à la séparation et à la peur, à oublier l’amour et la beauté que nous sommes.

C’est sûr, si on le voulait, tous ensemble, il n’y aurait plus de guerres et de malheurs. Si on se serrait les coudes, il n’y aurait plus de peurs. On n’en est pas là, je le sais bien, il y a juste à regarder la télé pour s’en rendre compte, mais ce n’est pas grave. La vie est patiente avec nous, les humains, elle sait qu’un jour nous nous retrouverons, et ferons la paix, que nous serons la paix et rayonnerons notre amour.

J’en ai parlé avec ma sœur pendant que Martin et Alice s’amusaient avec d’autres enfants du quartier, question de voir ce qu’elle en pensait. Sa réponse a été : « oui, ça serait bien ». De toute évidence, ce sujet ne l’intéressait pas. Son cœur de mère était absorbé par ce que faisaient ses enfants, et sa tête par le souper à préparer, le linge à laver et un tas de trucs du genre.

Des réflexions de cette nature ne font pas partie de son quotidien, alors je n’ai pas insisté. Nous passions un merveilleux moment ensemble, et je l’aimais telle qu’elle était là, non pas comme j’aurais aimé qu’elle soit, mais bien telle qu’elle était, avec ses préoccupations, ses rêves et ses limitations. En fait, tout cela était passé à l’arrière plan. Au premier plan de ma conscience, il n’y avait pour une rare fois que l’amour que je ressentais pour elle.

Sur le coup, je me suis rappelé la citation de Gandhi : « Sois le changement que tu veux voir dans le monde. » Je me la rappelle quand j’ai tendance à juger ou critiquer, ça me ramène à ma place, celle d’un apprenti de la vie qui n’a pas de leçon à donner. On est tous pareils, on veut faire nos expériences, et si vous êtes comme moi, vous n’aimez pas recevoir de conseils quand vous n’avez rien demandé.

Un peu après, nous sommes rentrés chez ma sœur prendre une bonne collation. Elle nous a servi à boire, des fruits, un bon gâteau de son cru et toute une variété de noix. Je vous le dis, la vie est bien faite !

Namasté,

Jean-Daniel