Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 77

Ma vie ne sera plus un combat

Dans la communauté de Navdanya, en Inde, régnait une paix palpable, vivante. Vivre dans une ambiance fraternelle nourrie de compassion durant tous ces mois a été une expérience merveilleuse. Cette paix m’a souvent manqué par la suite.

Gandhi prônait et invitait à la non-violence, une non-violence qui commence à l’intérieur de soi, pour se manifester dans le monde. Si la guerre règne en soi, comment pourrions-nous répandre la paix autour de nous ? Simple évidence. Mais comment atteindre la paix lorsque l’on est pris avec des sentiments d’injustice, des peurs, ou de la colère, de la tristesse ?

J’ai écrit en titre « Ma vie ne sera plus un combat » car je suis las de me battre. De me battre avec la Vie, les autres et avec moi. Ce besoin de déposer les armes s’est imposé à moi d’un seul coup, alors que Corinne et moi avions un différent. Malgré ses encouragements, elle n’était pas si à l’aise avec ma décision de quitter mon emploi pour suivre mes élans intérieurs. Ma situation financière précaire a ravivé quelques peurs chez elle, et quand on en a parlé, la discussion a un peu dérapé.

Alors qu’un mouvement de colère allait émerger en moi et se déverser sur Corinne, j’ai senti cette même vague intérieure s’effondrer sur elle-même et s’aplatir en totalité. Un amour immense avait pris la place. C’est cet amour qui a balayé la colère et m’a fait voir d’un coup l’inutilité, l’absurdité de la confrontation. Une évidence s’imposait dans ma conscience : « Je l’aime, ça n’a pas de sens de me disputer avec elle ! »

Avec douceur, je me suis approché d’elle et je l’ai serrée dans mes bras. Elle a été si surprise qu’elle n’a pas réagi. J’ai senti ses tensions se relâcher, ses épaules s’abaisser, puis elle a redressé la tête, m’a regardé et souri timidement, comme si elle comprenait sans comprendre ce qui venait de se passer. Je sais que nos cœurs, eux, avaient compris.

On est resté un moment ainsi, puis la vie a repris son cours. Un parfum de légèreté et de douceur flottait à présent dans l’air. Que c’était bon !

Namasté,

Jean-Daniel