Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 76

Double jugement

J’ai reçu un mauvais coup au hockey en début de semaine, un coup de bâton sur la hanche droite. Dans le feu de l’action, je n’y ai pas prêté trop attention, mais comme ma hanche me faisait encore mal le lendemain matin, j’ai pris des antidouleurs. Au bout de deux jours, j’avais encore mal, assez que ça m’énervait un peu. En fait, ça m’insécurisait, je me sentais tout à coup vulnérable, et je n’aimais pas cette sensation, mais pas du tout.

C’est lorsque Corinne m’a fait remarquer que j’étais un peu bougon que j’ai fait le lien entre mes craintes et mon humeur maussade. Je ne voulais pas que ce soit ainsi ! Sans même l’avoir vu venir, j’avais rejeté d’un bloc l’incident, la douleur et mes peurs. Moi, Jean-Daniel le tout-puissant, j’avais jugé que la vie avait fait une erreur !

Comme Corinne me le fit « subtilement » remarquer, ce n’était peut-être pas une erreur. Il me fallut quelques heures pour m’ouvrir à cette possibilité et admettre que le hasard avait bon dos. Mais alors, à quoi bon rimait toute cette histoire ? J’ai retourné cette question toute la journée dans tous les sens jusqu’au retour de Corinne, et c’est elle, une fois de plus, qui m’a mis la puce à l’oreille en me rappelant cette célèbre phrase du Petit Prince : « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. »

Dès qu’elle l’a prononcée, j’ai un un déclic. J’ai compris que l’expérience de la douleur avait été instantanément classée dans la catégorie « mauvais » et son auteur, moi, désigné comme le coupable de cette erreur. Oups ! Mais par qui ?

A la base de ce jugement, la PEUR ! Peur de la maladie et de tout ce qui peut en découler. En remontant le fil d’Ariane de mes peurs, j’ai reconnu une « énergie », une « volonté » de me protéger, l’action d’un mécanisme de protection, de survie. C’était donc ce mécanisme de protection qui m’avait fait rejeter la douleur, perçue comme une menace !

Si je suis honnête avec moi, je dois pourtant reconnaître que chacune de mes expériences, celles que j’ai jugées bonnes comme celles que j’ai jugées mauvaises, m’ont offert l’occasion de me découvrir, de faire des prises de conscience, et dans le fond de devenir un créateur plus maître de sa vie. Si la vie ne m’avait offert que des douceurs et des bonbons, je crois que je n’en serais pas là !

J’ai partagé ce constat avec Corinne, qui a aussitôt répliqué : « Tu vois, c’est bien plus simple d’accueillir ce que la vie nous offre sans juger que de se battre avec ».  Je dois dire qu’elle a souvent raison, mais de la théorie à la pratique, il y a souvent un grand pas que je n’arrive pas à franchir. Patience, patience… et surtout pas de jugement !

Namasté,

Jean-Daniel