Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 72

Prendre position, sans juger

Hier, après l’entraînement de hockey, on est allé boire un verre avec mes chums. Ça n’arrive pas souvent, mais on a parlé de politique. Sujet sensible, qu’on préfère éviter, parce que nous ne sommes pas toujours du même avis. Et comme presque chaque fois qu’on parle de politique, il y a  des différents et des tensions qui se créent entre nous.

Il n’est pas facile de prendre position sans entrer dans le jugement et la comparaison quand on aborde des sujets sensibles comme l’argent, les inégalités sociales, ou ce qui remet en question notre confort, nos habitudes. J’ai bien compris qu’en adhérant à un système de croyances, il est très facile de tomber dans l’exclusion, voire l’intolérance. Ce glissement est souvent très subtil au départ, à peine perceptible, mais plus on adhère à des croyances, plus on s’y colle, moins on se rend compte qu’elles déforment notre perception, et nous aveuglent.

Bon, rassurez-vous, la soirée avec mes chums s’est bien finie. On est revenu au hockey, et là, tout le monde était à peu près d’accord. N’empêche que sur le chemin du retour, je me disais qu’un avis en vaut souvent un autre, selon le point de vue d’où on voit les choses. Alors, j’ai cherché sur quoi m’appuyer pour prendre une décision, sans être trop influencé par mes croyances, mes conditionnements, et j’ai trouvé : anticiper les résultats !

Bon, ce n’est pas le genre de truc que je vais appliquer pour décider ce que je vais souper demain, mais pour les décisions importantes, je vais l’essayer. Vous connaissez le proverbe « Mieux vaut prévenir que guérir ». Eh bien, ce principe de base de la médecine traditionnelle chinoise a beaucoup de bon sens, et si on l’appliquait plus largement, on éviterait bien des problèmes. Je pense par exemple à tous ces produits chimiques qu’on a mis dans notre nourriture et notre environnement sans anticiper leurs effets désastreux, ou pire encore, le nucléaire. On se retrouve avec des milliers de tonnes de déchets radioactifs pour cent mille ans, et personne ne sait comment les traiter.

Bref, à jouer aux apprentis sorciers, j’ai compris qu’on fini toujours par se brûler les ailes. Et dans mon cas, peut-être parce que je me suis assez cassé la figure, je préfère maintenant choisir la prudence. Les aventures, c’est le fun, mais quand elles finissent bien. Vous voyez, je deviens sage, enfin un peu seulement, comme dit Corinne.

Namasté,

Jean-Daniel