Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 65

Décrocher

Ma cheville va beaucoup mieux. Je peux à nouveau poser le pied. Marcher, ça paraît si banal, mais là, je savoure ma mobilité et ma liberté revenues.

Mon repos forcé m’a permis de replonger dans mes lectures et de découvrir la poésie. Je prends plaisir à laisser ma plume se promener sur le papier selon l’inspiration du moment. C’est surprenant ce qui peut en sortir. Je ne sais pas si vous avez essayé, mais avec des mots simples, des choses profondes peuvent être exprimées.

Corinne m’a fait remarquer que j’étais plus calme et plus serein. Le plus dur, c’est de prendre le temps de le faire. Il y a tellement de distractions que souvent je me perds à faire des choses qui en fait de compte ne m’apporte rien d’intéressant.

Lorsque j’écris, il est fréquent que des souvenirs d’enfance remontent, en lien avec un moment particulier qui est resté marqué dans ma mémoire. C’est incroyable le nombre de souvenirs qu’on porte. Quand on est petit, on est fragile et dépendant, alors on fait ce qu’on nous dit de faire. Ce n’est peut-être pas bon pour nous, mais comme on n’a pas la compréhension pour le savoir ni la force pour le dire, alors on obéit. Et parfois, on prend de mauvais plis, parce qu’on a ressenti de la peur ou de la honte, parce qu’on s’est senti vulnérable et pas accueilli.

Ce que je veux essayer dorénavant, c’est de vivre les moments et les expériences que la vie me présente tels qu’ils sont et sans y rester accroché. C’est plus facile aujourd’hui, car je sais que je ne suis pas Jean-Daniel, la personne, parce que je sais qu’il y a en moi quelque chose qui je ressens éternel, en tout cas qui n’est pas affecté par le temps qui passe et ce que je vis. Ce quelque chose en moi me semble demeurer identique, quoi qu’il m’arrive.

Le truc qui fait la différence pour moi, c’est réellement de me positionner à l’intérieur dans cet espace qui ne change pas, et d’observer les choses, les situations, ce qui bouge en moi comme une émotion ou une pensée, enfin tout, de tout observer depuis cet espace. Ce qui doublement le fun, c’est que dans cet espace, tout est paisible. Il n’y a ni jugement, ni critique, ni aucune chose de ce genre. J’avais déjà pratiqué cette approche lors de mon séjour en Inde. Comme ces dernières semaines j’avais plus de temps, j’ai pratiqué plus intensivement.

J’espère que vous ne me prenez pas pour un fou, parce que franchement, ça fait du bien. Oui, ça allège, ça me permet de déposer des émotions, des croyances, des blocages qui faisaient autour de moi comme une carapace. Quand on les porte depuis longtemps, on ne s’en rend plus compte. C’est pareil avec un sac à dos. Au bout de quelques heures qu’on le porte, on ne fait plus attention. Mais lorsqu’on le dépose, alors là, on sent la différence, la légèreté que ça procure.

Bonne semaine !

Jean-Daniel