Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 6

« Après tout, ma sœur a peut-être raison. Et si j’allais moins bien que je le crois. C’est possible, on ne se voit jamais très objectivement. »

C’est avec ces pensées que je me suis réveillé le lendemain de ma visite chez ma sœur. J’ai ruminé ainsi durant quelques jours, puis je lui ai téléphoné. Ses arguments semblaient toujours aussi pertinents, alors quand elle m’a conseillé d’aller consulter, j’ai accepté de le faire, pour la rassurer en partie, mais aussi pour me rassurer moi-même. 

Que vous dire de ma visite chez mon médecin de famille. Je suis ressorti tout éberlué, déçu complètement dubitatif. Après sept minutes, il avait décidé de me prescrire des antidépresseurs pour les trois prochains mois. J’ai pris l’ordonnance, mais je ne suis pas allé les chercher. Je suis plutôt allé chercher de l’information sur les antidépresseurs, et après l’avoir fait, ma décision était prise : non merci, pas pour moi.

En surfant sur internet, j’ai un peu découvert l’envers du décor du système de santé et particulièrement des compagnies pharmaceutiques. Un ancien employé d’une compagnie internationale mentionnait les dérapages de son entreprise, tels qu’essais cliniques biaisés, effets secondaires dissimulés, experts achetés. Côté médecins, il y avait aussi pas mal à redire. Je me suis demandé si c’était pour cela que le mien avait été si rapide à me prescrire ces pilules. Non pas que je crois que ce soit un mauvais gars, mais les « petits avantages » ou les « cadeaux » doivent finir par influencer.

Je ne me sentais pas mal au point de prendre des pilules pour retrouver le moral, et je n’avais surtout pas envie de me mettre une dépendance sur le dos, ni de risquer d’attraper un des effets dits secondaires possibles. Car, c’est fou quand on y pense, les gens qui prennent des antidépresseurs risquent de se retrouver avec des démangeaisons, des spasmes musculaires, des idées suicidaires ou des problèmes cardiaques, et les compagnies pharmaceutiques qualifient cela de secondaire !

J’ai achevé mes lectures envahi par un sentiment de révolte. Je n’avais aucune envie de remplir les poches de la « mafia médicale », comme l’avait nommée Ghislaine Lanctôt. Il y avait sûrement quelque chose à faire pour m’aider, mais c’est dans une autre direction que j’avais envie de me tourner.

Je vous raconte la suite la semaine prochaine.

Jean-Daniel