Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 59

Se laisser être

Mon ami Ben, qui est un grand amateur de voile, nous a invités, Corinne et moi, à passer une journée avec lui à naviguer sur le Saint-Laurent. Vous vous en doutez, nous avons accepté avec joie !

On s’est retrouvé de bon matin dimanche dernier à Beauport. La météo était belle, Ben a mis le cap vers l’Est, et le voilier s’est élancé dans l’estuaire du fleuve. Rapidement, le bruit de la ville et le paysage urbain se sont dissipés. Ben était à la manœuvre, nous laissant profiter de ces instants de paix, enveloppés par l’eau, bercés par les vagues. Corinne, tout sourire, a posé sa tête sur mon épaule et, en réponse à l’invitation de l’eau, s’est abandonnée à la détente.

Je l’ai regardée, comme elle était belle ! Les yeux fermés, elle me donnait l’impression de communier avec l’air, le soleil et l’eau. Tout son être semblait détendu, abandonné à l’inaction, ouvert à la vie, se laissant être et aimer.

Une très agréable douceur féminine émanait de Corinne. Je me dis que j’étais souvent valorisé pour ce que je faisais, mais très rarement pour ne rien faire. Pourtant, en la regardant, il me sembla qu’être, juste être, ne rien vouloir faire, ne rien vouloir du tout, s’abandonner à la vie telle qu’elle est dans l’instant, était un exploit des plus admirables.

Corinne semblait y parvenir avec une aisance que je ne connaissais pas, j’ai envie de dire pas encore. Mais plutôt que de l’envier, j’ai eu envie de l’imiter, de mettre, pour ne serait-ce qu’un instant, ma petite vie de côté, vous savez, celle qui a un passé et un futur, pour m’abandonner moi aussi à la douceur de l’instant.

Namasté,

Jean-Daniel