Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 5

Il y a des jours où on veut bien faire. Mais parfois, on veut trop en faire. Comme ma sœur l’autre jour. Elle m’avait invité à souper, certaine que ça allait me faire du bien de sortir de chez moi et de passer un moment avec sa petite famille. Il est vrai que j’aime beaucoup mon neveu et ma nièce, comme ma sœur bien sûr, et que j’ai toujours pris beaucoup de plaisir à m’amuser avec eux.

On a mangé ensemble, discuté de tout et de rien un moment, et jusque là, tout est bien allé. 

Après le souper, pendant que son mari est allé coucher les enfants, ma sœur m’a invité au salon pour discuter. Elle était inquiète pour moi et voulait savoir comment j’allais.

Je lui ai raconté mes aventures de jeune chômeur seul au foyer, sans lui relater cependant les passages critiques ni ma grande fragilité du moment. Mais comme elle me connaît bien, elle a deviné que je ne filais pas aussi bien que ce que je voulais laisser paraître. Vous devinez la suite, son cœur de grande sœur et de maman a voulu tout savoir afin de voler au secours de mon petit être perdu.

Enfin, je suppose que c’est ainsi qu’elle se sentait. Mais de mon côté, ça ne me tentait pas de tout lui raconter. Les années passant, on s’était un peu éloigné l’un de l’autre, même si on s’aimait beaucoup. J’étais devenu un peu solitaire. De son côté, sa vie de mère et son emploi ne lui avait laissé que peu de temps libre, et moi je m’étais tourné vers d’autres champs d’intérêt.

Comment lui faire comprendre ce que je vivais intérieurement ? Était-elle d’ailleurs réellement capable de le comprendre ? Ces choses-là sont tellement personnelles, que je me suis dit qu’il valait mieux que je les garde pour moi. Non pas que je doutais de sa réelle envie de m’aider, mais j’avais bien de la difficulté à me connaître moi-même et à savoir ce qui était bon pour moi, alors comment l’aurait-elle su, elle ?

Devant mes hésitations, ma sœur s’est un peu fâchée. Elle m’a répété plusieurs fois qu’elle voulait m’aider, que ma situation n’était pas facile et que je pouvais lui confier mes soucis … Tout cela a fait qu’on s’est laissé un peu platement.

Je vous raconte la suite la semaine prochaine.

Jean-Daniel