Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 47

Tentative

Durant les jours qui ont suivi mon cours de yoga, je me suis efforcé à vivre le présent.  Enfin, à me ramener dans le présent. Et ça a été très utile, car j’ai observé que je me projetais très souvent dans le futur. Vous connaissez bien cela, des pensées comme : samedi je vais voir mes chums, ça va être cool, demain je pourrai relaxer, ça va me faire du bien. Bien sûr, c’est correct d’y penser, mais dans mon cas, j’ai un peu tendance à vivre dans ces hypothétiques moments futurs sans apprécier le présent. C’est quand même bizarre, à Navdanya il me semblait que je n’étais pas ainsi, enfin beaucoup moins.

Comme je disais, j’ai fait de mon mieux durant quelques jours pour vivre le présent… et là j’ai compris que pour être bien « ici et maintenant », il me fallait croire que c’est bien « ici et maintenant », croire que mon moment présent est une bonne chose pour moi, et que si je n’adhérais pas à cette croyance, il me serait impossible de l’apprécier.

J’ai poursuivi l’exercice, et mon expérience m’a conduit à deux réflexions. Premièrement, pour accepter totalement ma situation et ma vie d’ici et maintenant, il faudrait que j’accepte ce que je suis, tel que je suis, et que j’accepte ma vie telle qu’elle est « ici et maintenant ». Et juste ça, c’est un problème, parce qu’en étant honnête avec moi (et vous), je dois convenir qu’il y a des choses dans ma personne et dans ma vie qui me plaisent plus ou moins.

Deuxièmement, accepter totalement ma situation et ma vie telles qu’elles sont ici et maintenant me demande de faire confiance à la vie et de croire qu’elle est bonne pour moi, telle qu’elle est là, sans rien changer. Ce qui assurément n’est pas le cas, car si j’en étais convaincu à 100%, je ne sentirais pas autant d’insécurités. Ce n’est pas que je sois peureux, mais en regardant au fond de moi, je vois clairement mes peurs de manquer, les envies de contrôler, de m’assurer de ceci et de cela. Si je faisais totalement confiance à la vie, il est certain que ce serait différent.

Pour y voir plus clair, j’ai ressorti des textes que j’avais écrits durant mon séjour en Inde, et franchement, ça m’a fait un bien immense de replonger là-dedans. Il est certain que la vie dans les communautés de Navdanya rendent bien plus aisé la mise en pratique d’enseignements comme celui de vivre le moment présent. Ici au Québec, la folie d’être toujours pressé (n’oubliez pas, je suis livreur de pizzas, et une pizza froide, ce n’est pas pas pareil) la course à l’argent, enfin, tout notre mode de vie stressé, ne s’aligne pas du tout avec une vie centrée dans le moment présent. Le défi me semble presque insurmontable, et comme je vous écris, je sens la frustration monter en moi et la nostalgie des moments de paix passés à Navdanya. Je ne voudrais pas être pessimiste, mais après avoir connu la sérénité d’une vie orientée vers l’harmonie et la solidarité, je trouve qu’on est franchement fou de vivre comme on vit ici au Québec.

Namasté les Amis !

Jean-Daniel