Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 46

Détends-toi mon gars

J’ai commencé des cours de yoga. J’en avais fait un peu en Inde, et j’ai eu cette envie de retrouver cette ambiance, cette chaleur un peu cocon. C’est peut-être l’arrivée du froid qui fait ça.

Après une petite recherche sur internet, mon choix s’est porté sur un centre situé à Sainte-Foy, pas trop loin de chez moi. C’est pratique, je pourrai même y aller à pied si j’ai le temps.

Avant de m’inscrire, j’ai pris un cours à l’essai, question de voir si la prof et le style me convenaient. J’avais pensé que le plus difficile serait les étirements, parce que la souplesse du joueur de hockey que je suis, ce n’est pas le sommet. Mais non !

Figurez-vous qu’on a terminé le cours par une détente guidée, et que c’est durant cette détente que j’ai un peu capoté. Je n’étais pas capable de rester tranquille dans ma tête. Mes pensées voyageaient d’un sujet à l’autre, et plus la prof nous invitait à nous concentrer sur la respiration et l’instant présent, plus je sentais la tension monter en moi.

Je vois vous dire que je me sentais confus, car durant mon séjour en Inde, j’ai souvent médité dans ma petite chambre, mais jamais je n’avais senti autant de tensions. Allongé sur mon tapis, au lieu de profiter d’une bonne détente, je cherchais des explications à cette agitation dans ma tête, et comme je n’en trouvais aucune de satisfaisante, j’ai passé les 15 minutes dans cet état.

La prof a dû voir que je n’étais pas très bien, car elle m’a invité à rester alors que les autres participants du cours s’en allaient. Je lui ai raconté mon expérience et on a jazé un peu ensemble. Comme elle me parlait du centrage et de l’utilité d’apprendre à calmer le mental et à revenir à l’instant présent, j’ai réalisé pourquoi je n’avais pas été capable de me détendre : je ne voulais pas entrer en contact avec le sentiment d’insécurité qui m’habitait depuis quelques jours. Enfin, une partie de moi ne voulait pas ressentir cette désagréable sensation, alors tout était bon pour la fuir, y compris tourner en rond dans mes pensées.

Une bulle de conscience venait de poper, une évidence venait de me sauter aux yeux. Je lui fis part sur-le-champ de ma petite révélation. Elle m’invita alors à habiter mon présent, à l’accueillir tel qu’il est, avec ses peurs, et à observer ce qui allait se passer.

C’est ainsi, heureux de ma révélation et dubitatif quant à ce qui allait en sortir, que je quittai le centre. Oh, bien sûr, je m’étais inscrit pour un nouveau cours.

Namasté,

Jean-Daniel