Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 45

Rendre au passé ce qui appartient au passé

Professionnellement, je ne sais pas encore ce que je veux faire. Alors, en attendant, je ne suis trouvé un job : livreur de pizzas. Ça me fait pas mal d’heures, vue que je bosse de 14h00 à minuit six jours semaine, mais pour l’instant j’apprécie le revenu que ça me procure, et aussi le fait de voir du monde. Après avoir vécu en communauté, je ne me voulais pas rester chez moi, ça aurait été trop déprimant !

Ce job, ce n’est pas le pied géant, mais c’est mieux que le chômage. Et ça me permet de mettre en application la pratique de l’observation et de la désidentification. C’est vraiment cool, devenir l’observateur de soi-même et ne rien prendre à titre personnel. Avec ces deux outils, j’ai déjà vu beaucoup de changements.

Par exemple, je rencontre un client et il n’est pas content parce que la garniture de la pizza n’est pas comme il le voulait. Il se met à râler et me prend à parti. Moi, tout en l’écoutant, j’observe ce qui se passe en moi. Ce n’est pas aussi difficile qu’on pourrait le croire de prime abord. Je réponds que je ne peux pas changer la garniture, qu’il fallait le préciser au moment de la commande. Le gars s’énerve un peu, et c’est là que je me rappelle de ne pas en faire une affaire personnelle. Parce que dans le fond, il n’a rien contre moi, et de toute façon, comme je l’ai compris à Navdanya, il n’y a rien de personnel dans la vie au sens où on l’entend.

En fait, la vie, ce n’est pas une affaire personnelle. La vie est une œuvre collective, dans laquelle on est tous reliés entre nous. Mais on en fait une affaire personnelle parce qu’on se croit séparé. Et puis, l’autre est souvent notre miroir. Alors, dans une situation comme celle-là, je pratique l’accueil : pas de jugements, pas de critiques, accepter ce qui est, voilà la première étape que j’essaye d’appliquer. Au début, c’est plus facile à dire qu’à faire, mais j’ai vu des personnes en Inde qui vivaient en appliquant ces principes depuis des années, et waouh, qu’ils étaient beaux dans leur sérénité !

Soyons lucides, nos réactions sont basées sur nos expériences passées, sur le contenu de notre mémoire. Sans rejeter tout ce que ces expériences m’ont apprises – c’est à travers elles que je me suis construit – j’ai compris qu’il valait mieux pour moi de rendre au passé ce qui appartient au passé. Je veux me créer une belle vie, avec du nouveau, sans les limites que j’ai connues, sans reproduire encore et encore les schémas hérités de mes parents et de mes aïeux. Alors, je m’ouvre à moi-même, pour laisser émerger le nouveau Jean-Daniel.

Namasté,

Jean-Daniel