Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 43

Dernier message avant le départ

Avant mon départ, mon ami Ganesh et moi sommes allés faire une dernière excursion dans les montagnes au Nord de notre village. C’était pour moi une sorte de pèlerinage, une façon de saluer cette région, cette terre où j’aurai passé des moments si marquants.

Dans quelques jours, je m’en vais. Je suis triste de partir et en même temps j’éprouve du plaisir à l’idée de revoir ma famille et mes chums. Drôle de feeling, vous comprenez peut-être. Je sais que ma place n’est pas ici, et qu’elle est probablement au Québec, puisque c’est là-bas que je suis né.

Mais il y a le Québec dont je rêve, et celui qui est. Le Québec de demain est à bâtir, un pays où les valeurs qui m’ont porté ici seront vivantes, présentes dans les cœurs et les têtes. Je crois que les gens de ma génération, et des suivantes, ne se contenteront pas du prémâché et du prédigéré qu’on nous sert à toutes les sauces, vous savez, ces discours répétitifs sur la croissance économique qu’il faut soutenir à tout prix, le système de santé qui coûte trop cher, l’éducation qu’il faut remanier, et accessoirement l’environnement qu’il faudrait préserver. Tout cela en bossant comme des malades et en disant « amen » à tout, bien entendu. 

Ce baratin ne m’intéresse plus, et je ne suis pas le seul. Nos dirigeants font des discours et des promesses, mais dans les faits, c’est encore et toujours pareil – la même idéologie, les mêmes mensonges, les mêmes magouilles et les mêmes résultats.

L’expérience de Navdanya m’a prouvé que, lorsqu’on le veut véritablement, on peut mettre en place une structure qui assure une bonne répartition des richesses, un partage du travail qui tient compte des aptitudes de chacune et chacun, ainsi qu’une bonne cohésion sociale, et qu’on peut faire tout cela en respectant notre environnement. Ça prend bien sûr de la bonne volonté de la part de tous, et donc pas de place pour les menteurs ou les égoïstes. Faut savoir faire ses choix !

Alors, une fois au Québec, je vais chercher un job en accord avec mes valeurs, et pourquoi pas m’en créer un si je n’en trouve pas. Ça peut vous paraître ambitieux, mais si je ne le faisais pas, je me renierais moi-même, et cela je ne le peux pas, je ne le peux plus. Je me suis retrouvé, ce n’est pas pour me perdre !

Namasté,

Jean-Daniel