Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 42

Se penser autrement…

L’idée que pour me sentir différent, il faudrait que j’aie une image de moi différente, s’est posée doucement dans ma conscience ce matin, comme une feuille qui se détache d’un arbre et se pose délicatement sur le sol. Sur le coup, ça m’a semblé évident, et pourtant, en approfondissant, j’ai ressenti que je ne pouvais rien forcer.

C’est un peu le truc de la pensée positive. Il ne suffit pas de se répéter qu’on est beau et fort pour le devenir. J’ai essayé durant des semaines quand j’avais du mal à dormir. C’était en début d’année. Couché sur mon lit, je me répétais : tout va bien, je suis calme et je m’endors maintenant. Ça n’a pas marché, et aujourd’hui je sais mieux pourquoi. C’est parce qu’une partie de moi n’y croyais pas du tout. Je voulais l’ignorer, la faire taire, mais ça n’y changeait rien. Tout ce que je faisais, c’était du déni de cette partie de moi pleine de soucis et de peurs pour son avenir.

Je crois qu’on a tous ce genre de soucis, qu’on porte tous des peurs, la plupart du temps sans le savoir. Autant ne pas se conter trop d’histoires à ce sujet, ça rallonge inutilement le chemin vers la solution. Si j’avais osé regarder mes peurs en face, j’aurais eu de meilleurs résultats. Mais ce n’est pas si facile et peut-être qu’alors je n’étais simplement pas prêt pour le faire.

Mon séjour à Navdanya m’a redonné foi en l’humain et confiance en la vie. C’est peut-être pour cela qu’aujourd’hui je suis capable de me regarder plus honnêtement, sans chichis, et surtout sans trop me juger. Alors forcément, mes choix sont un peu différents.

Je ne savais pas en partant ce que je trouverais ici. C’était un appel, auquel j’ai répondu. Aujourd’hui, je comprends mieux que c’était un appel de mon cœur et de mon âme, de cet être au fond de moi que je commence à découvrir, et surtout à écouter. Car, oui, les bruits du quotidien étouffent les appels de notre être intérieur, cette petite voix qu’il est pourtant si bon et utile d’écouter. Mais, pour cela, il faut savoir dire non, non à tous ces divertissements, ces fuites ou recherches de compensation extérieure.

Ici, dans le silence des jardins, c’est d’abord moi que j’ai appris à écouter. Dans ces simples travaux des champs, c’est avec la beauté et la grandeur de la vie que j’ai renoué.

Namasté,

Jean-Daniel