Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 4

Je ne m’étais encore jamais retrouvé dans la peau d’un chômeur, mais après seulement une semaine, tout un poids s’était posé sur mes épaules : celui de la culpabilité. Comme si j’avais fait exprès, comme si c’était de ma faute !

Le coup dur est arrivé le matin où j’ai fait pour la première fois la file devant le bureau de recherche d’emploi. Je me suis senti mal dès mon arrivée. La vue des visages déconfis des gens cordés comme du bétail en attente d’un préposé m’a fait l’effet d’un coup de poing dans le ventre. Je suis resté l’estomac noué toute la journée.

Je savais pour l’avoir lu que la culpabilité est un poison. Au bureau de l’emploi, j’avais ressenti clairement ses effets et j’avais déjà assez de problèmes comme cela sans y ajouter une dépression ou une maladie grave. Face à face avec elle, il fallait que je trouve une parade, un antidote.

Tout naturellement, j’ai ressorti mes livres. Mais bien entendu, aucun ne donnait de recette miracle. J’ai cependant glané des informations pertinentes, et j’ai décidé de mettre immédiatement en pratique le conseil qui me tentait le plus : écouter de la belle musique. Pas n’importe laquelle donc ! L’auteur recommandait une musique douce, relaxante et harmonieuse, afin de s’offrir un bain de vibrations positives et régénératrices, bonnes pour le corps et l’âme.

J’ai essayé quelques CD, et une fois mon choix fait, je me suis allongé pour en profiter pleinement. Je peux confirmer que ça m’a fait beaucoup de bien. Durant un moment, je n’ai plus pensé à ma situation de chômeur solitaire, mon impression d’échec s’est dissipée et je me suis détendu. J’avais toujours écouté de la musique pour le plaisir. Et voilà qu’en elle je trouvais maintenant une thérapeute. La vie nous fait parfois des clins d’œil amusants.

Je vous raconte la suite la semaine prochaine.

Jean-Daniel