Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 36

Les premiers pas

Je commence à m’habituer à ma nouvelle vie, et même à l’apprécier. Il faut dire que l’amabilité et la chaleur naturelle qui règnent dans la communauté aident grandement à passer par-dessus les exigences qui encadrent la vie communautaire.

Mes journées débutent toujours par une méditation dans ma petite chambre. Au début, je trouvais dur de me lever à 7h00 (l’horaire d’un chômeur est assurément plus flexible) pour m’asseoir sur un petit tapis peu rembourré. Mais comme les bienfaits compensent largement les inconvénients, je me suis plié à cette pratique hautement recommandée.

Les journées sont rythmées principalement par deux choses : les travaux et les repas. C’est chouette les repas en groupe, pour moi qui mangeait la plupart du temps seul dans mon salon (avec ma chatte, oui, mais c’est pas pareil), j’apprécie beaucoup, d’autant que ce n’est pas moi qui cuisine. Et c’est bien meilleur que tu surgelé !

Les travaux, eux, se passent toujours en groupe. C’est une règle ici. Le comité en charge de l’organisation de la communauté m’a affecté aux jardins. On m’a expliqué que le respect de la nature et le contact avec la Terre-Mère étaient indispensables pour vivre équilibré et heureux. A leurs yeux, je crois que j’ai un peu de rattrapage à faire de ce côté.

Comme je l’avais lu, la notion de service est très présente dans les valeurs de Navdanya, et les travaux pour la communauté entrent dans ce cadre. La durée que chaque « semeur de graines » doit consacrer à son travail principal est de trois heures par jour. S’ajoute à cela le nettoyage des espaces communautaires, auquel on doit consacrer une heure par jour.

Pour vous, ça peut paraître exigeant comme engagement, mais dans le fond, il me reste beaucoup de temps libre, que je consacre à suivre des enseignements, discuter avec d’autres « semeurs de graines » et à me balader dans la nature. J’ai aussi pris ma guitare !

Un autre truc qui contraste énormément avec ma vie au Québec, c’est le rythme et l’ambiance. Dans les jardins et les champs, il n’y a aucune machine, tout se fait à la main et avec des animaux, des bœufs par exemple pour tirer les charrettes. On travaille en équipe dans une ambiance très joyeuse. Ça c’est génial. Et puis on ne se presse pas, on prend le temps de faire les choses. Les graines, les petits plants, tous les légumes sont touchés et traités avec respect et délicatesse.

Nos enseignants sont d’excellents exemples pour nous, les « semeurs de graines ». Je dirais qu’ils savent ce qu’ils ont à faire et le font avec un maximum de conscience, une haute qualité de présence, comme ils appellent aussi cela.

J’ai un peu hâte de pouvoir parler plus profondément de mes interrogations et des valeurs prônées par Gandhi, qui sont à la base de la vie de Navdanya, comme la vérité, la non-violence, le contentement, mais je sais que ça va venir en son temps.

En résumé, je me sens bien. Pour un début, c’est donc un bon début.

A la prochaine,

Jean-Daniel