Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 32

Une bonne recommandation

J’ai reçu la réponse de Navdanya. C’est oui, je suis accepté ! Ma place au centre de formation est réservée pour le 16 mai, pour une durée de 3 mois. C’est difficile à croire, je ne connaissais même pas le nom de ces communautés il y a quelques semaines.

Ils m’ont aussi envoyé une liste d’informations utiles pour bien préparer mon séjour. Parmi les recommandations, il y a celle de méditer chaque jour sur les motivations de mon séjour parmi eux. J’ai décidé de suivre leurs conseils, et je me suis mis à la méditation dès le jour où j’ai reçu leur réponse.

Je crois qu’ils ont bien fait de me donner ce conseil, parce qu’en seulement dix jours, des choses se sont clarifiées en moi. Premièrement, il m’a fallu reconnaître que ma première motivation pour aller là-bas, c’est que je ne suis pas bien ici. J’ai même découvert que j’étais plus mal que je le croyais. En fait, ma situation actuelle me pèse beaucoup. Ce n’est pas toujours facile de s’avouer ce genre de choses, d’être très authentique avec soi-même.

Quand je regarde ma sœur aînée ou mes chums, j’ai l’impression que leur vie est un peu une prison. Des horaires tout le temps, des obligations de tous les côtés, un emploi du temps surchargé. Elle est où la liberté ? Je ne veux pas redevenir comme avant. J’ai découvert en moi un nouveau Jean-Daniel, un Jean-Daniel qui veut vivre, faire des choses qui lui plaisent, qui lui font du bien, et pas seulement survivre.

Au bureau de chômage, ce qu’on nous dit, si je traduis leurs messages bureaucratiques, c’est trouve-toi un job et ferme-la ! Mais ça, c’est bon pour les robots, les humains automates. J’ai goûté à une liberté d’être et je suis trop jeune pour la laisser filer.

Quand je regarde la vie que mes parents ont eue, et ce qu’ils ont comme retraite aujourd’hui, je ne suis pas tenté de suivre leur chemin. Ils ont fait de leur mieux pour nous donner une bonne éducation et des belles valeurs, mais leur héritage est trop lourd à porter. J’ai réalisé cela aussi, que derrière leurs choix, il y a un tas de conditionnements et de croyances, pas forcément vraies ni bonnes.

C’est un peu difficile à expliquer, mais ce qu’ils m’ont légué, c’est comme un moule dans lequel je devrais m’ajuster. Dans ce moule, il y a des croyances qui disent par exemple : je suis petit, il faut obéir, il faut choisir la sécurité. Mais tout bien vu, ce moule, il m’étouffe.

Partir en Inde, je suis sûr que ça va être un bon bol d’oxygène pour moi. Je suis conscient qu’après cette expérience, mes idées et mes aspirations pourraient être telles que je « fitrais » encore moins dans le décor, mais ça ne fait rien, je suis prêt à prendre ce risque. Cet élan, il me vient de l’intérieur, et je ne veux pas me faire violence en le réprimant, car j’ai compris que je suis unique et qu’il m’appartient de vivre selon mes choix. C’est vrai, si je ne choisis pas ma vie, ça revient à laisser les autres la choisir pour moi.

Jean-Daniel