Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 22

Faut que ça bouge

Ça fait un bon moment que j’ai l’impression que tout stagne dans ma vie, vous savez cette impression désagréable de tourner en rond, sans que rien ne bouge vraiment. J’en avais marre d’attendre que ça aille mieux, alors j’ai décidé de créer le mouvement. Et comme je crois que tout part de l’intérieur, j’ai décidé de commencer par faire bouger les choses en dedans de moi.

J’en ai parlé avec une amie naturopathe, que j’aime bien, c’est elle qui m’a référé la thérapeute que je suis allé voir. On a commencé par discuter pour faire connaissance. Elle s’exprimait avec douceur, et j’ai tout de suite aimé le son de sa voix. Je sentais son envie de me comprendre et de m’aider, et ça m’a mis en confiance. 

Sa première question a été de me demander comment je me voyais et qu’elle était ma perception de moi-même. Je suis resté un moment muet à réfléchir, et comme je ne savais toujours pas quoi répondre, elle m’a demandé de lui parler d’événements que je considérais importants dans ma vie.

Je ne sais pas pourquoi, j’ai commencé par lui parler de la première fois où je suis allé à l’école. J’en avais gardé un mauvais souvenir, car j’aurais préféré ne pas y aller. C’est ma mère qui m’y avait conduit de force. Je me rappelais avoir pleuré à chaudes larmes durant tout le trajet, jusqu’à ce que ma mère me sermonne une fois de plus arrivés devant l’école. « Tu n’es plus un petit garçon maintenant, allez, cesse de pleurer et tiens-toi bien. » Bizarrement, tout en racontant mes histoires, c’était comme si j’entendais ses paroles.

La thérapeute m’a ensuite demandé de m’allonger sur une table et a commencé à presser sur des points le long des méridiens de mes jambes. Les images continuaient à défiler avec une facilité surprenante dans ma tête. Je me suis vu lors d’un anniversaire. Une émotion très forte m’a serré la gorge, et je me suis mis à sangloter. Je me revoyais, petit garçon, entouré par tous les invités. C’était la remise des cadeaux, j’étais là, planté au milieu d’eux, centre d’attention bien malgré moi. Je me sentais mal, j’aurais voulu courir vers ma maman, mais elle ne comprenait rien à ma détresse. Elle souriait bêtement. J’avais besoin d’elle, de son amour, j’avais peur de la décevoir et qu’elle ne m’aime plus.

Je me sentais mal allongé sur cette table avec toutes ces images et ces sensations qui me traversaient. La thérapeute, elle, continuait son soin, comme si tout était normal, tout en m’encourageant à laisser sortir mes émotions et à exprimer ce que je ressentais. Ça n’a pas été long, je me suis mis à nouveau à pleurer comme un enfant.

A un moment donné, tout s’est calmé, comme cela, subitement. La thérapeute a cessé son soin peu après, on a discuté encore un moment, après quoi elle m’a apporté un mélange de Fleurs de Bach. Je suis sorti de chez elle le sourire aux lèvres. Moi qui voulais que ça bouge, je peux dire que j’avais été servi. Pas tout à fait comme j’avais prévu, mais enfin, je me sentais bien, léger, et sur le coup, c’était tout ce qui comptait…

A la semaine prochaine,

Jean-Daniel