Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 18

Mental quand tu nous tiens

Je vous ai raconté la semaine passée que j’ai décidé de faire confiance à la vie. Aujourd’hui, je crois qu’elle me teste. Oui, les soucis pour demain sont revenus. Ce qui m’inquiète le plus, c’est que je n’ai présentement pas de job et que je ne sais pas si je vais pouvoir avoir une bourse pour reprendre les études. J’ai fait les démarches, mais pour l’instant je n’ai pas reçu de réponse, et donc j’ai raté la rentrée d’automne.

Mon problème, c’est qu’au lieu de voir demain comme une journée où tout est possible, ce qui est théoriquement vrai, c’est comme si mes idées passaient par un entonnoir qui les compressait et les dirigeait inéluctablement vers le pire. J’ai beau vouloir le meilleur, me dire qu’il n’y a pas de raison que les choses ne changent pas pour le mieux, les scénarios dans ma tête me ramènent souvent vers le bas. A mon avis, on doit être programmé ainsi, parce que je vois bien qu’il en est de même pour beaucoup de monde, et qu’il n’est pas évident d’agir autrement.

Je me fais penser au Gollum du Seigneur des Anneaux. Une partie de moi me tire en avant et l’autre me tire en arrière. Difficile d’avancer, c’est certain ! Comme je me brossais les dents l’autre soir, je me disais que ma vie serait tellement plus belle si je n’avais pas peur de l’aimer. Ça m’a fait penser à mes parents, qui s’inquiètent pour tout et rien à mon sujet. Et puis, toujours en me brossant les dents, je me suis dit : « C’est qui ce moi qui a peur ? ». La question a surgi spontanément, et comme elle surgissait, j’avais la conscience qu’elle émanait d’une partie de moi qui ne ressentait pas cette peur, une partie un peu distancée, comme si elle était sur un poste d’observation.

J’ai compris à cet instant que ces peurs étaient générées par mon mental, que c’était mon mental qui projetait ces scénarios catastrophes dans ma conscience. Ça n’a pas résolu mon problème, parce que mon mental continue à imaginer les pires lendemains, mais je sais au moins d’où ça vient.

 En approfondissant ma réflexion, j’ai compris que le but de mon mental est de me protéger, qu’il en a fait sa mission, son devoir, qu’il s’est juré de m’éviter de souffrir, au moins qu’il croit pouvoir m’éviter le pire. C’est sympa de sa part, mais il faudra que je lui dise de modifier sa tactique, car elle conduit aux résultats contraires. 

Peut-être bien qu’il a enregistré trop de films catastrophe pour pouvoir imaginer la vie autrement. Il a probablement besoin d’aide lui aussi, un bon nettoyage de disque dur. En tout cas, je ne peux pas imaginer le laisser tourner ainsi toute ma vie. La confiance, ce serait plus simple. Mais où la trouver ?

Jean-Daniel