Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 16

Électrochoc

Comme vous, tous les jours j’ai des choix à faire. Dans certains domaines comme le choix du dîner, le pull que je veux porter ou le film que j’ai envie d’aller voir au cinéma, c’est facile. Pour les pensées, c’est plus délicat. On dirait qu’elles se suivent des fois trop vite pour que j’arrive à les contrôler, et il y en a aussi qui reviennent trop souvent et que je voudrais voir s’éloigner pour de bon. Mais le domaine le plus difficile à maîtriser, je dirais que ce sont les émotions et les sentiments.

Par exemple, il y a des choses qui me mettent les nerfs en boule, comme de voir quelqu’un maltraiter son chien. Si je ne me retenais pas, je les engueulerais et leur dirais qu’ils ne méritent pas d’avoir de chien.

Et puis, il y a les peurs, comme celle de souffrir. J’ai dû conduire mon père à l’hôpital un jour. Ça fait longtemps, mais je m’en souviens comme si c’était hier. Il s’était blessé en faisant des travaux à la maison. Le sang coulait et durant tout le trajet je voyais bien qu’il avait mal. Je ne suis pas fait pour ce genre de situations, les urgences, ce n’est pas pour moi. Ce n’est pas que je sois particulièrement sensible, mais la douleur des autres, ça me touche.

J’ai remarqué, en ce qui concerne les sentiments et les émotions, qu’il est facile de se laisser glisser sur une pente descendante. Chez moi, ça ressemble à : peur pour mon avenir – découragement – frustration. Une sorte de mélange de négativité dans lequel je me suis enfoncé quelques semaines sans m’en rendre compte. C’est Vanessa, ma sœur cadette, qui a mis le doigt dessus, sans passer par quatre chemins d’ailleurs.

Sur le coup, ça m’a énervé bien raide, mais finalement ça a été l’électrochoc dont j’avais besoin. J’ai fait le choix de faire confiance à la vie. Sans raison particulière. Et ça donne de bons résultats ! Oh, je ne suis pas devenu Indiana Jones l’intrépide, mais ce paquet de petits soucis qui me minaient la vie prend un peu moins de place. Je sais qu’il est encore là, mais j’apprends à voir la vie autrement qu’à travers toutes ces peurs, petites et grandes. Un changement de focus que j’apprécie beaucoup !

À la semaine prochaine,

Jean-Daniel