Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 12

Quand j’étais enfant, mon héros préféré était Superman ! Bien sûr, je voulais être comme lui : grand, beau, fort et courageux.

Bien des années plus tard, j’ai appris à admirer chez lui d’autres qualités, comme sa générosité, son dévouement et sa compassion pour les « humains normaux ». Comme si, pour être grand, beau et fort, il avait fallu qu’il développe aussi, et peut-être d’abord, sa générosité, sa modestie et son amour pour les autres.

Elle est peut-être là la difficulté des humains « normaux ». A force d’être centrés sur soi, peut-être qu’on ratatine en qualité. Je suis bien placé pour le savoir, moi qui passe la plupart de mon temps seul. Et qu’est-ce qui nous ratatine le plus ? La peur ! Nos gouvernements le savent bien. Comme chômeur, l’épouvantail de la peur, je le vois souvent. Quand les autorités pressent sur ce bouton, on peut être certain que les gens vont réagir.

Superman, lui, ne craint rien ! Sa force est là, mais ce qui lui donne cette force, à mon avis, c’est l’amour, sa foi en l’humanité, en ce qu’il y a de beau en nous. S’il n’avait pas cette foi, cette conviction qu’il vaut la peine de défendre ses valeurs qui lui sont chères, je crois qu’il ne pourrait pas accomplir tant de belles choses.

Je ne cherche pas à devenir un super héros, mais seulement à être bien. Le chômage, la solitude, la précarité, je ne me vois pas m’épanouir là-dedans, ni personne d’ailleurs. Pour en sortir, retrouver une vie qui me permette d’être bien dans ma peau, il me faut peut-être tourner mon regard dans une autre direction, et cette direction, à mon avis, c’est l’intérieur. Je crois que c’est en moi et pas ailleurs que je retrouverai la confiance en la vie, en l’avenir, cette foi qui, comme pour Superman, permet de déplacer des montagnes.

Jean-Daniel