Les billets de Michel A.

Ça vient de l’intérieur

Les mouvements politiques aux États-Unis et en France de ces dernières semaines nous permettent de voir plusieurs choses, et notamment que la population cherche à être rassurée. Rassurée par rapport à la situation économique, aux risques terroristes, aux maladies, aux changements climatiques, etc.

Constat n° 1 : La peur est très présente sur toute la surface de la planète. J’ai parlé des États-Unis et de la France, mais les mêmes mouvements sont visibles également au Québec, en Suisse, et partout dans le monde. Face à la peur, les gens cherchent la sécurité, c’est évident, et faute de la trouver, ils s’accrochent à une forme rassurante de stabilité.

Un homme comme Donald Trump, tourné plus vers le passé que le futur, apparaît aux yeux de nombreux Américains comme un potentiel sauveur, un potentiel restaurateur de la grandeur passée des États-Unis. L’avenir nous dira si ça marche, mais à mon avis, si sa politique s’appuie sur le passé, la peur et l’usage arbitraire de la force, les résultats vont être bien différents de ce à quoi ses électeurs s’attendaient.

Constat n° 2 : On recherche la sécurité à l’extérieur d’abord. Il s’agit là d’un réflexe encore fortement présent. C’est pourquoi on veut des hommes forts, des leaders à la tête de nos gouvernements, des entreprises, des communautés religieuses, du corps médical, etc. Toujours pour se rassurer, ne l’oublions pas.

Mais ce faisant, que fait-on en réalité : on donne son pouvoir à l’extérieur. Oui, agir ainsi revient à donner son propre pouvoir à une force extérieure. Et après on s’étonne d’être manipulés par les gouvernements, dupés par les compagnies pharmaceutiques, floués par les multinationales, etc. Pourtant, ce n’est pas une surprise quand on comprend ce mécanisme de transfert de pouvoir.

Constat n° 3 : Les insécurités, doutes, peurs, sentiments d’injustice, souffrances… tout cela vient de l’intérieur de l’être. Il est donc illusoire de croire que la solution à toutes ces problématiques viendra de l’extérieur. Pour solutionner ces problèmes, il faut une participation personnelle, une implication consciente. Pensez-vous que si les hommes et les femmes de notre monde continuent de vivre la peur au ventre, qu’elle va disparaître d’un coup de baguette magique de notre réalité extérieure ?

Il y a un lien direct entre notre réalité intérieure et notre réalité extérieure. Les deux sont reliées et s’influencent l’une l’autre. Si notre environnement peut être propice à générer la peur ou la paix, la prédominance du mouvement va de l’intérieur vers l’extérieur. Les grands manipulateurs de notre monde connaissent très bien ce mécanisme. Voilà pourquoi ils font tout en leur pouvoir pour couper les individus de leur intériorité, et ainsi les couper de leur liberté. Maintenir les gens en état de stress, fournir des drogues à bas prix, des jeux vidéo violents, des divertissements abrutissants, les couper de la nature, tout cela est une façon de tenir les gens éloignés de leur centre, de leur intériorité, de les éloigner de leur pouvoir… pour les manipuler à souhait.

Je ne vous demande pas de croire ces mots qui peuvent paraître exagérés ou mensongers, mais de mener votre enquête et d’aller voir à l’intérieur de vous ce qui se passe.

Constat n° 4 : Pour changer sa réalité extérieure, il faut obligatoirement apporter des changements dans son regard sur le monde, dans ses croyances et dans ses sentiments. Il m’apparaît clairement qu’aucun mur ou aucune frontière ne nous préservera du manque, de la solitude, de la maladie ou de toute autre chose que nous craignons, si nous continuons à les porter en nous, car le monde extérieur finit toujours par refléter notre monde intérieur.

Aucune lutte, aucun combat ne nous apportera de solutions durables. La violence engendre la violence, qu’elle soit dirigée vers les autres ou retournée contre soit, la séparation engendre la séparation, et l’amour engendre l’amour. Si j’ai un problème, la meilleure façon que je connaisse pour le résoudre, quel qu’il soit, c’est de m’accueillir et de m’aimer, de prendre dans mes bras tout ce que j’ai été et tout ce que j’ai fait, pour l’accueillir dans l’espace aimant de mon cœur, comme un parent le fait spontanément avec son enfant.

Ce n’est pas facile, je le sais, ça demande du courage, celui de baisser les armes, et l’audace de faire confiance à la vie. Mais arrive un jour où toutes les possessions ou distractions ne suffisent plus à combler nos manques ou à satisfaire nos appétits, ou toutes les solutions intérieures s’avèrent inaptes à résoudre nos problèmes. Ces jours-là résonnent pour moi comme une invitation de la vie à tourner mon regard en dedans de moi. Quand on fait cela, oui, bien sûr, il faut regarder en face ses démons intérieurs, comme certains les appellent. Mais si on peut le faire sans se juger ni se condamner, en s’aimant simplement pour ce qu’on est, alors on peut faire un pas de géant… un pas de géant vers soi.

L’ingrédient qui fait toute la différence, qui modifie la qualité du regard, la qualité des sentiments et des pensées, n’est autre que l’amour. Un amour qui englobe tout, qui enveloppe tout dans ses bras, qui embrasse tout, la douleur comme le plaisir, la souffrance comme la joie, les moments de désespoir comme ceux d’euphorie. Cet amour ne connaît ni séparation ni rejet, il rassemble, guérit et harmonise. Dans cet amour, avec cet amour, tout est possible, car tout est réuni, tout devient UN.

Michel A.