Les billets de Michel A.

Le temps : de contrainte à ami

Rares sont les personnes qui n’ont pas une liste de choses à faire dans notre société productiviste. Dans ce contexte actuel, le temps est souvent vu comme une source de contrainte, de limitations. On court après le temps, même durant les loisirs, comme le sport où le plus rapide gagne, et les vacances, où il faut en profiter au max.

À première vue, le temps semble immuable. Mais en y regardant de plus près, on se rend compte qu’il existe au moins deux types de temps : le temps chronologique, celui de l’horloge, et le temps psychologique, celui qui tourne dans notre mental. Et les deux ne vont pas forcément à la même vitesse.

Le temps

Le premier est inhérent à la mécanique céleste, aux lois de l’espace-temps qui régissent notre système solaire notamment. Le second est très personnel ; il est influencé par notre perception et interprétation du monde, notre relation à la vie.

Assez rares sont également les personnes qui voient le temps comme un ami. Dans notre société où vieillir est devenu un drame, le temps est vu comme celui qui conduit à la mort du corps physique. Mais le temps, c’est aussi celui qui permet à la fleur et au légume de pousser, à l’enfant de grandir et à un projet de se développer. Lorsqu’on laisse le temps au temps, il est gage de maturation, d’épanouissement.

Et si le problème n’était pas le temps, mais notre rapport au temps, et en extrapolant, à la vie ? Car la mort n’est pas à l’opposé de la vie, elle est ce qui conduit à une nouvelle naissance. Cependant, comme nos systèmes de croyances nous disent le contraire, et que notre système économique est basé sur la compétition, le temps est devenu un problème. Il ne l’est pas en vérité, c’est nous qui l’avons modelé ainsi.

Alors, comment s’en sortir, comment arrêter de courir ? Nous avons, c’est certain, des choix à faire, afin de diminuer les contraintes de temps. Pour ceux qui frisent le burn-out, c’est-à-dire l’épuisement des ressources du corps, une pause est indispensable, ainsi qu’une réflexion sur son mode de vie. Il s’agit à chacune et chacun de trouver sa voie (il serait illusoire de croire que la société va vous l’offrir toute cuite). Une piste cependant : habiter son instant présent et se projeter un minimum dans le futur. Vous le savez déjà, mais j’aimerais ajouter : aimer sa vie et s’aimer, ça aide à faire de bons choix. Tout un programme, je sais !

Michel A.