Les billets de Michel A.

Guérir, oui mais …

Quand on demande aux gens de quoi ils ont le plus peur, beaucoup répondent de la maladie et de la souffrance. Bien sûr, quand on est malade ou souffrant, on veut guérir. Mais derrière ce désir et cette volonté, il y a très souvent la peur. On le sait, plus on a peur, plus on veut guérir vite. Or, parmi les émotions/sentiments les plus problématiques se trouve la peur. La peur fige, bloque, paralyse. Si elle est très forte, elle agit comme un mur face au flux de vie. La peur est un obstacle à la guérison.

De mon point de vue, la maladie est une messagère. Elle signale un déséquilibre, une harmonie rompue, une discordance, à un niveau ou à un autre de notre être. Mon expérience m‘a permis d’observer qu’un problème physique est habituellement en lien avec une émotion/sentiment et une croyance/forme-pensée. Dans ces cas-là, la zone corporelle touchée est le point d’ancrage de ces énergies au niveau physique.

Si vous-même êtes souffrant ou malade, je vous invite à observer avec honnêteté et sans jugement vos motivations à guérir. C’est ce que j’ai fait, et j’ai pu observer la peur derrière cette envie. Elle était même plus forte que l’envie de me sentir bien, de jouir de la vie, de savourer la grâce de mon existence.

J’ai distingué que je voulais fuir la maladie car je ne voulais pas reconnaître qu’un jour ou l’autre arrivera le moment pour ma conscience de déposer mon corps et de partir. Cette perspective était angoissante et je la repoussais.

Bien qu’une partie de moi sait très clairement que mon corps n’est pas éternel, je ne voulais pas être confronté à cette réalité. En fait, l’angoisse liée à ce « grand départ » était trop grande pour que je puisse l’envisager. Mais la vie est bien faite, et les années passant, ponctuées par le départ de quelques êtres chers et quelques bobos, je commence à me faire à l’idée. Ou peut-être est-ce cette « vérité » qui commence à s’installer dans ma conscience.

Ce qu’il y a de beau là-dedans, c’est que l’acceptation de l’idée de devoir déposer mon corps un jour m’amène de la détente. Je n’avais par réalisé à quel point le rejet de cette « réalité » avait généré de la tension en moi. Je m’étais braqué contre cet événement pourtant inéluctable, je l’avais combattu, j’ai avais fait un drame, la fin de mon histoire.

Mais si mon histoire ne s’arrêtait pas là ? Si elle se poursuivait ailleurs ? C’est ce que je ressens aujourd’hui, et je remercie la vie d’avoir la grâce de le ressentir.

Michel A.