Les billets de Michel A.

Je change de « moi »

Pour que vous me compreniez bien, permettez-moi de planter le décor. Alors que je n’étais qu’un adolescent, mon corps a été opéré à deux reprises. Je n’ai bien sûr pas mesuré à l’époque la profondeur des blessures physiques et morales liées à ces deux opérations. Mais voici que depuis un peu plus de deux ans, ces blessures impactent considérablement mon quotidien.

Un soir, alors que j’étais en train de faire du ménage, cette pensée a surgi inopinément : est-ce que je vais continuer à croire encore longtemps à mon personnage ? Entendez par personnage l’être souffrant qui a cru et nourri son histoire, et donc ses souffrances.

Je comprends aujourd’hui que ces deux interventions chirurgicales ont engendré des traumatismes qu’adolescent je n’ai pas été capable de reconnaître. Tout a été en quelque sorte déplacé dans mon inconscient, et faute d’avoir été compris et digéré, ce bagage a continué à être alimenté au cours du temps.

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Ce que je comprends aussi, c’est que je suis aujourd’hui « invité » à déposer ce bagage, à cesser de croire que ces opérations, ces traumatismes et ces problèmes sont liés à moi pour toujours. Oui, je les ai portés, mais non ils ne sont pas «moi ». Ce bagage de souffrances ne fait pas partie de mon identité véritable et mon corps n’a pas à rester marqué par ce passé plus longtemps qu’il le faut.

L’invitation est claire et je la partage avec vous car elle n’est pas personnelle. Nous sommes tous invités à déposer les jeux anciens, jeux de dualité, de lutte, de culpabilité, de souffrances, de peurs… pour retrouver notre identité originelle.

Une des grandes difficultés est probablement de croire à ce possible, afin de pouvoir sortir de notre identité temporaire et relative, de dépasser cette identification. Il faut pour cela informer notre mental que c’est possible, et le lui redire peut-être à bien des reprises, afin qu’il y croit. Lorsque l’information sera validée, notre corps pourra lâcher les attaches au passé et une libération des mémoires pourra s’opérer.

J’ai vu cette possibilité et j’ai répondu à l’invitation. Je sais que tout peut se faire en une seconde ou prendre des années. Je ne maîtrise pas le processus, mais je vais faire mon possible pour le faciliter. Je me sens honoré d’être conscient de cette invitation. Ainsi, je comprends mieux ce qui se passe en moi et peut rassurer mon mental qui est parfois troublé face aux changements rapides que nous vivons.

Avec toute mon amitié,

Michel A.