Le Meilleur d’ailleurs

Bien qu’il existe en ce monde un certain nombre de pays démilitarisés (plus d’une vingtaine), le Costa-Rica, ce petit paradis terrestre de l’Amérique centrale, a néanmoins le mérite d’être la première nation à avoir constitutionnellement aboli son armée.

À l’époque, cette initiative avait évidemment comme objectif principal d’empêcher les putschs militaires, mais depuis, le pays a su profiter (et profite toujours) intelligemment des économies faramineuses générées par l’absence d’une armée en les investissant dans l’éducation, la santé et l’environnement. Le taux d’alphabétisation frôle les 100%, les universités sont généreusement financées et les écoles, gratuitement accessibles, poussent comme de la mauvaise herbe dans la végétation dense; l’équipement de pointe de certains hôpitaux et les couvertures médicales publiques ont fait plafonner l’espérance de vie à 80 ans  ; et la nature, d’une richesse florale et faunique inégalée, se porte aussi bien qu’elle est jalousement protégée par des programmes sérieux et rigoureux (parole d’un voyageur!).

Costa-Rica

De plus, il faut croire que ces politiques anti-militaires sont contagieuses, car elles ont incité le Panama, voisin du Costa-Rica, à en faire autant en 1994. Et devinez quoi? Depuis, la qualité de vie du pays ne cesse de progresser. Un modèle inspirant, à n’en pas douter.Il faut remonter à 1948, où suite à une guerre civile particulièrement tumultueuse, le restaurateur de la démocratie et nouveau chef du gouvernement costaricain José Figueres Ferrer, communément appelé « Don Pepe », veille à ce que de telles hostilités ne se reproduisent plus dans son cher pays en faisant voter un décret-loi supprimant l’armée. Et en vue d’emblématiser sa décision, ce dernier, muni d’une masse, se rendra même à la caserne militaire de Bellavista, située dans la capitale San José, pour y asséner sur un de ses murs le « coup de grâce symbolique de l’armée ». Cette scène historique figure d’ailleurs sur les billets de 10 000 colonnes.

Mais au-delà des bienfaits tangibles que crée la démilitarisation d’un pays, il y a aussi le message de paix qu’il projette à qui veut bien l’entendre : il est faux de croire qu’une société sans armée est condamnée à ne croître que dans les esprits utopistes. C’est possible, même si ce n’est pas parfait. Et si c’est possible dans un pays, je ne vois pas pourquoi, dans l’absolu, ce ne pourrait pas l’être pour les autres. Nous sommes loin du compte planétaire, j’en conviens, et il ne faudrait pas se mettre le doigt dans l’œil : le Costa-Rica dispose tout de même d’une force publique de plusieurs milliers d’exécutants déployés à travers le pays pour contrer notamment le narcotrafic et la violence qui en résulte.

Il n’en demeure pas moins que lorsque que la fraternité, la solidarité, l’équité et le respect de l’environnement constituent les fibres du tissu social d’un pays, l’on ne se surprend pas de réaliser que l’expression typique des Costaricains Pura Vida! signifie littéralement « La vie pure ».

Patrix pour Merci la Vie !