Le Meilleur d’ailleurs

… Des Hommes et des Volcans …

Tsavo, le plus grand parc national du Kenya, domaine du mythique Kilimandjaro, abrite le territoire des Massaïs, ce peuple de semi nomades qui encore aujourd’hui, partent en transhumance dans la savane aride et sauvage, accompagnés de leurs troupeaux de vaches sacrées.

Oloiboni
Les Massaïs accordent beaucoup d’importance aux bienfaits des végétaux, lesquels constituent la base du traitement prodigué par les oloibonis, médecins traditionnels. Lazzaro Senken en est un, et un des rares de la région. Ayant été formé dès son plus jeune âge par le chef spirituel et gardien d’un savoir millénaire transmis de génération en génération, Lazzaro, maintenant âgé de 44 ans, pratique sa médecine préventive depuis plus de 20 ans. Muni de sa trousse de premiers soins consistant en un mélange de plantes qu’il a lui-même récoltées et dont il maîtrise les effets, ce guérisseur sillonne durant de longues heures le sol poussiéreux de la savane pour soigner les communautés les plus isolées des pathologies quotidiennes : diarrhée, fièvres (dont la typhoïde), malaria, gonorrhée, douleurs abdominales, etc. Honnête et conscient de ses limites, il n’hésite pas au besoin de recommander une visite à l’hôpital lorsque le trouble est trop grave et dépasse ses capacités.

Bouse d’éléphant = bonus
Pour se réapprovisionner en plantes et parfaire ses connaissances, Lazzaro parcourt souvent les Chyulu (plus jeune chaîne de montagnes au monde), riches en végétaux de toutes sortes : « Je souris de toutes mes dents. On voit même ma langue. Je suis heureux quand j’arrive ici. Je sais que je pourrai soigner les gens. Tout est là ». Mais ne devient pas oloiboni qui veut ; il faut savoir différencier les plantes d’apparence identique (certaines toxiques, d’autres bénéfiques), car « avec les plantes, tu n’as pas le droit à l’erreur ». Et lorsque Lazzaro met le pied sur une bouse d’éléphant, c’est qu’il a de la chance : ces pachydermes rapportent des contrées éloignées des graines de végétaux introuvables dans les environs qu’il récupère intactes, non digérées, en fouillant dans leurs excréments. Ensuite de quoi, il lui suffit de les planter et d’attendre la croissance d’un éventuel nouveau remède…

    

Du sang, du lait, et des plantes
Bien que le régime alimentaire des Massaïs soit considéré comme l’un des pires au monde (calories presque exclusivement animales provenant de la viande, du sang et du lait des vaches), ceux-ci ne souffrent pratiquement pas de maladies cardiovasculaires. Les chercheurs expliquent ce phénomène par la compensation bénéfique qu’engendre la consommation de plantes médicinales, dont l’écorce d’acacia, riche en antioxydants, vitamines C et E. Ainsi, les expériences et les connaissances ancestrales des Massaïs démontrent qu’il est possible, non sans acharnement toutefois, de trouver ce qu’il faut dans la Nature pour équilibrer sainement sa vie.

Patrix pour Merci la Vie !


Médecine d’ailleurs …

Bernard Fontanille est médecin urgentiste, habitué aux interventions en terrains difficiles. Il voyage aux 4 coins de la planète pour diverses missions, pour encadrer, soigner, protéger, réparer et soulager. Ses moteurs : une profonde humanité et une curiosité qui le poussent à rencontrer, découvrir et expérimenter.

Dans cette série, Bernard nous fait partager la vie des femmes et des hommes qui prennent soin des autres, sauvent des vies et inventent parfois de nouvelles manières de soigner.

À travers ses rencontres et ces pratiques, il nous raconte les différentes réalités d’un pays, mais aussi le lien universel qui unit un patient à son soigneur.

Voir la vidéo