Le Meilleur d’ailleurs

… The Forest Man of India …

Majoli, ma jolie

Au nord-est de l’Inde, au beau milieu du fleuve Brahmapoutre, se trouve Majoli (ou Majuli), la plus grande île fluviale du monde. Abritant environ 150 000 habitants, elle ne déborde pas seulement de richesses culturelles et historiques typiquement insulaires ; chaque année, durant la mousson, elle subit aussi d’importantes inondations érodant de plus en plus la région. Depuis environ 150 ans, la superficie de l’île a pratiquement diminué de moitié, laissant présager sa disparition totale d’ici une vingtaine d’années…

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« Si les humains se battent contre la nature, s’ils se mettent contre elle, alors la nature leur montrera qu’ils font une erreur »

Comprenant l’ampleur du phénomène et certaines de ses causes, dont l’acidification des océans résultant partiellement de la pollution marine, Jadav Payeng, originaire de Majoli et forestier de profession, a décidé que l’avenir de son île pourrait être différent s’il daignait s’accorder avec la nature en plantant des arbres chaque jour, encore, et encore, et encore… Sa première plantation de bambous remonte à la fin des années 70, à même le sable de la rive érodée… une idée considérée folle et vaine à l’époque, qui pourtant, a depuis fait croître une foisonnante forêt, un écosystème doté d’une biodiversité unique s’étendant sur 550 hectares (Central Park, à New York, fait 341 hectares). L’accomplissement de Jadav est d’autant plus impressionnant que ses arbres limitent désormais les effets de l’érosion, notamment en raison de leurs racines, qui stabilisent davantage le sol, et leur stature, qui protège l’île du vent.

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« Je vais continuer à planter jusqu’à mon dernier souffle »

Si Jadav Payeng n’avait pas suivi son cœur et cultivé son amour inconditionnel de la nature au cours des 30 dernières années, plantant sans cesse et protégeant sa forêt de l’avidité de certains hommes qui ne pensaient qu’aux gains économiques en voyant la taille des arbres parvenus à maturité, qui sait ce que serait devenue l’île de Majoli? Un triste îlot sablonneux et stérile? Qui aurait parié la présence d’un sanctuaire floral luxuriant, peuplé d’animaux sauvages en voie d’extinction, dont des éléphants, des rhinocéros, des tigres et des oiseaux rares? Imaginez ce qu’un groupe de personnes motivées, en réciprocité avec la nature, pourrait créer à force de persévérance, si un seul homme a réussi à planter à mains nues un jardin d’Éden… Imaginez…

Pour voir le documentaire de William D. McMaster consacré à Jadav Payeng, The Forest Man of India
https://www.youtube.com/watch?v=HkZDSqyE1do

Patrix pour Merci la Vie !