Le Meilleur d’ailleurs

… Du pain et de la liberté …

« Un métier n’est pas là pour nous emprisonner, mais pour nous rendre libre »

Il existe, dans la commune française de Quily, située dans le département du Morbihan, en région Bretagne, un boulanger marginal et inspirant qui a brillamment répondu à l’appel de la liberté. Pétrissant la pâte depuis l’âge de 3 ans, Daniel Testard, d’abord apprenti et ayant ensuite travaillé 18 heures par jour dans une fabrique de baguettes à la chaîne, a finalement déserté à 24 ans ce qu’il considère être « le goulag de la boulange », univers éreintant où sa vie d’ouvrier forcené n’avait pas de sens, pour s’orienter vers des horizons plus épanouissants. Après 7 années à s’instruire et oeuvrer en tant qu’assistant social, il a ressenti le besoin intrinsèque de revenir à sa passion, le pain, mais de façon à ce qu’elle lui octroie la liberté qu’il recherchait tant.

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« Mon pain, il n’est pas affiché biologique, parce qu’ il ne peut qu’être biologique »

Utilisant une vieille recette de levain naturel datant du 17e siècle, du blé ancien (non catalogué) et de l’eau de pluie filtrée, les pâtes de Daniel fermentent lentement, tranquillement, à l’image du temps qu’il possède désormais, seule et réelle façon d’honorer un pain de qualité. De certification il n’a pas besoin, car selon lui, « c’est ceux qui ne font pas biologique qui devraient être certifiés non bio… ». L’art du boulanger revisité, Daniel ne le pratique que 2 jours par semaine, pas plus, car il a su transformer sa boulangerie du village en un lieu convivial auto-géré et basé sur la confiance, où le travail est divisé en deux : les clients, pouvant passer quand bon leur semble, sont chargés de payer et se rembourser eux-mêmes à la caisse, laquelle n’est qu’un simple panier en osier posé sur la table…

     

« Pour moi, une maison sans jardin, c’est un lieu orphelin »

Ainsi, depuis 30 ans, lorsque Daniel n’a pas la main à la pâte, il consacre le plus clair de son temps libre à l’entretien de sa maison, à la musique, l’écriture, aux voyages et surtout à son immense jardin, duquel proviennent certains ingrédients pour ses pains et une abondance de légumes nourrissant quotidiennement sa famille. Avec le mode de vie simple, serein et de contentement que s’est créé Daniel, le « travail » n’est plus perçu comme un instrument de souffrance et de torture esclavagistes auquel il réfère étymologiquement, mais bien comme un outil permettant de sortir du moule de la société productiviste. Et comme tout outil, suffit de savoir comment bien l’utiliser…

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Patrix pour Merci la Vie !