Le Meilleur d’ailleurs

… Revenu universel de base …

L’idée d’un revenu universel de base fait son chemin dans plusieurs pays. Les Pays-Bas le testent dans plusieurs villes, la Finlande étudie sa mise en application pour 2017, certains y pensent en France, le Premier Ministre du Québec en a parlé et les Suisses voteront le 5 juin sur une initiative populaire réclamant la création d’un revenu de base inconditionnel.

Cette idée a aussi des opposants, qui évoquent le risque d’encourager une partie de la population à la paresse. Cet argument pourrait être valable à condition que le montant versé soit très élevé, mais avec 800 à 900 euros par mois (montant évoqué aux Pays-Bas et en Finlande), il ne tient pas du tout la route.

Quant à moi, je pense que les avantages dépassent de beaucoup les inconvénients, même avec un montant bien supérieur.


photo : TerraEco MFRB

Sur le plan collectif d’abord

Le système économique capitaliste mondialisé que l’on connaît aujourd’hui a conduit à une concentration insoutenable de la richesse. Quelques chiffres suffisent pour illustrer l’absurdité de la situation : début 2016, les 68 personnes les plus riches de la planète possèdent autant que les 3,5 milliards les plus pauvres. J’aurais envie de dire : « Plus inégalitaire et injustifié, tu meurs », au propre comme au figuré !

De nos jours, à part une poignée d’individus, tout le monde s’appauvrit. Et les écarts se creusent de plus en plus vite. Voulons-nous continuer ainsi ? N’oublions pas que la misère est le ferment des révolutions.

Dans tous les pays, on trouve des chômeurs et le plein emploi est une utopie, à moyen terme au moins. Le monde du travail est aussi très mouvant et demande une plus grande adaptation que par le passé. Mais surtout, je crois qu’il n’y a plus de corrélation réelle entre notre travail effectif et notre revenu (pensez seulement aux PDG des grandes banques de votre pays qui gagnent plusieurs millions par année, au fait qu’un vendeur de drogues gagne dix fois plus qu’un honnête employé).

Songez aussi que la précarité financière place les gens dans une situation matérielle et psychologique fragile. Elle créé un stress qui s’installe souvent durablement. Certaines personnes tombent dans l’angoisse. Les personnes les plus pauvres sont également les plus atteintes de maladies. L coût de tout cela se chiffre en milliards pour la société.

Sur le plan collectif, le stress, la peur, avec leur cortège de malaises et maladies dites de civilisation (est-ce cela être civilisé ?), agissent comme une chape de plomb. Aucun peuple ne peut s’épanouir dans de telles conditions, et c’est exactement ce qu’on peut observer actuellement sur notre planète.

Les avantages personnels

A la base, une personne qui saura pouvoir compter sur un revenu minimal assuré se sentira mieux qu’une personne en état matériel précaire. Cette assise pourra lui servir de tremplin, par exemple pour lancer sa propre entreprise, développer un projet, mieux s’occuper de sa famille, se perfectionner ou choisir peut-être un emploi moins payé, mais dans lequel elle se sent bien, plutôt que de devoir prendre un emploi dans lequel l’être ne s’épanouit pas.

En conclusion

Dans le contexte social, économique et financier actuel, un revenu de base assuré pour toute personne adulte semble à mes yeux davantage répondre à une nécessité sociale qu’à un luxe. Je suis certain qu’il permettrait d’améliorer la vie de beaucoup de monde et que l’on y gagnerait en paix sociale, convivialité et qualité de vie. Et comme les gens se sentiraient mieux, l’état de santé de la population s’améliorerait, avec de belles économies en prime.

Je vous invite à lire l’excellente interview de M. Philippe Van Parijs, professeur à la Faculté des sciences économiques, sociales et politiques de l’Université catholique de Louvain, accordée au journal Le Temps sur : www.letemps.ch

Michel A. pour Merci la Vie !