La Vie en vert

 
 Cuba vit une nouvelle révolution agricole : de l’agriculture intensive à l’agroforesterie

Après avoir essuyé les ravages économiques et environnementaux de la monoculture à grande échelle, Cuba se tourne maintenant vers l’agroforesterie à une vitesse et une ampleur inégalées. Et c’est un succès.

Au lendemain de la révolution de 1959, le gouvernement cubain adopte le modèle de développement agricole promu par la révolution verte. L’île se modernise. Elle introduit massivement les tracteurs, les fertilisants chimiques, les herbicides, les systèmes d’irrigation à grande échelle et les graines hybrides. Cuba devient l’un des pays les plus mécanisés d’Amérique latine.

Près de 90% des terres agricoles sont alors occupées par la monoculture intensive, principalement de sucre. Les récoltes sont exportées aux pays du bloc soviétique. De ces pays, on importe les produits agrochimiques et le pétrole pour faire fonctionner la machinerie agricole. Toutefois, cet effort agricole ne suffit pas à l’autonomie alimentaire de l’île. À la fin des années 80, près de 60% de ce que mangent les Cubains est importé. L’agriculture tout comme la sécurité alimentaire de Cuba dépendent fortement du commerce avec l’extérieur.

En 1990, la chute du bloc soviétique entraîne Cuba dans la crise économique. L’embargo américain se resserre. Les exportations de sucre chutent. Le pays ne peut importer le pétrole et les produits agrochimiques nécessaires à ses monocultures. Pire : les monocultures ont laissé en héritage des sols érodés, compacts, salins et peu fertiles. De nouvelles pestes résistantes aux herbicides et aux insecticides ont émergé. L’économie du pays menace de couler à pic. Source : notre-planete.info, http://www.notre-planete.info/actualites/4218-Cuba-revolution-agricole-agroforesterie

 
Un article de www.notre-planete.info

Une révolution agraire

Le gouvernement prend alors les grands moyens. Il instaure un programme d’austérité nationale. La « période spéciale en temps de paix » commence. Cuba est alors marquée par une seconde révolution. Celle-ci, cependant, n’est pas politique, mais agraire. Sans combustible, la machinerie est désuète. Elle est remplacée par les animaux de trait. Les pesticides et les insecticides sont remplacés par la fertilisation et le contrôle biologique. Les sols sont restaurés avec une reforestation massive. Cuba troque ses monocultures pour l’une des plus anciennes méthodes de production agricole du monde : l’agroforesterie. Une exploitation agroforestière peut être décrite comme un hybride entre un champ et une forêt. On y retrouve des plantes herbacées, comme les céréales ou le fourrage, ainsi que des arbres et des arbustes. Des oasis des déserts du Maghreb aux milpas du Mexique, on trouve des systèmes agroforestiers partout sur la planète. L’agroforesterie a été extirpée des oubliettes par les scientifiques il y a une trentaine d’années. Elle est maintenant considérée comme l’une des solutions les plus prometteuses pour réconcilier la production alimentaire avec la protection de l’environnement, tout en contribuant à l’économie locale. Depuis plusieurs années, la promotion et l’expansion de l’agroforesterie sont à l’agenda de programmes internationaux comme ceux de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture).

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