Moi Jean-Daniel

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 88

Finie la malbouffe mentale !

Oh, je ne vais pas vous parler du ménage que j’ai fait dans mon garde-robe ou ma bibliothèque. J’avais envie de vous parler du tri que j’ai commencé à faire au niveau des informations. Parce que, ce n’est pas trop dire, nous sommes bombardés d’informations, n’est-ce pas ? Mais est-il utile d’en recevoir autant, d’en avaler autant ?

Je me suis rendu compte que beaucoup d’informations ne me servent à rien. Et que beaucoup d’autres ne véhiculent que des peurs, et sont diffusées pour nous éloigner de notre force de création. Déjà, celles-là, c’est une excellente chose de ne plus m’y attarder.

Si on y regarde bien, une information, c’est une sorte de nourriture, une nourriture pour notre mental. Comme cet organe est déjà hyper sollicité dans notre société, il a souvent de la difficulté à digérer tout ce qui lui parvient. Alors, alléger sa tâche et lui donner quelques fois des vraies vacances est excellente chose !

Finie la malbouffe mentale ! Comme pour mon assiette, j’ai décidé de mieux regarder ce que j’avale, et surtout d’en avaler moins. Et vous savez quoi, je me sens plus à l’écoute et plus connecté à l’intérieur. Que du bonheur !

Bon été les Ami-e-s et bonnes vacances !

Jean-Daniel

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 87

Un peu plus d’amour que d’ordinaire

Depuis quelques semaines, l’harmonie est un peu moins présente avec Corinne. De mon côté, il est vrai que je me sens chahuté au niveau des émotions. Dans ces cas-là, j’ai tendance à me replier sur moi et à chercher davantage la solitude. C’est comme si j’avais besoin de me retrouver plus en profondeur. Alors, forcément, ça se ressent dans la relation avec Corinne.

La bonne nouvelle, c’est qu’on a réussi à en parler. Mieux, ça nous a fait énormément de bien, parce que même si nos désirs, nos visions et nos compréhensions diffèrent sur certains points, on s’est rendu compte qu’on a profondément envie de les partager ensemble. Une partie de notre déception ou frustration venait du fait même de ne pas donner cours à cette envie de partager.

L’autre point dont j’avais envie de vous parler, c’est qu’alors que nous nous parlions avec Corinne, j’ai compris que la Vie voit plus grand que nos désirs personnels. En réalité, mes idées sur le bonheur et la vie idéale étaient bien étriquées. C’est pas que la Vie a des plans spéciaux pour moi, non. Mais lors de notre discussion avec Corinne, c’est comme si ma petite voix intérieure m’avait soufflé à l’oreille : « Ne mets pas de limites à ta capacité à aimer ».

J’ai dû regarder Corinne avec de drôles d’yeux, car elle s’est arrêtée de parler au même moment pour me demander si j’allais bien. En fait, j’ai vu que mes croyances, mes doutes, mes blues, mes marchandages affectifs, mes blessures, que tout ce bagage que je porte pouvait être transformé et dépassé avec un peu plus d’amour.

Je sais que des gens comme moi, y’en a beaucoup. Alors, je me suis dit que l’invitation n’était pas juste pour moi. Mettre un peu plus d’amour dans ma vie me semble une option merveilleuse ! Et vous, ça vous inspire ?

Namasté,

Jean-Daniel

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 86

Gardiennage

Ma sœur cadette et son chum sont partis en vacances dans le sud fin janvier, question de couper un peu l’hiver. Ils nous ont demandé, à Corinne et moi, si on pouvait garder leur chienne et leur chat pendant leurs vacances. Comme on aime les animaux, et qu’on savait qu’ils étaient sympas, on a dit oui tout de suite.

On pensait rendre service à Séphira et Pompon, la chienne et le chat, mais en fin de compte, les chanceux dans l’histoire, ça a été nous. Oui, car c’est deux boules d’amour que nous avons hébergées durant ces deux semaines.

Ça m’a rappelé quand j’étais enfant. Nous avions deux chats à la maison, deux chats adorables qui passaient autant de temps que possible sur nos genoux ou notre ventre à se faire câliner. Même mon père qui n’aimait pas trop montrer ses sentiments redoublait d’amour envers nos amis à quatre pattes.

Chaque fois que Corinne ou moi on rentrait à la maison, Séphira venait nous voir, toujours heureuse de nous retrouver. Cette chaleur, cette simplicité, cette joie naturelle nous remplissait à chaque fois d’un sentiment de bien-être. Bien que moins démonstratif, Pompon n’était jamais bien loin. Il attendait que nous soyons assis ou allongés pour apparaître et s’installer sur nous. Quelques câlins, et les ronrons démarraient.

La présence de Pompon et Séphira nous a fait un bien énorme. Ça fait dix jours qu’ils sont partis, et on se remet à peine du vide créé. Je vais me répéter, mais leur amour et leur chaleur nous ont bercés durant ces deux semaines. Sûr que si nous étions plus sédentaires, nous prendrions un ou deux compagnons à quatre pattes chez nous. À moins que ce soit eux qui nous prennent pour compagnons !

Namasté,

Jean-Daniel

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 85

Un petit moment d’éternité

En temps terrestre, mon expérience n’a duré que quelques minutes, mais quelles minutes ! Des minutes d’éternité, dans l’espace infini de mon cœur. Je dirais que je baignais dans un état de grâce, tant je me sentais bien. Je percevais littéralement la vie à travers l’espace de mon cœur.

Tout ce que je voyais était animé d’une vie nouvelle. L’arbre de la cour n’était plus un tronc de bois avec des branches, mais un être vibrant, rayonnant de vie. L’écureuil qui passa sur le balcon était mon frère, tout comme l’oiseau qui vint se percher juste en face de moi pour me regarder, comme s’il avait perçu que j’avais changé.

Il n’y avait plus d’objets, plus de choses inanimées. Il y avait la vie en mouvements, vibrante de lumière derrière toutes ses formes, dans tous ses corps. J’étais émerveillé et excité, tout en goûtant à une paix ineffable. Mon regard était libéré de ses réductions habituelles, mes sentiments étaient animés d’un amour inconditionnel pour tout ce que je percevais et, chose géniale, les limites de mes croyances avaient sauté.

Je jouissais d’un quasi-silence mental qui me conférait une lucidité paisible et bienveillante. Comme j’en prenais conscience, je pensai à Corinne. Il me sembla que nous nous connaissions depuis longtemps, et que notre vie actuelle était la suite logique de ce que nous avions vécu en d’autres temps. Nous nous étions donné rendez-vous, c’était clair ! Comment pourrait-il y avoir du hasard dans un monde si parfaitement orchestré ?

Un immense élan d’amour monta en moi, me submergea, un élan d’amour pour Corinne, mes sœurs, mes parents, mes amis et pour toute la vie, un élan si puissant que je partis en larmes d’émerveillement et de gratitude.

Cette expérience n’a duré que quelques minutes en temps terrestre, mais assez longtemps pour graver une empreinte durable dans ma conscience.

Namasté,

Jean-Daniel

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 84

Bien obligé de lâcher prise

Je me suis blessé au genou il y a quelques jours en faisant un mouvement un peu trop intense, le même genou avec lequel j’avais déjà eu des problèmes. Aussitôt, un mauvais feeling est monté en moi, accompagné d’une pensée qui disait « Oh, j’aurais pas dû faire ça ».

Je me suis allongé le temps de voir si c’était grave ou pas. Par bonheur, j’ai pu me lever et marcher. Mais la douleur a persisté les jours suivants sans perdre d’intensité. Pas besoin de vous dire que plus les jours passaient, plus je me sentais inconfortable. Mon inconfort était en fait proportionnel à mon sentiment de vulnérabilité et à mes doutes quant à la guérison.

J’aurais voulu extirper ce doute de mon mental, mais je sentais bien qu’il y était fermement implanté. Comment faire alors ?

Je me mis à réfléchir à la manière d’effacer cette croyance ou à la remplacer par une meilleure. Ça a tourné comme cela dans ma petite tête durant plusieurs jours, quand je me suis rappelé qu’Einstein avait dit qu’on ne pouvait pas résoudre un problème depuis le même niveau que le problème lui-même. J’ai su alors que la solution ne viendrait pas du mental, mais que le cœur, lui, pourrait me l’apporter !

Sur le moment, cela me sembla abstrait, mais je savais que je tenais une piste. Il me fallait oser, me lancer, ouvrir cette porte que j’avais si longtemps tenue fermée par peur d’être blessé. La vie m’invitait – c’était clair – à ouvrir mon coeur un peu plus grand, à faire confiance à cette Conscience Une qui pulsait en moi comme en tout être et toute chose.

J’avais entendu et lu des centaines de fois que nous sommes un avec la Source, la Vie, Dieu, appelez-le comme vous voulez, que rien ne nous sépare de cette Pure Conscience tout puissante si ce n’est nos croyances. Je me suis qu’il était temps de le réaliser, et de laisser cette énergie couler dans mon corps. De toute évidence, cette Conscience Une saurait mieux que moi comment guérir mon genou.

Nous savons cependant tous que l’amour ne se commande pas, qu’on ne peut rien forcer dans ce domaine. Cela aussi était clair. Le sixième jour après mon accident, alors que je prenais ma pause du midi, des pensées de peur se mirent à tourner dans ma tête avec une intensité jamais égalée. Je n’en pouvais plus de les ressentir. Fatigué, désireux de ressentir enfin cette paix que je recherchais désespérément, j’ai imaginé ma conscience descendre de ma tête dans l’espace de mon coeur. Et hop, sans même avoir eu le temps de le réaliser, j’y étais.

Le vacarme mental avait cessé, il n’était plus qu’un petit bruit en arrière-plan, loin de ma conscience, qui goûtait à une paix nouvelle et pourtant familière.

Namasté,

Jean-Daniel

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 83

Il n’y a rien que je suis censé faire

Face à cette affirmation, vous me direz peut-être : « Mon ami, moi je dois m’arrêter au feu rouge, payer mes impôts et manger tous les jours, même si j’aimerais faire autrement. Je n’échappe pas à ces obligations. »

Effectivement, on peut voir ces actions comme des obligations, auxquelles on ne peut échapper. On peut cependant les voir sous un autre angle, soit comme des actions faites de bonne grâce (volontairement). L’énergie qui sous-tend l’action est radicalement différente. J’en ai fait l’expérience. Alors, ne me croyez pas, essayez et vous comprendrez mieux ce que je veux dire.

Dans mes cours à l’université, je suis toujours le plus âgé. Certains camarades d’étude me trouvent cool, et d’autres m’ont fait comprendre à mi-mots qu’ils me trouvent un peu bizarre. J’ai compris entre les lignes que, selon eux, je serais censé, à mon âge, avoir un emploi avec un bon salaire et une situation stable. Je n’entre pas dans leur vision « académique de la vie ».

Au début, ça m’a fait sourire, puis j’y ai vu une invitation à retourner voir en-dedans ce que je souhaitais vraiment. Vous savez, ce type de questionnements n’est pas nouveau pour moi, car mon père aussi m’a souvent fait ce genre de remarques : « À ton âge, tu devrais… »

Je devrais quoi ? Que suis-je censé faire ou être ? Serais-je un automate, avec un programme prédéterminé, censé répondre aux attentes de la famille et de la société, gagner de l’argent, payer une hypothèque, avoir un VUS et une piscine ?

Je ne m’y suis jamais résolu, et, voyez-vous, cela m’a bien servi. Car accepter d’être censé faire quelque chose équivaut pour moi à renoncer à ma liberté et à donner à autrui le pouvoir de décider de ma vie. Alors, commence la longue liste des obligations…

J’ai préféré m’appuyer sur la vision « Il n’y a rien que je suis censé faire ». Quand je fais quelque chose, je « choisis » de le faire. Par exemple, je m’arrête au feu rouge parce que je sais que c’est plus sécuritaire pour tous. Si je prends la voiture et que je me retrouve dans un bouchon, j’en accepte la responsabilité. Puisque c’était mon choix de partir en voiture, il ne m’est plus possible de crier au scandale ou de critiquer la mauvaise gestion du trafic. Bye bye victime, et finie la déperdition d’énergie qui vient avec !

Appliquée au quotidien, cette approche m’a rapidement sorti du monde des « ça ne devrait pas être comme ceci » et « ça devrait être comme cela », ce monde de jugements et de pseudo-obligations qui semble si lourd. Quand le sac à dos que je porte me semble trop lourd, je me rappelle que je peux le poser. Bien sûr, je le réendosse régulièrement, mais de moins en moins souvent, car il y a maintenant en moi cette petite voix familière qui me rappelle que je peux juste « être » ce que je suis, sans rien devoir ajouter.

Namasté,

Jean-Daniel

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 82

Pause télé

Le déménagement nous a donné l’idée, à Corinne et moi, de ne pas reprendre de télé pour six mois. Oui, on voulait voir à quoi allait ressembler notre vie sans elle. On s’est dit que nous pourrions utiliser le temps libéré pour découvrir la belle région de l’Estrie en balades et aussi pour nous faire plaisir à travers différentes activités comme les arts. Corinne aime le dessin et la peinture, qu’elle a peu pratiqués ces derniers mois, et de mon côté j’avais envie de me remettre à la musique. C’était la bonne occasion !

Ça fait donc un mois et demi que nous vivons sans télé. Un nouveau rythme s’est installé, et j’y prends maintenant plaisir. Je dis maintenant, car ce n’était pas le cas au début. Oui, Corinne et moi sommes passés par une sorte de désintoxication, une période de sevrage.

En fin de journée par exemple, quand on se sentait fatigué, ou qu’on avait simplement envie de ne rien faire, on avait l’habitude de s’écraser sur le canapé et d’allumer la télé. Les programmes étaient peut-être sans intérêt, mais on pouvait passer la soirée entière à la regarder comme des semi-automates La facilité quoi ! Mine de rien, la télé, c’est très hypnotique.

On s’est donc retrouvé face à nous-mêmes, avec des choix à faire si on ne voulait pas tourner en rond habité par un sentiment d’ennui. Comme on se l’était dit, on s’est motivé pour aller marcher, arranger l’appartement à notre goût, rendre visite à des amis, lire un bon bouquin ou faire une activité plus artistique.

Un mois et demi plus tard, je peux vous dire que nous apprécions le défi qu’on s’est donné. La grande différence qu’on peut observer, ou plutôt vivre, c’est qu’on ne fait plus les choses aussi machinalement qu’avant. Corinne et moi, on en a parlé, et notre constat à tous les deux est que nous habitons bien davantage nos instants. On a la sensation de vivre nos moments plus intensément, d’être plus présents, si vous voyez ce que je veux dire.

C’est marrant, mais j’avais connu cette sensation agréable lors de mon séjour en Inde. À mon retour cependant, seul dans mon appartement, j’avais rapidement repris mes habitudes d’avant. Aujourd’hui je me dis que vivre le fameux moment présent dont tout le monde parle, ce n’est peut-être pas si compliqué. Et s’il suffisait simplement d’habiter ces instants que la Vie nous donne ?

Namasté,

Jean-Daniel

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 81

On a déménagé !

C’est fait, nous avons déménagé à Magog durant les vacances. Corinne a rencontré la directrice de l’école durant l’été. Elle lui a expliqué comment fonctionne l’établissement et lui a présenté le programme d’enseignement. Trop tentant pour qu’elle refuse ! Dans cette école, pas de bourrage de crânes. La philosophie de l’école pourrait être définie comme suit : aider les enfants à se connaître, à développer leurs talents et compétences, à vivre ensemble dans le respect de l’identité de chacun et de son environnement.

Quand elle m’a dit ça, je suis resté pantois. Je ne savais pas que des écoles avaient cette philosophie au Québec ! En plus, la nature et les animaux vont être très présents durant les cours, des partenaires d’apprentissage et de vie comme ils les décrivent. Pas besoin de vous dire que Corinne est très motivée. Qui plus est, elle aura une petite classe, le rêve de toute enseignante !

Ses hésitations, qui venaient de la perte des avantages sociaux de la fonction publique, ont été relativisées. Au pire, comme elle dit, si ça ne marche pas, elle pourra y retourner après cette expérience dans une école alternative. Ça l’a rassuré de savoir qu’elle ne s’engageait pas pour les trente prochaines années.

Évidemment, avec tout ce qu’elle a à mettre en place à l’école, Corinne est très occupée. J’en profite de mon côté pour mettre l’appartement à notre goût, du mieux que je peux. Je ne suis pas un champion de la décoration, mais avec ses bons conseils, je me débrouille assez bien.

Vous vous demandez peut-être ce que je vais faire. Eh bien, je vais retourner un peu sur les bancs d’école, à l’Uni de Sherbrooke plus précisément, mais pas à plein temps, non, non. J’ai déjà un petit boulot… livreur de pizzas à Sherbrooke ! C’est même pas une blague. Mais bon, on s’entend que c’est provisoire, en attendant mieux !

Namasté,

Jean-Daniel

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 80

Laisser mûrir

Nous sommes allés faire un tour en Estrie en fin de semaine. Corinne voulait voir l’école qui l’a contactée, et visiter Magog ainsi que les environs, pour voir comment elle s’y sentait et à quoi ressemble la région.

L’école se trouve en périphérie de la ville. Outre le bâtiment, elle comprend un bel espace de jeu et un grand terrain aménagé de végétation. Ça lui a tout de suite plu. Son école actuelle est située en ville, et à part de l’asphalte, il n’y a pas grand chose, ce qu’elle trouve triste pour les enfants.

Après avoir fait le tour de l’école, nous sommes allés nous balader dans le Marais de la Rivière aux Cerises, un magnifique espace naturel situé non loin de là. Corinne avait besoin de parler, ça l’aide à voir clair dans ses pensées. L’opportunité lui semble belle de pouvoir enseigner et évoluer dans un environnement plus en accord avec ses valeurs, mais quitter l’école gouvernementale où elle enseigne équivaut  à perdre sa sécurité d’emploi et quelques avantages sociaux. Nous en avons donc parlé, ainsi que de mes aspirations. N’étant pas encore au clair sur ce que je souhaite faire, je lui ai dit que pour moi, Québec ou Magog ne faisait pas une grande différence au niveau professionnel.

Chose certaine, la région nous plaît à tous les deux. Bien entendu, si nous déménageons, nous ne verrons plus autant notre famille ni notre cercle d’amis actuel. Une vie nouvelle serait à rebâtir. Sommes-nous prêts à cela ? Un mélange d’excitation et de doutes flottait autour de nous, ainsi que pas mal de bibittes. Heureusement, Corinne avait pensé au chasse-moustiques.

Parfois la vie nous impose une direction, sous la forme d’un licenciement ou d’une maladie, et parfois elle nous laisse le choix de lui donner nous-mêmes une nouvelle orientation. Sommes-nous parfois testés dans notre foi et la manifestation de nos valeurs ? Y aurait-il des promotions ? Peut-être. Comme Corinne va rencontrer la directrice de l’école à la fin du mois, nous avons donc encore le temps de laisser mûrir.

Je vous dirai ce qu’il en est à la rentrée. D’ici là, bon été et bonnes vacances !

Jean-Daniel

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 79

Penser autrement

Mon projet de réorientation professionnelle a donné des idées à Corinne. Elle aime son emploi d’enseignante spécialisée, mais l’environnement dans lequel elle évolue lui impose beaucoup de limites. Dans le domaine de l’enseignement comme de la psychologie, les dogmes ont pris bien de la place.

Corinne aimerait pouvoir écouter davantage son intuition et sa guidance intérieure, plutôt que de suivre des programmes et protocoles tout cuits. Elle comprend leur utilité, mais observe également les limites de cette approche. Comme elle le dit, chaque enfant est différent, alors pourquoi imposer à tous les mêmes matières d’apprentissage au même rythme ?

À l’écouter, je comprends que le personnel de son école, et ce doit être semblable partout, vit insidieusement dans un climat de peur, la peur de faire une entorse au règlement et de tomber sous le coup d’une enquête. Difficile de déployer ses ailes dans ces conditions.

Suite à nos discussions et réflexions, Corinne à spontanément contacté quelques écoles alternatives, question de savoir si ses services pourraient s’insérer dans ce cadre-là. Ce qu’il y a de très marrant, c’est qu’une école est intéressée et aimerait la rencontrer pour en discuter sérieusement. Pour Corinne, c’était un projet à moyen ou long terme. La voilà donc bousculée, car l’offre lui parle beaucoup.

Trop énervée, elle n’arrivait pas à s’endormir ce jour-là. Pour moi, il était amusant et instructif de l’écouter et de l’observer. Son corps et ses paroles exprimaient tantôt les hésitations et les craintes de son mental, tantôt l’élan et l’enthousiasme de son âme et de son cœur. Comme je n’étais par trop impliqué émotionnellement, il m’était facile de faire la différence, mais pour Corinne, rien ne semblait si simple.

Comme ce nouvel emploi impliquerait un déménagement en Estrie, nous avons passé une partie de la nuit à discuter. Étonnamment, l’idée de déménager m’a plu tout de suite. Je veux dire par là que j’ai ressenti comme un « Oui » à l’intérieur de moi, de la même manière que pour mon voyage en Inde. Pour Corinne, après un premier élan très enthousiaste, les résistances dues à la peur sont apparues. C’est de cela surtout dont nous avons longuement parlé, pour savoir à quelle partie de nous nous allions confier cette importante décision.

D’un côté, il y avait notre cher ego, qui s’est donné comme mission de nous protéger. Comme on le sait, il déteste l’inconnu et se réfère toujours au passé pour prendre sa décision, même s’il ignore totalement de quoi sera fait demain. De l’autre, il y avait l’élan du cœur, une résonance intérieure non descriptible et pourtant bien vivante.

Je me suis rappelé une citation que j’avais écrite sur un papier avant mon départ en Inde et épinglée sur le mur de ma chambre : « Le courage, ce n’est pas de ne plus ressentir de peurs, mais d’oser les regarder en face. » Pour moi, il n’y avait plus d’hésitation, même si la proposition que la vie nous lançait ravivait certaines craintes. Quant à Corinne, même si elle préférait ne pas prendre de décision « irréfléchie », je n’avais aucun doute sur l’issue.

Namasté,

Jean-Daniel