Le Meilleur d’ailleurs

Le Meilleur d’ailleurs

Monnaies locales – pour une économie plus humaine

La liste des monnaies locales complémentaires ne cesse de grandir, preuve que ces dernières répondent à un besoin auquel les monnaies nationales ne répondre plus : une économie à visage humain.

Utiliser une monnaie locale, ce n’est pas qu’encourager les producteurs et commerçants locaux, et donc dynamiser l’économie locale, puisque la valeur développée dans la région reste dans la région. C’est aussi rapprocher les gens les uns des autres, et donc améliorer la cohésion sociale, réduire les transports et donc la pollution.

Avec l’introduction des monnaies locales, l’argent peut retrouver son utilité première : servir d’énergie d’échange entre les individus. Comme la zone d’action est locale, les risques de dérives, telles que les abus de pouvoir des employeurs, la maltraitance des animaux, la dilapidation et la destruction de l’environnement, la corruption, l’évasion dans les paradis fiscaux… sont très fortement réduits.


Source : My Cities 3.0

Une monnaie locale permet aussi aux collectivités locales de se réapproprier un pouvoir de décision et d’action longtemps donné aux entités bancaires nationales et internationales, et donc d’orienter le développement économie en fonction d’une éthique choisie et directement bénéfique à la population. Ces changements sont capitaux. Il s’agit de retrouver une liberté perdue, une stabilité économique qui ne dépend pas de décisions prises à l’autre bout de la planète, de retrouver une autonomie bénéfique à tous.

Si vous n’êtes pas familier avec le sujet, je vous invite à regarder une courte mais très explicite vidéo, qui vous permettra de vous faire rapidement une idée de l’utilité, voire de la nécessité, de passer à des monnaies locales, en cliquant ici.

De nombreuses monnaies locales sont en vigueur dans nos pays francophones, et beaucoup de projets sont en développement. Pour en savoir un peu plus :

– En France, cliquez ici France
– Au Québec : Gaspésie, Ville de Québec, Laurentides et Sherbrooke
– En Belgique : Liège, Lorraine belge, Braine-le-Comte, Louvain-la-Neuve et alentours
– En Suisse : Arc Lémanique, Valais, Tessin

Et pour en (s)avoir plus sur les avantages et bienfaits des monnaies locales :
http://monnaie-locale-complementaire-citoyenne.net/pourquoi-une-mlcc/
http://www.lagonette.org/pourquoi-une-monnaie-locale-et-complementaire/
http://www.lelabo-ess.org/les-monnaies-locales-complementaires-dynamisent-l-2097.html

Michel A.

Le Meilleur d’ailleurs

Des cours d’empathie pour tous ?

Une étude sur l’empathie menée par l’Université du Michigan, portant sur environ 14 000 collégiens, démontre que les dernières générations seraient moins empathiques que celles des années 1980 et 1990. Pour certaines personnes, comme Michele Borba, psychologue spécialisée dans l’éducation, cette perte d’empathie serait couplée à un narcissisme grandissant.

Un pays fait cependant exception : le Danemark. Saviez-vous que dans ce pays des cours d’empathie font partie intégrante du programme d’enseignement depuis 1993 ? Qu’ils sont aussi importants que les mathématiques ou l’anglais ? Et c’est peut-être une des raisons pourquoi les enfants du Danemark sont plus heureux que les autres, et que par conséquent les adultes le sont eux aussi !


Source : Shutterstock

Je suis pour ma part persuadé que la compassion, l’empathie et l’amour font partie de notre nature humaine, et que nous en avons besoin pour être équilibrés. Dans notre société moderne, le développement de l’intellect et des technologies a pris une place énorme. La place accordée au cœur, et aux valeurs qui lui sont associées, telles que la douceur, la compassion, l’esprit de solidarité, ont été reléguées au second rang. Ce déséquilibre est à mes yeux une des causes du profond mal-être et mal-vivre de bien des gens.

Rappelez-vous quand vous êtes tombé amoureuse ou amoureux. Quel merveilleux élan ! Quelle énergie et quelle générosité débordaient de vous ! Quand on est en amour, tout est plus facile, léger, fluide. Lorsque l’amitié et l’amour sont présents, les relations humaines sont tellement plus agréables.

L’empathie, la compassion et l’amour renforcent à coup sûr notre santé mentale et physique, mais améliorent également la cohésion de toute une société. À l’opposé, l’individualisme isole, sépare, fragilise les sociétés et voit augmenter le niveau de violence.

Malheureusement pour nous, nos systèmes économiques sont basés exclusivement ou presque sur la compétition. Ils poussent les individus à se comporter en ennemis les uns envers les autres et étouffent dans l’œuf les élans du cœur. Ce mode compétitif est même érigé en modèle. Mais qu’en serait-il si nous adoptions un tel mode de fonctionnement dans nos familles ? Ce serait invivable ! C’est pourtant ce que nous faisons au niveau économique. Nous appelons cela la compétition, moi je dis que c’est une guerre planétaire non reconnue.


Source : Jeux et compagnie

Comme le montre l’exemple du Danemark, la coopération et l’entraide, qui vont de paire avec un comportement empathique, donnent de meilleurs résultats que le chacun-pour-moi. Il est essentiel pour notre bien-être individuel comme collectif de mettre en avant l’esprit de solidarité, l’empathie et le respect, et cela à tous les niveaux, y compris et surtout dans le domaine de l’économie. C’est faisable, si on le veut.

Nous pouvons imaginer une société future ou le « Nous » passera avant le « Je », mais sans ignorer ou réduire le « Je », c’est-à-dire une société inclusive, une société de coopération et de partage.

J’aimerais pour finir, citer Le Petit Prince, d’Antoine de Saint-Exupéry : « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. » Une perle de sagesse, remplie de vérité. À nous de la rendre vivante.

Michel A.

Sources : positivr.fr / www.rtbf.be
Pour en savoir plus sur le mode de vie à la danoise, je vous conseille de lire : www.lapresse.ca

Le Meilleur d’ailleurs

La nature comme salle de classe

Ce qui peut sembler être une utopie existe pourtant déjà. Cette école, appelée Caminando, est implantée en pleine nature dans le Diois (Drôme/France). Parmi les autres particularités, nous pouvons mentionner une pédagogie basée sur des expériences concrètes, ancrées dans la réalité, avec la nature comme support principal. Imagez, apprendre les maths en comptant ou en pesant les légumes du jardin, quelle belle expérience !

On le sait, les problèmes rencontrés au niveau de l’enseignement ne cessent d’augmenter. Il n’est pourtant pas étonnant qu’un nombre grandissant d’enfants ne trouvent pas leur épanouissement ou ne peuvent pas s’intégrer dans un système qui a tout du formatage et du conditionnement, ou à une production de main-d’œuvre.


Crédit photo : École de la Nature et des Savoirs

A Caminando, les processus d’apprentissage sont différents, car cette école s’est fixé avant tout pour but d’accompagner chaque enfant sur son chemin d’éveil, afin qu’il trouve sa place et qu’il grandisse, en étant heureux d’apprendre. Cette école recherche par exemple un sain équilibre entre activités manuelles et artistiques, corporelles et intellectuelles.

Lorsque l’épanouissement de l’enfant et du jeune adulte, dans son unicité, sera au cœur de la transmission des connaissances, je suis certain qu’une bonne partie des problèmes scolaires que nous connaissons seront solutionnés. Caminando nous offre un bel exemple, duquel nous pouvons nous laisser inspirer.


Crédit photo : École de la Nature et des Savoirs

Pour en savoir plus, nous vous invitons à visiter :

www.ecolenaturesavoirs.com
www.positivr.fr
www.wedemain.fr

Michel A. pour Merci la Vie !

Le Meilleur d’ailleurs

Connaissez-vous les « Incroyables comestibles » ?

Ce mouvement et son nom, tiré de l’anglais « Incredible Edible », viennent de la ville de Todmoren, en Angleterre, où deux femmes en grande difficulté financière, ont commencé en 2008 à cultiver des légumes sur un bout de trottoir devant chez elle… et à partager leurs récoltes avec les passants.

Cette production de légumes en zone urbaine s’est vite révélée être une véritable révolution, tant sur le plan de l’approvisionnement alimentaire que de la vie sociale et relationnelle. Et depuis il grandit et grandit encore, un peu partout dans le monde.


Crédit photo : lesincroyablescomestibles.fr

L’objectif des « Incroyables comestibles » est de fournir à chacun un accès à une bonne nourriture locale. Les valeurs qui sous-tendent ce mouvement sont aussi belles que promotrices : les gens œuvrent ensemble, partagent la responsabilité du bien-être futur de la planète et de ses habitants, promeuvent le partage, le respect de la terre, l’accueil et l’acceptation de l’autre, le don et la gratuité.


Crédit photo : lesincroyablescomestibles.fr

Ce mouvement est basé sur une économie locale/régionale, un type d’économie incomparablement plus efficace en matière économique, énergétique, sociale et environnementale qu’une économie à plus large échelle. C’est ainsi que, mine de rien, se crée le futur de la planète, avec des gens responsables, respectueux et qui laissent s’exprimer leur cœur. Peut-être que cela vous semble une utopie ou un vœu pieu, mais le futur de notre système économique est avant tout simple, régional et humainement enrichissant.

Pour en savoir plus sur les « Incroyables comestibles », visitez :

En France et en Europe : lesincroyablescomestibles.fr
En Belgique : incredibleediblebelgium.wordpress.com
En Suisse romande : www.lesincroyablescomestibles.ch
À Todmoren : www.incredible-edible-todmorden.co.uk

Et aussi de très nombreuses pages facebook…

Michel A. pour Merci la Vie !

Le Meilleur d’ailleurs

… Demain le Film …

Connaissez-vous « Demain le film » ? Isab’ailes et moi sommes allés le voir en fin de semaine. C’est un documentaire bien fait, très instructif et qui fait bouger les consciences. En tout cas, c’est comme ça que nous l’avons vécu.

Ce que je retiens d’abord et avant tout après l’avoir vu, c’est que si on a plein de problèmes, on a aussi plein de solutions à portée de main. Comme nous mangeons tous, prenons l’exemple de l’agriculture. Nous pouvons produire notre nourriture de plusieurs façons, en voici deux types.

L’agriculture industrielle : elle est mécanisée à outrance, basée sur l’usage de pesticides et fonctionne en monocultures sur de grandes surfaces. Elle détruit les sols, pollue la terre, l’eau et l’air, décime la biodiversité végétale et animale, empoisonne les consommateurs et ses rendements sont mauvais.

La permaculture : elle se pratique essentiellement à la main, sur de petites surfaces, est durable, très économe en énergie, maintient la biodiversité végétale et animale, ne pollue pas et ses rendements sont plusieurs fois supérieurs à l’agriculture industrielle. Elle favorise une économie locale, avec autant d’avantages sociaux qu’écologiques.

Un autre exemple super intéressant : l’économie. Une économie locale génère 3 fois plus de richesse et crée 3 fois plus d’emploi qu’une économie internationalisée (les multinationales). Pourtant, nos gouvernements font des faveurs et lèchent les mains des multinationales. Pourquoi ? Je devine que vous connaissez la réponse.

Dans beaucoup de domaines, comme l’écologie, la finance, la santé, nous avons des outils pour apporter des améliorations concrètes maintenant. Mais ça ne se fait pas parce que nos dirigeants nationaux et supranationaux ne le veulent pas. Leur intérêt est de défendre les intérêts des banques, des cartels pétroliers, pharmaceutiques et industriels, mais pas ceux de leur peuple. La solution ne viendra pas d’eux.

Alors, que faire ? Il est bon de savoir que beaucoup de choses se font déjà. Des communautés locales et des villes partout sur la planète ont décidé de prendre leur destin entre leurs mains pour notamment réduire (et à terme supprimer) leur dépendance aux énergies fossiles, développer une économie durable, renforcer le tissu social et la coopération dans nos communautés humaines, etc.

Si vous souhaitez en savoir plus et voir ce que vous pouvez faire concrètement, je vous invite à visiter le site de « Demain le film », qui présente « 5 actions de tous les jours qui peuvent vraiment faire une différence », en cliquant sur www.demain-lefilm.com

Si le mouvement Transition vous intéresse, voici 2 sites : www.transitionfrance.fr et http://reseautransitionqc.org

Lorsqu’on veut développer une économie locale durable, il faut s’affranchir de la dépendance liée à la monnaie officielle. L’introduction d’une monnaie locale est un pas nécessaire, qui a été fait dans de très nombreuses villes. Pour en savoir plus : En France : http://monnaie-locale-complementaire.net/ En Suisse : http://monnaie-leman.org/ À Québec : http://accorderie.ca À Montréal : www.villerayentransition.info En Belgique : www.grezentransition.be

Le troc est lui aussi un moyen très simple d’échanger des produits et services. De très nombreux systèmes d’échange locaux (SEL) ont vu le jour. Il y en peut-être un dans votre région.

Michel A. pour Merci la Vie !

Le Meilleur d’ailleurs

… Connaissez-vous la « Fika » ? …

La Fika est une véritable institution en Suède. Le mot, dérivé de « kaffe » (café), désigne la pause qui a lieu deux fois par jour. Mais ce n’est pas seulement une pause-café vite faite comme on peut le voir en France ou au Québec, non, Fika est un moment d’échange, de partage et de convivialité qui permet de prendre de la distance par rapport au travail. Elle ne se pratique pas seulement sur le lieu de travail, mais aussi en famille et entre amis.

Faire une vraie pause, décrocher, avoir du plaisir à communiquer avec l’autre, manger quelque chose dans une bonne ambiance, voilà l’essentiel de la Fika. Si la qualité de vie en Suède est reconnue comme étant l’une des meilleures au monde, c’est peut-être parce que ce peuple a su intégrer dans son mode de vie, et au sein des entreprises, des moments et des espaces pour laisser place à la convivialité et au partage.

Toute nation aurait intérêt à faire en sorte que le monde du travail, auquel nous consacrons une grande partie de notre temps et de notre énergie, soit agréable et intéressant. Le travail à la chaîne, abrutissant et aliénant, si bien décrit par Charlie Chaplin dans « Les Temps Modernes », ne conduit en finalité à rien d’autre qu’enrichir quelques individus au détriment de tous les autres.

Le bien-être engendre le bien-être, et le mal-être en fait autant. Si nous voulons vivre en santé, il faut savoir cultiver son bonheur, et réussir à sortir d’un mode de vie stressé et stressant, corrosif pour le corps, et qui, soit dit en passant, dévaste notre système immunitaire et ouvre la porte aux maladies.

L’exemple de la Fika nous montre que c’est possible et facile, et qu’en accordant à l’humain une plus grande place, nous sommes tous gagnants (à part quelques-uns je vous le concède). Oui, en fin de compte, nous sommes avant tout des humains, et pas des employés, des patrons ou des chômeurs, et c’est en permettant et en aidant l’humain en chacun de nous à s’épanouir, que tous ensemble nous nous porterons mieux.

Prenez bien soin de vous,

Pour en savoir plus sur la Fika :
www.madmoizelle.comwww.info.arte.tvwww.terrafemina.com

Michel A. pour Merci la Vie !

 

Le Meilleur d’ailleurs

… Guérir en dépit du verdict …

Le cancer ? Quel cancer ?

Aussi farfelue qu’elle puisse paraître, j’ai été émerveillée par l’histoire de Shin, un Japonais ergomane à qui on avait diagnostiqué un cancer du rein métastatique incurable. Voilà un mélange d’imaginaire poétique, d’instinct de survie et de sain détachement par rapport aux dogmes, me dis-je. Après l’avoir opéré, irradié, soumis à la chimio, son équipe médicale le renvoie chez lui cinq mois plus tard, avec son soluté planté dans le bras, pour qu’il puisse voler vers les anges en paix, persuadée que ses jours sont comptés.

Cet homme d’affaires prospère au mode de vie rigide commence par jeûner, puis à respirer dehors 42 minutes avant le lever du soleil parce qu’il a observé que l’air est chargé d’oxygène à ce moment-là et que les oiseaux se mettent à chanter. Shin renoue également avec le violoncelle dont il avait cessé de jouer 25 ans plus tôt et passe plusieurs jours par mois dans une retraite de source thermale de montagne, répandues au Japon. Il ajoute également un peu de câlinothérapie et une diète proche du macrobiotisme à sa cure jusqu’au-boutiste.

Plus de 25 ans plus tard, Shin se consacre à aider les gens atteints de cancer. Lorsqu’on n’a plus rien à perdre, on peut improviser et suivre son instinct, une partie du cerveau reptilien assoupie en Occident. Les médecins de Shin ont probablement inscrit « rémission spontanée » dans son dossier ; le terme consacré en médecine conventionnelle.

L’histoire de Shin est relatée avec moult détails dans le best-seller de la chercheuse américaine en oncologie intégrative Kelly A. Turner, Rémission radicale. « C’est la favorite des lecteurs », me glisse l’auteure domiciliée à Brooklyn, présentement en congé de maternité.

Une pure anecdote ointe à l’huile de serpent ? Non, une parmi les 999 autres que la chercheuse a puisées dans la littérature scientifique et sur le terrain. 1000, c’est un peu le nombre d’or en recherche, le chiffre à partir duquel on commence à vous prendre au sérieux. J’ai testé la démarche de Kelly A. Turner auprès de plusieurs médecins depuis la lecture de son livre l’été dernier ; chaque fois, ils ont haussé un sourcil. Une spécialiste en oncologie m’a même lancé à la blague : « Si mes patients suivent les recommandations de ce livre, je n’aurai plus de travail ! »

Plus radical que spontané

Kelly A. Turner ne se destinait pas à faire sa thèse de doctorat sur ces cas de rémissions plus radicales que spontanées. « Ce n’est pas du tout spontané, insiste-t-elle. Ces gens-là ont tous fait quelque chose, ce n’est pas arrivé par miracle. Simplement, la science les a ignorés parce qu’elle ne pouvait pas l’expliquer. Ça va à l’encontre de tout ce qu’on m’a enseigné : s’intéresser aux anomalies. Si Alexander Fleming avait fait la même chose, il serait passé à côté de la pénicilline. »

Mme Turner a consacré dix ans à son ouvrage de vulgarisation, un petit « miracle » en littérature oncologique. Pour sa recherche, elle a obtenu une bourse de l’American Cancer Society, entrepris un voyage de dix mois pour rencontrer une cinquantaine de guérisseurs des Philippines au Brésil, compilé une centaine d’entrevues directes et l’étude de 1000 comptes rendus (aujourd’hui 1500). L’oncologie intégrative a le vent dans les voiles aux États-Unis dans des hôpitaux spécialisés en cancérologie, où il n’est plus surprenant d’ajouter la méditation, le yoga ou la nutrition aux approches classiques.

Mais Kelly A. Turner a voulu percer le secret de ces patients condamnés par la médecine et qui s’en sortaient malgré tout. Et c’est là toute la valeur des recherches dont fait état Rémission radicale, paru en 2014 et déjà traduit en 20 langues. « J’ai voulu montrer également que le phénomène était universel. J’ai rencontré des gens partout et qui ont guéri, peu importe l’étape du cancer. »

Kelly A. Turner n’est pas contre la médecine occidentale, mais elle fut surprise d’être la première à s’intéresser scientifiquement à ces laissés-pour-compte qui viennent troubler les certitudes et défier les protocoles établis. « Pour la plupart, leur démarche ne coûte rien sauf du temps. 75 % des cancers se préviennent par le mode de vie. Il n’y a pas un sou à faire avec ça. J’aimerais approfondir mes recherches, mais il n’y a pas de médicaments à vendre au bout. Il me faudrait un million de dollars en financement… »

Neuf stratégies au programme

La chercheuse a eu la bonne idée de circonscrire les démarches des patients en un tronc commun composé de 75 approches différentes. Puis, elle a extrait neuf stratégies qu’utilisaient tous ces « miraculés » du cancer qui avaient abandonné les traitements classiques ou survécu malgré des pronostics sombres de moins de 25 % de chances de survie. Sur les neuf facteurs, dont l’alimentation et les suppléments, on en retrouve sept qui touchent à l’aspect mental, un domaine peu ou pas investi par les médecins.

« Ce que j’explique dans le livre n’est pas “ mes ” idées. Je ne peux pas affirmer si ces neuf facteurs vont guérir les gens, précise Kelly A. Turner. Tout ce que je peux dire, c’est : voici ce que ces survivants ont tous fait. Et voilà ce que la science dit sur ces neuf hypothèses dans des études randomisées contrôlées. »

Loin de prétendre offrir de faux espoirs ou culpabiliser ceux qui n’arrivent pas à s’en sortir, la chercheuse souhaite plutôt éveiller le public et les médecins à une approche plus novatrice à laquelle certains jeunes oncologues sont déjà sensibles. Et bien sûr, agir en amont, en termes préventifs et d’autonomisation des patients. Mme Turner s’attendait à être reçue très froidement par la communauté médicale ; au contraire, des médecins lui écrivent pour la remercier d’avoir examiné des cas qui demeuraient mystérieux dans leur pratique.

« Il y a pire que les faux espoirs, il y a la mauvaise science. Je ne pouvais pas, en toute conscience, ignorer quelque chose qui fonctionne. Ces gens-là ont trouvé une solution par eux-mêmes et nous agissons comme s’ils n’existaient pas. »

Ils ont peut-être, effectivement, quelque chose à nous enseigner. Ne serait-ce qu’un peu d’humilité devant l’improbable.

Un article de Josée Blanchette paru dans Le Devoir

Michel A. pour Merci la Vie !

 

Le Meilleur d’ailleurs

… Revenu universel de base …

L’idée d’un revenu universel de base fait son chemin dans plusieurs pays. Les Pays-Bas le testent dans plusieurs villes, la Finlande étudie sa mise en application pour 2017, certains y pensent en France, le Premier Ministre du Québec en a parlé et les Suisses voteront le 5 juin sur une initiative populaire réclamant la création d’un revenu de base inconditionnel.

Cette idée a aussi des opposants, qui évoquent le risque d’encourager une partie de la population à la paresse. Cet argument pourrait être valable à condition que le montant versé soit très élevé, mais avec 800 à 900 euros par mois (montant évoqué aux Pays-Bas et en Finlande), il ne tient pas du tout la route.

Quant à moi, je pense que les avantages dépassent de beaucoup les inconvénients, même avec un montant bien supérieur.


photo : TerraEco MFRB

Sur le plan collectif d’abord

Le système économique capitaliste mondialisé que l’on connaît aujourd’hui a conduit à une concentration insoutenable de la richesse. Quelques chiffres suffisent pour illustrer l’absurdité de la situation : début 2016, les 68 personnes les plus riches de la planète possèdent autant que les 3,5 milliards les plus pauvres. J’aurais envie de dire : « Plus inégalitaire et injustifié, tu meurs », au propre comme au figuré !

De nos jours, à part une poignée d’individus, tout le monde s’appauvrit. Et les écarts se creusent de plus en plus vite. Voulons-nous continuer ainsi ? N’oublions pas que la misère est le ferment des révolutions.

Dans tous les pays, on trouve des chômeurs et le plein emploi est une utopie, à moyen terme au moins. Le monde du travail est aussi très mouvant et demande une plus grande adaptation que par le passé. Mais surtout, je crois qu’il n’y a plus de corrélation réelle entre notre travail effectif et notre revenu (pensez seulement aux PDG des grandes banques de votre pays qui gagnent plusieurs millions par année, au fait qu’un vendeur de drogues gagne dix fois plus qu’un honnête employé).

Songez aussi que la précarité financière place les gens dans une situation matérielle et psychologique fragile. Elle créé un stress qui s’installe souvent durablement. Certaines personnes tombent dans l’angoisse. Les personnes les plus pauvres sont également les plus atteintes de maladies. L coût de tout cela se chiffre en milliards pour la société.

Sur le plan collectif, le stress, la peur, avec leur cortège de malaises et maladies dites de civilisation (est-ce cela être civilisé ?), agissent comme une chape de plomb. Aucun peuple ne peut s’épanouir dans de telles conditions, et c’est exactement ce qu’on peut observer actuellement sur notre planète.

Les avantages personnels

A la base, une personne qui saura pouvoir compter sur un revenu minimal assuré se sentira mieux qu’une personne en état matériel précaire. Cette assise pourra lui servir de tremplin, par exemple pour lancer sa propre entreprise, développer un projet, mieux s’occuper de sa famille, se perfectionner ou choisir peut-être un emploi moins payé, mais dans lequel elle se sent bien, plutôt que de devoir prendre un emploi dans lequel l’être ne s’épanouit pas.

En conclusion

Dans le contexte social, économique et financier actuel, un revenu de base assuré pour toute personne adulte semble à mes yeux davantage répondre à une nécessité sociale qu’à un luxe. Je suis certain qu’il permettrait d’améliorer la vie de beaucoup de monde et que l’on y gagnerait en paix sociale, convivialité et qualité de vie. Et comme les gens se sentiraient mieux, l’état de santé de la population s’améliorerait, avec de belles économies en prime.

Je vous invite à lire l’excellente interview de M. Philippe Van Parijs, professeur à la Faculté des sciences économiques, sociales et politiques de l’Université catholique de Louvain, accordée au journal Le Temps sur : www.letemps.ch

Michel A. pour Merci la Vie !

Le Meilleur d’ailleurs

… Connaissez-vous Cavedigger ? …

Dans le désert au nord du Nouveau-Mexique, là où le vent, le sable et le silence sont rois et maîtres, un homme solitaire et résolu, n’ayant que son fidèle chien pour compagnie, creuse et sculpte depuis 25 ans des cavernes artistiques à l’aide d’outils rudimentaires. Sans formation en art, architecture ou ingénierie, mais définitivement talentueux, Ra Paulette exemplifie brillamment, par l’entremise des œuvres magistrales que sa pelle, pioche et son racloir façonnent à même le grès informe des collines désertiques, le bonheur et contentement ascétiques d’être animé par une passion viscérale. Anodin? Sa détermination n’a d’égal que ses créations.

« L’effet grotte »
Si quelqu’un avait à juger ses grottes uniquement d’après leur étroite entrée débouchant sur un lugubre couloir ténébreux, il manquerait pour sûr l’opportunité d’y découvrir un intérieur mirifique, recelant des temples poétiques aux colonnes ornementées et finement travaillées, d’une beauté absolument fantasmagorique, surréelle. Difficile de ne pas faire un parallèle avec la richesse intérieure du sculpteur, voire de l’être humain. Après tout, le monde extérieur n’est-il pas un pâle reflet du monde intérieur?… Ra se voit comme un magicien jouant avec les espaces naturels et les juxtapositions d’opposés, notamment du clair-obscur, ici invoqué par l’engouffrement caverneux baigné d’une lumière apaisante. C’est ce qu’il appelle « l’effet grotte ». Suffit de contempler l’un de ses chef-d’œuvres (900 heures de travail) intitulé « L’arbre de la gentillesse humaine », pour en ressentir à distance tout l’apaisement s’en dégageant. De quoi convaincre un claustrophobe…

Ra-Paulette-Cavedigger-3    Ra-Paulette-Cavedigger-4

Faire et refaire
Telle est sa stricte passion, question de renouveler continuellement son émerveillement : creuser une grotte, la sculpter et passer à la suivante. L’argent ne fait aucunement partie du processus créatif, pas plus qu’il est une source de motivation. Pourtant, certaines de ses cavernes, habitables et commandées par des résidents locaux, sont présentement évaluées à environ un million de dollars!… Solide, muet et impassible comme le roc, cet artiste du monde minéral laisse les autres s’enrichir sur le dos de son art sculptural, comme s’il s’agissait là d’une impureté qu’il lui faudrait autrement racler des lisses parois de ses sanctuaires gréseux. Et aux personnes qui trouvent que Ra est obsédé par le fait de creuser et sculpter incessamment, il répond ceci : « Est-ce que vous diriez d’un enfant qu’il est obsédé par le jeu? […] Quand vous faites quelque chose que vous aimez, et qui vous attire, vous voulez le faire tout le temps ».

« Je vois cela comme un projet environnemental. J’essaie de créer des sentiments »
Ce souhait sera manifestement exaucé au terme de sa dernière réalisation : « Magnum Opus », l’apogée, la somme des tous ses apprentissages acquis au cours des 25 dernières années et réunis en un seul endroit, se voulant une retraite curative, un véritable havre de paix souterrain où cascades, bassin aquatique et jeux de lumières tamisées offriront, embellis par des dorures et incrustations peintes, une atmosphère immersive de sérénité aussi singulière que naturelle aux gens qui voudront bien en profiter. En leur offrant ainsi cet espace de recueillement, Ra Paulette cherche à ce qu’« Au moins… un instant… ou un moment plus prolongé, ils puissent faire l’expérience d’une meilleure compréhension de leurs sentiments, d’eux-mêmes et de la vie. »

Voir la vidéo

Pour voir la bande-annonce du documentaire Cavedigger réalisé par Jeffrey Karoff : cliquer ici

Patrix pour Merci la Vie !

Le Meilleur d’ailleurs

… Marinaleda – La Ville des Insoumis …

Au sud de l’Espagne, en Andalousie, il existe une petite municipalité pas comme les autres. Ceinturée de terres agricoles et de champs d’oliviers, depuis plus de 30 ans, elle rame à contre-courant du système capitaliste sauvage qui exacerbe les inégalités sociales pour matérialiser un vieux rêve encore jugé à tort utopique : liberté, égalité et paix pour ses quelques 3000 habitants. Force est d’admette que la ville de Marinaleda surprend : sans policiers, sans corruption, sans délinquance, sans itinérants, et surtout, sans asservissement aux banques, car comment s’endetter avec un salaire fixe de 1200 euros par mois – peu importe que le citoyen oeuvre dans un champ, un bureau ou une usine – quand la plupart des services (santé, éducation, activités culturelles et sportives, et même internet !) sont gratuits ou très peu onéreux ? Le logement ? Pas de place aux spéculations immobilières : chaque famille a droit à une maison bâtie sur le principe de l’auto construction en partenariat avec la ville et le gouvernement andalou et dont le loyer n’est que de 15 euros mensuellement. Qui dit mieux en temps de crise ?

    

Le jour où les esclaves ont dit « Basta ! »
C’est à la fin de la dictature de Franco, en 1976, que le village prend forme. Il est à l’époque miséreux, dépourvu d’infrastructures routières, électriques et d’aqueducs. Nada. Que des champs à perte de vue, des familles pauvres et des cultivateurs exploités par l’un des plus riches propriétaires d’Espagne, le Duc de l’Infantado. Mais l’esclavage a assez duré. Les journaliers se rebellent, unissent leurs forces, créent un syndicat d’ouvriers agricoles et se lancent dans une longue opération de résistance dont l’objectif ultime est la revendication des terres sur lesquelles ils s’éreintent et s’appauvrissent. Amendes, pressions et répressions ne suffisent pas à étouffer leurs manifestations, occupations, et grèves de la faim. En 1991, ils récoltent enfin ce qu’ils ont semé : l’État leur concède 1250 hectares de terres appartenant au Duc qui les exploitait… Une première historique en Andalousie. Celles-ci deviendront le bien commun de tous les habitants qui s’y installeront pour s’épanouir…

« Nous croyons sincèrement qu’il n’y a pas de futur qui ne soit construit sans le présent »
Juan Manuel Sanchez Gordillo, réélu 8 fois maire de Marinaleda depuis sa première élection en 1979, est l’un des instigateurs de ce vent de changement socio-économique. N’ayant d’autres fondements initiaux que la solidarité et la collectivité, et sans être parfaite, la communauté autogérée s’est depuis considérablement développée, adoptant un système coopératif aussi cohérent qu’efficace, réinvestissant tous les bénéfices en son sein pour créer et répartir équitablement les services et le travail. Toutes les décisions sont prises aux assemblées municipales, où chaque citoyen a droit de parole et donne un vote qui compte vraiment. Les sujets traités sont variés, allant des prochains légumes à cultiver aux questions internationales… Sanchez Gordillo explique leur réussite : « Pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que ce sont nos solutions qui marchent […] Ce qui n’a pas de sens, c’est ce qui se fait ailleurs. Et qu’on ne vienne pas me dire que notre expérience n’est pas transposable : n’importe quelle ville peut faire la même chose si elle le souhaite. »

Pour regarder le reportage de 26 minutes Marinaleda – Les insoumis réalisé par Yannick Bovy en mars 2015 : Voir la vidéo

Patrix pour Merci la Vie !