Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 83

Il n’y a rien que je suis censé faire

Face à cette affirmation, vous me direz peut-être : « Mon ami, moi je dois m’arrêter au feu rouge, payer mes impôts et manger tous les jours, même si j’aimerais faire autrement. Je n’échappe pas à ces obligations. »

Effectivement, on peut voir ces actions comme des obligations, auxquelles on ne peut échapper. On peut cependant les voir sous un autre angle, soit comme des actions faites de bonne grâce (volontairement). L’énergie qui sous-tend l’action est radicalement différente. J’en ai fait l’expérience. Alors, ne me croyez pas, essayez et vous comprendrez mieux ce que je veux dire.

Dans mes cours à l’université, je suis toujours le plus âgé. Certains camarades d’étude me trouvent cool, et d’autres m’ont fait comprendre à mi-mots qu’ils me trouvent un peu bizarre. J’ai compris entre les lignes que, selon eux, je serais censé, à mon âge, avoir un emploi avec un bon salaire et une situation stable. Je n’entre pas dans leur vision « académique de la vie ».

Au début, ça m’a fait sourire, puis j’y ai vu une invitation à retourner voir en-dedans ce que je souhaitais vraiment. Vous savez, ce type de questionnements n’est pas nouveau pour moi, car mon père aussi m’a souvent fait ce genre de remarques : « À ton âge, tu devrais… »

Je devrais quoi ? Que suis-je censé faire ou être ? Serais-je un automate, avec un programme prédéterminé, censé répondre aux attentes de la famille et de la société, gagner de l’argent, payer une hypothèque, avoir un VUS et une piscine ?

Je ne m’y suis jamais résolu, et, voyez-vous, cela m’a bien servi. Car accepter d’être censé faire quelque chose équivaut pour moi à renoncer à ma liberté et à donner à autrui le pouvoir de décider de ma vie. Alors, commence la longue liste des obligations…

J’ai préféré m’appuyer sur la vision « Il n’y a rien que je suis censé faire ». Quand je fais quelque chose, je « choisis » de le faire. Par exemple, je m’arrête au feu rouge parce que je sais que c’est plus sécuritaire pour tous. Si je prends la voiture et que je me retrouve dans un bouchon, j’en accepte la responsabilité. Puisque c’était mon choix de partir en voiture, il ne m’est plus possible de crier au scandale ou de critiquer la mauvaise gestion du trafic. Bye bye victime, et finie la déperdition d’énergie qui vient avec !

Appliquée au quotidien, cette approche m’a rapidement sorti du monde des « ça ne devrait pas être comme ceci » et « ça devrait être comme cela », ce monde de jugements et de pseudo-obligations qui semble si lourd. Quand le sac à dos que je porte me semble trop lourd, je me rappelle que je peux le poser. Bien sûr, je le réendosse régulièrement, mais de moins en moins souvent, car il y a maintenant en moi cette petite voix familière qui me rappelle que je peux juste « être » ce que je suis, sans rien devoir ajouter.

Namasté,

Jean-Daniel