Michel Arnaboldi

Les billets de Michel A.

À l’école de l’amour

Ça ne paraît peut-être pas en voyageant dans le métro ou en regardant la télé, mais oui, nous sommes à l’école de l’amour. La Terre est, à mon humble avis, une planète-école universelle de l’Amour.

On balbutie, on tâtonne et on hésite encore beaucoup, mais on avance. La conscience de l’amour grandit. Vous en doutez ? J’ai de bons arguments qui penchent de mon côté, vous savez. Je vous en donne quelques-uns en vrac et sans ordre d’importance : l’égalité homme-femme devient une priorité grandissante à l’échelle planétaire, la protection de l’environnement s’impose comme une nécessité, les inégalités sociales et salariales sont remises en question, les gens se tournent de plus en plus vers une médecine intégrative en phase avec notre biologie, les discours politiquement corrects ne convainquent presque plus personne, le matérialisme n’arrive plus à compenser nos besoins intérieurs refoulés, les écoles alternatives se développent, de plus en plus de gens veulent une alimentation saine et de proximité.

Il n’y a pas à s’étonner que les anciennes façons de faire ne satisfassent pas les générations nouvelles, ni une partie des anciennes non plus. L’humanité cherche autre chose, elle a besoin d’autre chose !

La force active derrière ces changements de comportement est l’amour. L’amour en action, qui stimule nos consciences, modifie nos intérêts, transforme notre ADN. Oui, ça va bien sûr jusque là, puisque tout est lié, le haut et le bas, le subtil et le dense.

L’amour nous réveille à nous-mêmes, nous appelle à revenir à ce que nous sommes. L’entendez-vous ? Sentez-vous l’appel de votre cœur, de la Terre-Mère, des étoiles ? Oui, alors je sous invite à l’écouter et à suivre cet élan, car l’amour est notre meilleur guide, car l’amour est notre nature première et éternelle.

Michel A.

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 80

Laisser mûrir

Nous sommes allés faire un tour en Estrie en fin de semaine. Corinne voulait voir l’école qui l’a contactée, et visiter Magog ainsi que les environs, pour voir comment elle s’y sentait et à quoi ressemble la région.

L’école se trouve en périphérie de la ville. Outre le bâtiment, elle comprend un bel espace de jeu et un grand terrain aménagé de végétation. Ça lui a tout de suite plu. Son école actuelle est située en ville, et à part de l’asphalte, il n’y a pas grand chose, ce qu’elle trouve triste pour les enfants.

Après avoir fait le tour de l’école, nous sommes allés nous balader dans le Marais de la Rivière aux Cerises, un magnifique espace naturel situé non loin de là. Corinne avait besoin de parler, ça l’aide à voir clair dans ses pensées. L’opportunité lui semble belle de pouvoir enseigner et évoluer dans un environnement plus en accord avec ses valeurs, mais quitter l’école gouvernementale où elle enseigne équivaut  à perdre sa sécurité d’emploi et quelques avantages sociaux. Nous en avons donc parlé, ainsi que de mes aspirations. N’étant pas encore au clair sur ce que je souhaite faire, je lui ai dit que pour moi, Québec ou Magog ne faisait pas une grande différence au niveau professionnel.

Chose certaine, la région nous plaît à tous les deux. Bien entendu, si nous déménageons, nous ne verrons plus autant notre famille ni notre cercle d’amis actuel. Une vie nouvelle serait à rebâtir. Sommes-nous prêts à cela ? Un mélange d’excitation et de doutes flottait autour de nous, ainsi que pas mal de bibittes. Heureusement, Corinne avait pensé au chasse-moustiques.

Parfois la vie nous impose une direction, sous la forme d’un licenciement ou d’une maladie, et parfois elle nous laisse le choix de lui donner nous-mêmes une nouvelle orientation. Sommes-nous parfois testés dans notre foi et la manifestation de nos valeurs ? Y aurait-il des promotions ? Peut-être. Comme Corinne va rencontrer la directrice de l’école à la fin du mois, nous avons donc encore le temps de laisser mûrir.

Je vous dirai ce qu’il en est à la rentrée. D’ici là, bon été et bonnes vacances !

Jean-Daniel

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 79

Penser autrement

Mon projet de réorientation professionnelle a donné des idées à Corinne. Elle aime son emploi d’enseignante spécialisée, mais l’environnement dans lequel elle évolue lui impose beaucoup de limites. Dans le domaine de l’enseignement comme de la psychologie, les dogmes ont pris bien de la place.

Corinne aimerait pouvoir écouter davantage son intuition et sa guidance intérieure, plutôt que de suivre des programmes et protocoles tout cuits. Elle comprend leur utilité, mais observe également les limites de cette approche. Comme elle le dit, chaque enfant est différent, alors pourquoi imposer à tous les mêmes matières d’apprentissage au même rythme ?

À l’écouter, je comprends que le personnel de son école, et ce doit être semblable partout, vit insidieusement dans un climat de peur, la peur de faire une entorse au règlement et de tomber sous le coup d’une enquête. Difficile de déployer ses ailes dans ces conditions.

Suite à nos discussions et réflexions, Corinne à spontanément contacté quelques écoles alternatives, question de savoir si ses services pourraient s’insérer dans ce cadre-là. Ce qu’il y a de très marrant, c’est qu’une école est intéressée et aimerait la rencontrer pour en discuter sérieusement. Pour Corinne, c’était un projet à moyen ou long terme. La voilà donc bousculée, car l’offre lui parle beaucoup.

Trop énervée, elle n’arrivait pas à s’endormir ce jour-là. Pour moi, il était amusant et instructif de l’écouter et de l’observer. Son corps et ses paroles exprimaient tantôt les hésitations et les craintes de son mental, tantôt l’élan et l’enthousiasme de son âme et de son cœur. Comme je n’étais par trop impliqué émotionnellement, il m’était facile de faire la différence, mais pour Corinne, rien ne semblait si simple.

Comme ce nouvel emploi impliquerait un déménagement en Estrie, nous avons passé une partie de la nuit à discuter. Étonnamment, l’idée de déménager m’a plu tout de suite. Je veux dire par là que j’ai ressenti comme un « Oui » à l’intérieur de moi, de la même manière que pour mon voyage en Inde. Pour Corinne, après un premier élan très enthousiaste, les résistances dues à la peur sont apparues. C’est de cela surtout dont nous avons longuement parlé, pour savoir à quelle partie de nous nous allions confier cette importante décision.

D’un côté, il y avait notre cher ego, qui s’est donné comme mission de nous protéger. Comme on le sait, il déteste l’inconnu et se réfère toujours au passé pour prendre sa décision, même s’il ignore totalement de quoi sera fait demain. De l’autre, il y avait l’élan du cœur, une résonance intérieure non descriptible et pourtant bien vivante.

Je me suis rappelé une citation que j’avais écrite sur un papier avant mon départ en Inde et épinglée sur le mur de ma chambre : « Le courage, ce n’est pas de ne plus ressentir de peurs, mais d’oser les regarder en face. » Pour moi, il n’y avait plus d’hésitation, même si la proposition que la vie nous lançait ravivait certaines craintes. Quant à Corinne, même si elle préférait ne pas prendre de décision « irréfléchie », je n’avais aucun doute sur l’issue.

Namasté,

Jean-Daniel

Les billets de Michel A.

La fréquence du cœur

La souffrance, vous connaissez ? Qui ne la connaît pas, me direz-vous avec justesse. C’est un peu la bête noire de notre humanité, que l’on fuit comme la peste au Moyen Âge. Une petite question : fuir sa souffrance, est-ce une solution efficace ? Non ! Il en existe pourtant une.

Longtemps mon monde intérieur a ressemblé à un champ de mines. Mentalement, j’essayais de contourner mes peurs, de contrôler mes accès de colère et d’étouffer mes peines. Je vivais avec des non-dits, alourdi par la culpabilité et des croyances étouffantes. Je fuyais mon monde intérieur, car j’avais peur d’écouter et de regarder en face tout ce qui s’agitait en moi, croyant que cela allait exploser et m’anéantir.

Durant toutes ces années, j’ai essayé mentalement de contenir et réduire ce feu bouillonnant, sans y parvenir. Par expérience, je sais aujourd’hui qu’une souffrance non accueillie ne peut que perdurer. Et qu’elle perdurera tant qu’elle n’aura pas été apaisée.

La clef qui a fait la différence pour moi a été la fréquence du cœur. C’est l’énergie retrouvée de mon cœur qui m’a permis d’accueillir avec douceur et compassion mes émotions, pensées, croyances, etc., y compris les plus sombres, sans les juger. Même si dans l’absolu il n’y a rien à pardonner, j’ai regardé mes actions, pensées et sentiments avec une énergie suffisamment aimante pour qu’il n’y ait plus de place pour la critique et le jugement, pour ne plus vouloir que ma vie ait été différente et pour pouvoir me pardonner.

C’est cette énergie d’amour, de pardon et de compassion, qui m’a permis de déposer une partie de mes lourdeurs. Oh, il en reste encore, mais je goûte déjà à une plus grande légèreté, et ça fait tellement de bien.

Quand un jugement, une peur, un élan de colère ou de tristesse apparaît, plutôt que de nous contracter et de le rejeter, nous pouvons développer l’habitude de nous connecter à notre cœur et de nous ouvrir à l’amour. Voyez-vous, ce genre de miracle est à la portée de tous, de chaque cœur prêt à s’ouvrir pour permettre à l’amour infini de l’univers de le nourrir et de l’apaiser.

Namasté,

Michel A.

Énigme

Amusez-vous à trouver la solution à cette énigme et courez la
chance de gagner une jolie surprise.

Visible et pourtant insaisissable,
Toujours en mouvement et modulable,
Parfois léger et flottant,
D’autres fois noir et menaçant,
L’air et l’eau sont mes éléments,
À l’horizon comme au firmament.
Qui suis-je ?

Pour participer, inscrivez-vous à l’Infolettre « Merci la Vie » et
faites-nous parvenir votre réponse à : enigme@merci-la-vie.com
Le tirage au sort aura lieu le 1er septembre. Bonne chance !

Bravo à Aldo Wafer, gagnant du précédent tirage.
La réponse à l’énigme était « gravité ».

Sans moi tout est léger,
Et on peut m’exprimer.
Mais du centre à l’idée,
Une pomme est bien tombée.
Qui suis-je ?

La blague de Mamie Choupie

Un homme début trentaine est perplexe après avoir consulté un conseiller financier :
J’ai bien entendu ce que vous m’avez dit sur la situation internationale et sur
les chances de rebond de notre économie, mais est-ce là une incitation
à acheter, à vendre ou à sauter par la fenêtre ?

mamie-2

Les billets de Michel A.

Merci à vous Monsieur Trump !

À son âge et avec sa fortune, M. Trump pourrait se la couler douce dans une villa au bord d’une belle mer chaude aux eaux turquoises. À sa place, c’est peut-être ce que j’aurais fait. Mais non, lui, il a bataillé pour devenir président des États-Unis. Peut-être d’abord par ambition personnelle, mais quand même. Et voilà un homme des plus critiqués et haïs au monde.

L’autre jour, je ne filais pas du bon coton, alors je suis allé m’allonger et j’ai regardé au fond de moi, question de trouver une solution. Ce que j’ai vu en dedans de moi, c’est d’abord un vide. Je ne pouvais pas clairement voir si c’était vide, ou si l’espace avant été vidé. J’ai ressenti l’inconsistance de ce vide et ça m’a fait penser à la politique menée par M. Trump, cette façon de naviguer à vue comme un capitaine qui aurait perdu sa carte et sa boussole.

Ce n’était pas une critique envers M. Trump, mais une observation, la constatation qu’il est impossible de conduire sa vie extérieure avec lucidité et maîtrise, quand l’intérieur manque de consistance, de présence, de clarté. Je trouve que Donald Trump (il n’est pas le seul, mais lui, difficile de le manquer) a endossé le rôle ingrat de nous renvoyer l’image de ce qui se passe lorsque cette base intérieure n’est pas suffisamment présente ni stable.

Oh, il y a beaucoup de bonnes personnes et de merveilleux mouvements citoyens partout sur la planète. Nous assistons à un éveil des consciences, c’est certain. Cela, je le vois bien. Nous sommes très nombreux à aspirer à une société plus belle, plus solidaire, plus juste, plus vivante, et à en être les acteurs et les créateurs au quotidien. Ce mouvement est enthousiasmant, mais on dirait quand même qu’il y a un vide à l’intérieur de bien des hommes et des femmes de notre monde, un vide existentiel qu’on peut chercher à combler extérieurement de plein de façons.

Expérience faite, ni les jeux vidéo, le sport, les lectures spirituelles, la télévision… (je n’ai pas essayé la drogue, mais c’est pareil je le sais)… ne peuvent nous remplir de l’essence de Soi. Cette plénitude que nous cherchons tous, cette complétude paisible et nourricière, ne peut venir que de l’intérieur.

Michel A.

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 78

La vie est bien faite

Trouvez-vous que la vie est bien faite ? Après être allé chez ma sœur en fin de semaine, je réponds clairement par : OUI. Nous avons passé quelques heures ensemble, avec elle et ses deux enfants. Son plus grand, Martin, voulait faire du soccer et Alice du vélo. Alors, on s’est rendu au parc.

Les enfants s’amusaient et riaient, le ciel et la nature déployaient leur beauté, les gens étaient heureux en ce jour de printemps. Je n’ai pas de doute que la vie est bien faite, même si, lorsque je vois la misère, la maladie ou les guerres, je me dis que quelque chose ne tourne pas rond. Mais ce n’est pas la faute à la vie, c’est nous qui choisissons de goûter encore à la séparation et à la peur, à oublier l’amour et la beauté que nous sommes.

C’est sûr, si on le voulait, tous ensemble, il n’y aurait plus de guerres et de malheurs. Si on se serrait les coudes, il n’y aurait plus de peurs. On n’en est pas là, je le sais bien, il y a juste à regarder la télé pour s’en rendre compte, mais ce n’est pas grave. La vie est patiente avec nous, les humains, elle sait qu’un jour nous nous retrouverons, et ferons la paix, que nous serons la paix et rayonnerons notre amour.

J’en ai parlé avec ma sœur pendant que Martin et Alice s’amusaient avec d’autres enfants du quartier, question de voir ce qu’elle en pensait. Sa réponse a été : « oui, ça serait bien ». De toute évidence, ce sujet ne l’intéressait pas. Son cœur de mère était absorbé par ce que faisaient ses enfants, et sa tête par le souper à préparer, le linge à laver et un tas de trucs du genre.

Des réflexions de cette nature ne font pas partie de son quotidien, alors je n’ai pas insisté. Nous passions un merveilleux moment ensemble, et je l’aimais telle qu’elle était là, non pas comme j’aurais aimé qu’elle soit, mais bien telle qu’elle était, avec ses préoccupations, ses rêves et ses limitations. En fait, tout cela était passé à l’arrière plan. Au premier plan de ma conscience, il n’y avait pour une rare fois que l’amour que je ressentais pour elle.

Sur le coup, je me suis rappelé la citation de Gandhi : « Sois le changement que tu veux voir dans le monde. » Je me la rappelle quand j’ai tendance à juger ou critiquer, ça me ramène à ma place, celle d’un apprenti de la vie qui n’a pas de leçon à donner. On est tous pareils, on veut faire nos expériences, et si vous êtes comme moi, vous n’aimez pas recevoir de conseils quand vous n’avez rien demandé.

Un peu après, nous sommes rentrés chez ma sœur prendre une bonne collation. Elle nous a servi à boire, des fruits, un bon gâteau de son cru et toute une variété de noix. Je vous le dis, la vie est bien faite !

Namasté,

Jean-Daniel

Les billets de Michel A.

C’est beaucoup plus simple que je le croyais

Depuis bien des années, malgré mes efforts et de nombreuses prises de conscience, ma vie ne s’est pas transformée comme je le voulais. Il y a bien eu quelques améliorations, par exemple dans mes relations aux autres, mais pour le reste, je fais face aux mêmes défis. Bon an mal an, je tourne en rond dans les mêmes schémas de pensées et d’attitudes, ce qui donne évidemment les mêmes résultats.

Mes deux grosses pierres d’achoppement sont mes jugements et mes attentes. Je vous explique, car je crois avoir mieux compris pourquoi ces deux attitudes, qui vont de paire, bloquent la situation.

Derrière tout jugement, il y a une croyance qui dit en résumé  « Ce n’est pas cessé être comme ceci » et une attente qui déclare « Ça devrait être comme cela ». Je pense que vous voyez bien de quoi je parle. Mais d’où proviennent nos jugements et nos attentes ? De notre mental, en lien avec nos croyances, nos peurs, nos conditionnements, etc.

J’ai compris que lorsque je juge une personne ou une situation, je génère en moi une tension, une résistance et entre en état de lutte. Or, cet état de lutte gruge beaucoup d’énergie, ce qui est déjà très nuisible pour la santé soit dit en passant, mais en plus cette attitude me maintient dans ce que j’appelle des basses fréquences, comme la frustration, la colère, l’animosité et j’en passe. En jugeant, c’est moi en premier que je pénalise. Doublement, car je bloque en plus la connexion avec les fréquences plus raffinées qui apportent légèreté, joie et guérison.

Mais alors, comment goûter à la détente, à la paix et à la joie ?

Ne pas juger est un conseil souvent prodigué par les sages. Aujourd’hui, je comprends mieux pourquoi. Vivre dans le jugement et les attentes, c’est vivre à contre courant de la vie, dépenser son énergie inutilement et se priver des plus belles fréquences qu’elle met constamment à notre disposition.

Je crois que le chemin qui mène à l’amour inconditionnel est plus simple que je l’imaginais : accueillir ce que la Vie m’offre sans juger ni rien exiger, et faire des choix librement et consciemment à partir de mon cœur, ouvert à toutes les possibilités et sans attente.

Je suis convaincu que mon cœur connaît de tout temps ce qu’il y a de meilleur pour moi, en harmonie avec le Tout. Alors, pourquoi ne pas laisser tomber le contrôle et le combat, me laisser guider par le cœur et simplement laisser les choses survenir ? Je pense qu’en sortant des structures du mental et de ses limitations, en vivant avec et par mon cœur, je permets (enfin !) à la Vie de déployer Sa magie dans mon quotidien !

Michel A.

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 77

Ma vie ne sera plus un combat

Dans la communauté de Navdanya, en Inde, régnait une paix palpable, vivante. Vivre dans une ambiance fraternelle nourrie de compassion durant tous ces mois a été une expérience merveilleuse. Cette paix m’a souvent manqué par la suite.

Gandhi prônait et invitait à la non-violence, une non-violence qui commence à l’intérieur de soi, pour se manifester dans le monde. Si la guerre règne en soi, comment pourrions-nous répandre la paix autour de nous ? Simple évidence. Mais comment atteindre la paix lorsque l’on est pris avec des sentiments d’injustice, des peurs, ou de la colère, de la tristesse ?

J’ai écrit en titre « Ma vie ne sera plus un combat » car je suis las de me battre. De me battre avec la Vie, les autres et avec moi. Ce besoin de déposer les armes s’est imposé à moi d’un seul coup, alors que Corinne et moi avions un différent. Malgré ses encouragements, elle n’était pas si à l’aise avec ma décision de quitter mon emploi pour suivre mes élans intérieurs. Ma situation financière précaire a ravivé quelques peurs chez elle, et quand on en a parlé, la discussion a un peu dérapé.

Alors qu’un mouvement de colère allait émerger en moi et se déverser sur Corinne, j’ai senti cette même vague intérieure s’effondrer sur elle-même et s’aplatir en totalité. Un amour immense avait pris la place. C’est cet amour qui a balayé la colère et m’a fait voir d’un coup l’inutilité, l’absurdité de la confrontation. Une évidence s’imposait dans ma conscience : « Je l’aime, ça n’a pas de sens de me disputer avec elle ! »

Avec douceur, je me suis approché d’elle et je l’ai serrée dans mes bras. Elle a été si surprise qu’elle n’a pas réagi. J’ai senti ses tensions se relâcher, ses épaules s’abaisser, puis elle a redressé la tête, m’a regardé et souri timidement, comme si elle comprenait sans comprendre ce qui venait de se passer. Je sais que nos cœurs, eux, avaient compris.

On est resté un moment ainsi, puis la vie a repris son cours. Un parfum de légèreté et de douceur flottait à présent dans l’air. Que c’était bon !

Namasté,

Jean-Daniel