Archives mensuelles : mai 2018

La blague de Mamie Choupie

Un homme début trentaine est perplexe après avoir consulté un conseiller financier :
J’ai bien entendu ce que vous m’avez dit sur la situation internationale et sur
les chances de rebond de notre économie, mais est-ce là une incitation
à acheter, à vendre ou à sauter par la fenêtre ?

mamie-2

Les billets de Michel A.

Merci à vous Monsieur Trump !

À son âge et avec sa fortune, M. Trump pourrait se la couler douce dans une villa au bord d’une belle mer chaude aux eaux turquoises. À sa place, c’est peut-être ce que j’aurais fait. Mais non, lui, il a bataillé pour devenir président des États-Unis. Peut-être d’abord par ambition personnelle, mais quand même. Et voilà un homme des plus critiqués et haïs au monde.

L’autre jour, je ne filais pas du bon coton, alors je suis allé m’allonger et j’ai regardé au fond de moi, question de trouver une solution. Ce que j’ai vu en dedans de moi, c’est d’abord un vide. Je ne pouvais pas clairement voir si c’était vide, ou si l’espace avant été vidé. J’ai ressenti l’inconsistance de ce vide et ça m’a fait penser à la politique menée par M. Trump, cette façon de naviguer à vue comme un capitaine qui aurait perdu sa carte et sa boussole.

Ce n’était pas une critique envers M. Trump, mais une observation, la constatation qu’il est impossible de conduire sa vie extérieure avec lucidité et maîtrise, quand l’intérieur manque de consistance, de présence, de clarté. Je trouve que Donald Trump (il n’est pas le seul, mais lui, difficile de le manquer) a endossé le rôle ingrat de nous renvoyer l’image de ce qui se passe lorsque cette base intérieure n’est pas suffisamment présente ni stable.

Oh, il y a beaucoup de bonnes personnes et de merveilleux mouvements citoyens partout sur la planète. Nous assistons à un éveil des consciences, c’est certain. Cela, je le vois bien. Nous sommes très nombreux à aspirer à une société plus belle, plus solidaire, plus juste, plus vivante, et à en être les acteurs et les créateurs au quotidien. Ce mouvement est enthousiasmant, mais on dirait quand même qu’il y a un vide à l’intérieur de bien des hommes et des femmes de notre monde, un vide existentiel qu’on peut chercher à combler extérieurement de plein de façons.

Expérience faite, ni les jeux vidéo, le sport, les lectures spirituelles, la télévision… (je n’ai pas essayé la drogue, mais c’est pareil je le sais)… ne peuvent nous remplir de l’essence de Soi. Cette plénitude que nous cherchons tous, cette complétude paisible et nourricière, ne peut venir que de l’intérieur.

Michel A.

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 78

La vie est bien faite

Trouvez-vous que la vie est bien faite ? Après être allé chez ma sœur en fin de semaine, je réponds clairement par : OUI. Nous avons passé quelques heures ensemble, avec elle et ses deux enfants. Son plus grand, Martin, voulait faire du soccer et Alice du vélo. Alors, on s’est rendu au parc.

Les enfants s’amusaient et riaient, le ciel et la nature déployaient leur beauté, les gens étaient heureux en ce jour de printemps. Je n’ai pas de doute que la vie est bien faite, même si, lorsque je vois la misère, la maladie ou les guerres, je me dis que quelque chose ne tourne pas rond. Mais ce n’est pas la faute à la vie, c’est nous qui choisissons de goûter encore à la séparation et à la peur, à oublier l’amour et la beauté que nous sommes.

C’est sûr, si on le voulait, tous ensemble, il n’y aurait plus de guerres et de malheurs. Si on se serrait les coudes, il n’y aurait plus de peurs. On n’en est pas là, je le sais bien, il y a juste à regarder la télé pour s’en rendre compte, mais ce n’est pas grave. La vie est patiente avec nous, les humains, elle sait qu’un jour nous nous retrouverons, et ferons la paix, que nous serons la paix et rayonnerons notre amour.

J’en ai parlé avec ma sœur pendant que Martin et Alice s’amusaient avec d’autres enfants du quartier, question de voir ce qu’elle en pensait. Sa réponse a été : « oui, ça serait bien ». De toute évidence, ce sujet ne l’intéressait pas. Son cœur de mère était absorbé par ce que faisaient ses enfants, et sa tête par le souper à préparer, le linge à laver et un tas de trucs du genre.

Des réflexions de cette nature ne font pas partie de son quotidien, alors je n’ai pas insisté. Nous passions un merveilleux moment ensemble, et je l’aimais telle qu’elle était là, non pas comme j’aurais aimé qu’elle soit, mais bien telle qu’elle était, avec ses préoccupations, ses rêves et ses limitations. En fait, tout cela était passé à l’arrière plan. Au premier plan de ma conscience, il n’y avait pour une rare fois que l’amour que je ressentais pour elle.

Sur le coup, je me suis rappelé la citation de Gandhi : « Sois le changement que tu veux voir dans le monde. » Je me la rappelle quand j’ai tendance à juger ou critiquer, ça me ramène à ma place, celle d’un apprenti de la vie qui n’a pas de leçon à donner. On est tous pareils, on veut faire nos expériences, et si vous êtes comme moi, vous n’aimez pas recevoir de conseils quand vous n’avez rien demandé.

Un peu après, nous sommes rentrés chez ma sœur prendre une bonne collation. Elle nous a servi à boire, des fruits, un bon gâteau de son cru et toute une variété de noix. Je vous le dis, la vie est bien faite !

Namasté,

Jean-Daniel

Les billets de Michel A.

C’est beaucoup plus simple que je le croyais

Depuis bien des années, malgré mes efforts et de nombreuses prises de conscience, ma vie ne s’est pas transformée comme je le voulais. Il y a bien eu quelques améliorations, par exemple dans mes relations aux autres, mais pour le reste, je fais face aux mêmes défis. Bon an mal an, je tourne en rond dans les mêmes schémas de pensées et d’attitudes, ce qui donne évidemment les mêmes résultats.

Mes deux grosses pierres d’achoppement sont mes jugements et mes attentes. Je vous explique, car je crois avoir mieux compris pourquoi ces deux attitudes, qui vont de paire, bloquent la situation.

Derrière tout jugement, il y a une croyance qui dit en résumé  « Ce n’est pas cessé être comme ceci » et une attente qui déclare « Ça devrait être comme cela ». Je pense que vous voyez bien de quoi je parle. Mais d’où proviennent nos jugements et nos attentes ? De notre mental, en lien avec nos croyances, nos peurs, nos conditionnements, etc.

J’ai compris que lorsque je juge une personne ou une situation, je génère en moi une tension, une résistance et entre en état de lutte. Or, cet état de lutte gruge beaucoup d’énergie, ce qui est déjà très nuisible pour la santé soit dit en passant, mais en plus cette attitude me maintient dans ce que j’appelle des basses fréquences, comme la frustration, la colère, l’animosité et j’en passe. En jugeant, c’est moi en premier que je pénalise. Doublement, car je bloque en plus la connexion avec les fréquences plus raffinées qui apportent légèreté, joie et guérison.

Mais alors, comment goûter à la détente, à la paix et à la joie ?

Ne pas juger est un conseil souvent prodigué par les sages. Aujourd’hui, je comprends mieux pourquoi. Vivre dans le jugement et les attentes, c’est vivre à contre courant de la vie, dépenser son énergie inutilement et se priver des plus belles fréquences qu’elle met constamment à notre disposition.

Je crois que le chemin qui mène à l’amour inconditionnel est plus simple que je l’imaginais : accueillir ce que la Vie m’offre sans juger ni rien exiger, et faire des choix librement et consciemment à partir de mon cœur, ouvert à toutes les possibilités et sans attente.

Je suis convaincu que mon cœur connaît de tout temps ce qu’il y a de meilleur pour moi, en harmonie avec le Tout. Alors, pourquoi ne pas laisser tomber le contrôle et le combat, me laisser guider par le cœur et simplement laisser les choses survenir ? Je pense qu’en sortant des structures du mental et de ses limitations, en vivant avec et par mon cœur, je permets (enfin !) à la Vie de déployer Sa magie dans mon quotidien !

Michel A.

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 77

Ma vie ne sera plus un combat

Dans la communauté de Navdanya, en Inde, régnait une paix palpable, vivante. Vivre dans une ambiance fraternelle nourrie de compassion durant tous ces mois a été une expérience merveilleuse. Cette paix m’a souvent manqué par la suite.

Gandhi prônait et invitait à la non-violence, une non-violence qui commence à l’intérieur de soi, pour se manifester dans le monde. Si la guerre règne en soi, comment pourrions-nous répandre la paix autour de nous ? Simple évidence. Mais comment atteindre la paix lorsque l’on est pris avec des sentiments d’injustice, des peurs, ou de la colère, de la tristesse ?

J’ai écrit en titre « Ma vie ne sera plus un combat » car je suis las de me battre. De me battre avec la Vie, les autres et avec moi. Ce besoin de déposer les armes s’est imposé à moi d’un seul coup, alors que Corinne et moi avions un différent. Malgré ses encouragements, elle n’était pas si à l’aise avec ma décision de quitter mon emploi pour suivre mes élans intérieurs. Ma situation financière précaire a ravivé quelques peurs chez elle, et quand on en a parlé, la discussion a un peu dérapé.

Alors qu’un mouvement de colère allait émerger en moi et se déverser sur Corinne, j’ai senti cette même vague intérieure s’effondrer sur elle-même et s’aplatir en totalité. Un amour immense avait pris la place. C’est cet amour qui a balayé la colère et m’a fait voir d’un coup l’inutilité, l’absurdité de la confrontation. Une évidence s’imposait dans ma conscience : « Je l’aime, ça n’a pas de sens de me disputer avec elle ! »

Avec douceur, je me suis approché d’elle et je l’ai serrée dans mes bras. Elle a été si surprise qu’elle n’a pas réagi. J’ai senti ses tensions se relâcher, ses épaules s’abaisser, puis elle a redressé la tête, m’a regardé et souri timidement, comme si elle comprenait sans comprendre ce qui venait de se passer. Je sais que nos cœurs, eux, avaient compris.

On est resté un moment ainsi, puis la vie a repris son cours. Un parfum de légèreté et de douceur flottait à présent dans l’air. Que c’était bon !

Namasté,

Jean-Daniel