Archives mensuelles : mars 2018

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 75

Boucler la boucle

Il n’y a pas de hasard. La rencontre de Paul, l’oncle à Corinne, il y a un mois, a fait bouger bien des choses en moi, en rapport avec mes choix, mon estime de moi, ce que je souhaite faire, etc. Tout cela a débouché sur une grosse décision, celle de changer de job.

Corinne et moi en avons parlé à plusieurs reprises, et elle est d’accord. Mais avant de quitter mon emploi de livreur de pizzas, je sens que j’ai à faire la paix avec. Oui, c’était un job alimentaire que je n’appréciais pas vraiment, même s’il y avait des aspects sympathiques, mais je ne veux pas partir en emmenant avec moi de la frustration ou des regrets.

Je sens que c’est un chapitre important de ma vie qui se termine, une époque où je ne savais pas trop qui j’étais, ce que je voulais, ni ce que je valais. J’aspire à un emploi en accord avec mes valeurs et mes idéaux, dans lequel je me sens bien, et j’ai enfin le courage de faire ce pas.

J’ai fait beaucoup de compromis avec moi-même durant toutes ces années, une sorte de compromission pour dire vrai. Je veux fermer la porte de cette époque et passer à autre chose. Comme tout un chacun, j’ai des rêves, et il est temps que je me mette à les construire !

Parler avec Corinne de mes aspirations, de mes hésitations, de mes doutes aussi, me fait beaucoup de bien. Je suis chanceux d’être tombé sur une fille comme elle. Ça me permet notamment de mieux connaître mes affinités, ainsi que les conditionnements qui me maintiennent dans des choix pas toujours bons pour moi. A ce propos, j’ai tout un héritage, paternel surtout.

Nos discussions, franches et ouvertes, m’aident aussi à reconnaître ce que j’ai retiré de bon de mes expériences passées. J’avais tendance à rejeter tout ce que je trouvais un peu moche ou blessant. Corinne m’apprend à nuancer et à mettre de la douceur dans mon regard. Elle m’aide aussi à mettre en lumière les croyances comme les sentiments qui ne font plus mon affaire. Par exemple, mon rapport à l’autorité. Mais ça, c’est une longue tartine, dont je vous parlerai une autre fois.

Namasté,

Jean-Daniel

La blague de Mamie Choupie

Si un astronaute se fait une petite coupure …
Peut-on dire que c’est une blessure sans gravité ?

* * *

– Moi, quand je bois une tasse de café, je ne peux pas dormir.
– Moi, c’est le contraire.
– Ah bon ?
– Oui, quand je dors, je ne peux pas boire une tasse de café.

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Les billets de Michel A.

La force de l’amour

L’amour est le liant universel, la colle qui maintient les atomes entre eux, la force qui donne vie et mouvements aux plantes, aux animaux, aux hommes, aux planètes, aux galaxies et à l’univers. Sans un minimum d’amour, une famille ne peut pas vivre, un peuple ne peut pas demeurer uni et une humanité ne peut pas poursuivre son chemin.

Il est aisé de voir que les forteresses intérieures de l’ego vacillent de plus en plus et que les fausses croyances ne nourrissent plus les consciences incarnées, qui ont soif de vraie vie. Ce qui n’est pas nourri d’amour n’est qu’éphémère. C’est une simple vérité, une équation mathématique de base, qui se rappelle à nous avec une insistance de plus en plus grande.

Dans le monde extérieur, les lobbys de la guerre et les gouvernements commencent à manquer d’arguments pour vendre leurs conflits, les pharmaceutiques, les pétrolières et la finance mondiale doivent montrer leur vrai visage, celui de la manipulation et du mépris de la vie, et les politiciens qui ne font que défendre des intérêts partisans et des appétits égotiques démesurés ne trompent plus qu’eux-mêmes avec leurs discours creux.

Oui, une vague de changement est perceptible, une lame de fond qui s’apprête à renverser ce qui est fragile, c’est-à-dire tout ce qui n’est pas nourri d’amour. Car il en faut un minimum, faute de quoi la forme s’effondre, que ce soit notre corps, notre famille, notre économie ou notre tissu social.

La très bonne nouvelle, c’est que l’amour est gratuit, toujours accessible et inépuisable. Il est l’antidote parfait au désespoir, à la désillusion et au cynisme. Qui plus est, ce pouvoir magique est à portée de tous, puisque présent dans tous les cœurs. Nous pouvons, en toute simplicité, le glisser dans nos pensées, l’inviter à habiter nos émotions et lui demande de guider nos actions… et laisser opérer la magie.

Avec amour,

Michel A.

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 74

Vous aimez les vacances, votre corps aussi

Ça m’est venu d’un coup, au yoga, comme une révélation. J’étais allongé sur le dos, nous faisions des étirements, et je m’abandonnais au mieux dans la posture, pour ne pas créer de tensions. Et là, paf, j’ai vu combien j’étais exigeant envers mon corps, et combien celui-ci en avait marre !

Depuis quelques mois, je traverse de plus en plus de moments de ras-le-bol, en même temps que je sens une envie, une aspiration profonde vers une vie plus simple, plus libre. J’ai la désagréable impression que ma vie est bien de trop dictée par des obligations et contraintes extérieures, et qu’il n’y a pas assez de place pour me consacrer à mes vraies aspirations.

Couché sur le tapis de yoga, détendu, à l’écoute de mon corps, j’ai entendu son message : « Moi aussi j’en ai marre des exigences que tu m’imposes, ne peux-tu pas m’aimer tel que je suis ? »

Une révélation je vous dis ! Une invitation silencieuse et puissante à cesser d’exiger qu’il soit autrement que ce qu’il est, une invitation à l’accepter et à l’aimer dans son état du moment.

Ça m’a fait un choc, car j’ai compris que j’étais tout le temps en train de vouloir qu’il soit différent : plus fort, plus souple, plus beau, enfin plus à même à répondre à toutes mes envies égocentriques. Ce soir-là, mon corps m’a fait un grand cadeau, celui de comprendre un peu mieux que l’amour véritable ne pose pas d’exigences. Je me suis senti penaud, car il était évident que je lui en demandais beaucoup, tout en l’écoutant si peu.

La profondeur du message a secoué ma conscience endormie. Dans notre société, les exigences fusent de toutes parts (boulot, sport, gouvernement, famille !), au point où on en arrive à fonctionner comme des automates, et à croire que c’est normal. Mais c’est faux, totalement artificiel, je l’ai bien compris, et tellement dommageable pour notre corps.

Je vais mieux l’écouter, c’est certain, car il porte une sagesse qui me rappelle au bon sens de la vie, celle de la douceur, de la patience et de l’amour sans condition.

Namasté,

Jean-Daniel

Les billets de Michel A.

Le cul-de-sac de l’adaptation

La tête du cul-de-sac s’est présentée à moi lorsque j’étais adolescent. Je ne me reconnaissais pas dans la société traditionnelle dans laquelle je vivais. Mes aspirations ne concordaient pas avec le moule social et comportemental qui se présentait à moi. Je rêvais de vivre une vie en totale harmonie avec la Terre, les animaux et la nature.

Cependant, c’était les années soixante-dix, et j’étais jeune, naïf et peu sûr de moi. Alors, j’ai cru que pour avoir une place dans cette famille et cette société, il me faillait épouser ses règles… et mettre de côté mes aspirations profondes.

L’important n’est pas mon histoire personnelle. Je veux en venir au fait qu’à trop vouloir s’adapter, on passe à côté de soi. Nous sommes tous uniques, et c’est en exprimant cette unicité que nous pouvons notre note dans l’harmonie universelle.

Il m’a fallu quarante années pour comprendre toute la portée de ce choix de m’adapter aux demandes et exigences extérieures (en partie tacites et inconsciemment formulées). Un long chemin dans un cul-de-sac, sur une voie insatisfaisante et très éloignée de l’épanouissement, qu’il me faut maintenant remonter.

Si je rencontrais un adolescent en mal de vivre, et il y en a beaucoup, je lui dirais de mettre son énergie et ses efforts dans son épanouissement, et non dans l’adaptation à un groupe ou une société qui n’offre presque rien d’épanouissant à notre être profond. Heureusement, de plus en plus de gens comprennent le bon sens de cette approche.

Nous sommes ici pour développer nos talents, polir notre diamant intérieur, et c’est uniquement en étant à l’écoute de ce que nous sommes que nous pouvons le faire.

Namasté,

Michel A.

Le Meilleur d’ailleurs

Le Mouvement de la Ceinture Verte

Ce mouvement (Green Belt Movement) est né en 1977, à l’initiative d’une femme, Wangari Maathai. Son pays, le Kenya, connaissait une forte augmentation de la population alors que beaucoup de gens vivaient dans la pauvreté.  Les populations pauvres coupaient les arbres pour acheter de l’essence et défrichaient les forêts pour cultiver la terre.

À mesure que les forêts étaient coupées, l’érosion gagnait des terres agricoles, l’eau potable et le bois venaient de plus en plus à manquer, les plantes et les animaux se raréfiaient et  l’appauvrissement allait en grandissant. Wangari Maathai comprit que pour remédier à ces problèmes, il fallait agir à la source : stopper la déforestation, le défrichage et les pratiques agricoles non durables.

Elle encouragea les femmes des campagnes à prendre soin de la terre et à planter des arbres. Les femmes apprirent à faire pousser et à entretenir des jeunes plants, qu’elles replantèrent là où c’était le plus nécessaire. Petit à petit, son message se répandit de communauté en communauté, et d’une région à l’autre.


Source : www.greenbeltmovement.org

En échange de ce travail, les femmes furent rémunérées par le Mouvement de la Ceinture Verte. Ce revenu leur permit de mieux couvrir les besoins domestiques immédiats, contribua à l’éducation de leurs enfants, ou fut investi dans d’autres entreprises, générant des bénéfices.

Grâce au Mouvement de la Ceinture Verte, plus de 50 millions d’arbres ont été plantés au Kenya, et le pays reverdit ! Cet inspirant mouvement mène aujourd’hui des activités dans plusieurs dizaines de pays d’Afrique et inspire des actions sur tous les continents.


Source : www.greenbeltmovement.org

Il existe un lien direct entre notre environnement et notre qualité de vie. Dans nos pays industrialisés, encore fortement tournés vers une économie de masse et la technologie, nous l’avons un peu trop oublié. Mais ce lien se rappelle à nos souvenirs, comme le prouve les nombreux mouvements qui œuvrent à recréer une relation harmonieuse entre les humains et la nature.

Si les problèmes à l’échelle mondiale semblent parfois insurmontables, gardons en mémoire que nous pouvons agir efficacement au niveau local, dans notre petit coin de pays et surtout chez nous. En tant que consommateur et individu d’abord, nous pouvons tous retisser par nos choix un meilleur équilibre avec notre environnement. Et comme le Mouvement de la Ceinture Verte l’a démontré une fois de plus, l’union fait la force. En nous unissant derrière nos idéaux de partage, de fraternité, de respect de la nature, nous pourrons œuvrer collectivement avec une force décuplée pour manifester un monde de plus en plus beau, paisible et agréable à vivre.

Voici ci-dessous quelques liens pour en savoir plus sur Le Mouvement de la Ceinture Verte :

Michel Arnaboldi pour Merci la Vie

www.greenbeltmovement.org
www.unesdoc.unesco.org
www.soka-bouddhisme.fr
www.scienceetbiencommun.pressbooks.pub

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 73

Ma valeur

Je voulais vous parler aujourd’hui d’une rencontre qui m’a troublé. Corinne et moi avons été invités à souper chez ses parents samedi soir. Un des oncles à Corinne, le frère de son père, était aussi présent. Dès que je l’ai vu, j’ai eu une bizarre d’impression.

J’en ai touché un mot à Corinne, qui m’a discrètement raconté qu’il avait eu des problèmes de santé, ce qui lui avait fait perdre son emploi, puis que sa femme l’avait quitté, et que depuis ce temps-là, il n’était plus le même. Entendez par là qu’il ne se sent plus très bien dans sa peau.

Ça paraissait en effet. Paul, l’oncle de Corinne donc, semblait manquer d’assurance à un point tel qu’il en faisait pitié. On aurait dit un petit animal perdu sur le qui-vive, craignant de se faire réprimander à chaque instant. La famille à Corinne le connaissait comme cela depuis des années, et ils n’y prêtaient plus attention, mais moi je ne pouvais m’empêcher d’observer tous ses mouvements et toutes ses réactions.

Cet homme me faisait pensé à un ressort totalement détendu. Il essayait bien de cacher son mal-être et de paraître normal, mais avec un total insuccès. Sur le chemin du retour, Corinne me raconta qu’il avait été un homme très actif, bon sportif même, mais que depuis l’apparition de sa maladie et le départ de sa femme, son estime de lui, et sa confiance, étaient tombés au plus bas.

Sur le coup, j’ai trouvé absurde et stupide que cet homme fasse dépendre son estime de lui de son emploi et de son état de santé. Mais les jours d’après, j’essayai de m’imaginer comment je réagirais s’il m’arrivait la même chose. Là, je comprenais déjà beaucoup mieux sa réaction, surtout que j’ai un côté orgueilleux qui n’aide pas. J’ai tout bonnement réalisé que ma propre estime de moi tient davantage du regard des autres que de la valeur que je m’accorde à moi-même.

En y regardant de plus près, les principaux critères de jugement de ma valeur sont extérieurs à moi : l’amour et la reconnaissance de Corinne, de mes chums, de ma famille, ma performance professionnelle, ma force et mon apparence physiques, mes succès sportifs (même ça, vous vous rendez compte). Et moi là-dedans ? Quelle valeur est-ce que j’accorde à ma propre vie ? Où avais-je mis ma valeur intrinsèque, celle de ma vie, celle d’être en vie, peut importe l’âge de mon corps, mon emploi ou le nombre d’amis facebook ?

Namasté,

Jean-Daniel