Archives mensuelles : janvier 2018

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 70

Tristesse et Joie

Depuis quelques jours, j’ai un peu le spleen. Ça contraste avec la période des Fêtes. On a eu vraiment du bon temps ensemble avec Corinne, et avec la famille et les amis aussi. Mais là, la routine du boulot, la grisaille du ciel ou je ne sais quoi encore, me sont rentrés dedans. Je partirais bien dans le sud, je suis sûr que plonger dans la mer turquoise et sentir le sable chaud sous mes pieds me ferait du bien. Mais comme ce n’est pas à l’ordre du jour, je me suis mis à chercher une autre solution.

Quand j’étais en Inde, j’ai rencontré un sage qui avait la réputation de rire tout le temps, de baigner dans la béatitude. Il côtoyait des pauvres, des malades, mais son rire ne le quittait jamais. Il disait que ça lui venait de l’intérieur, qu’il voyait la vie à travers les yeux de la Joie, peu importe sur quoi ses yeux physiques se posaient.

Avec sa sagesse, Corinne m’a invité à partir en dedans de moi à la rencontre de la Joie. Elle affirmait, avec son enthousiasme habituel, que si ce sage l’avait trouvée, il était certain que nous le pouvions aussi. Je comprenais bien le sens de cette démarche, mais je me disais aussi que ce sage avait peut-être une petite longueur d’avance sur moi. J’ai cependant suivi le conseil de ma blonde et, au lieu de m’installer devant la télé, j’ai commencé par une méditation.

Je n’ai pas rencontré la Joie, du moins telle que je me la représente, mais renouer avec la méditation, que j’avais lâchée plusieurs semaines, m’a fait du bien. Les sages disent que la Joie fait partie de notre nature véritable. Depuis ce jour-là, je médite régulièrement … à la recherche de moi-même. Si je dois me trouver quelque part, j’opte pour le cœur !

Soyez bon avec vous,

Jean-Daniel

Les billets de Michel A.

Ma crise de croissance

Depuis plusieurs mois, la Vie met en œuvre de me faire prendre conscience des points les plus handicapants de ma personnalité. Elle presse très fort là où ça fait mal, et des douleurs physiques se sont intensifiées. J’ai choisi de les écouter et de remonter le plus loin possible à leur source pour les désamorcer durablement.

Ce n’est pas agréable, car douloureux, mais je perçois la justesse de ce mouvement initié par la Vie et son utilité. Derrière ces douleurs, ces contractions, j’ai identifié des pensées qui m’ont littéralement enfermé dans une prison intérieure, devenue extérieure avec le temps.

Durant des années, j’ai nourri, en grande partie inconsciemment, un état de victime, de prisonnier de ma vie, me croyant ballotté par les circonstances et privé de la vie que mon « Je » souhaitait vivre. Cette victimite était accompagnée de frustration et d’auto-culpabilisation, un cocktail très toxique !

Je ne suis pas fier d’avoir généré de type de comportement, mais fier de l’avoir identifié. Et je le partage avec vous, car je crois que nous sommes nombreux en train de vivre une situation intérieurement semblable, avec un décor différent. La Vie en moi veut émaner davantage de légèreté et de beauté, comme pour nous tous. Pour cela, elle pousse vers la sortie les pensées, croyances et sentiments qui sont un obstacle à cette floraison.

Cette mise en lumière est vécue dans la douleur. Elle n’est cependant pas personnelle, partout dans le monde nos travers sont mis en lumière, il n’y a qu’à voir les scandales dans nos médias. Un moment pénible, certes, un réveil nécessaire pour notre humanité, qu’il est plus facile d’accueillir et d’accepter sachant qu’il participe à la croissance de notre conscience personnelle et collective.

Namasté,

Michel A.

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 69

Manuel et Mila

La mère de Corinne a de la parenté en Argentine. Pour les Fêtes, elle a invité un de ses cousins, un prêtre qui vit dans la région de Córdoba. Nous avons eu une discussion très intéressante ensemble. Ce qui m’a le plus frappé, c’est sa manière de voir la vie, très contrastante avec celle des gens d’ici, et la mienne aussi.

Par curiosité, je voulais savoir à quoi ressemble son quotidien, et j’ai été bien servi. Bien sûr, comme il est prêtre, sa vie est différente. Mais au-delà, ce sont ses valeurs et ses croyances qui m’ont interpellé. Manuel a le verbe facile, et je crois qu’il a pris plaisir à me parler de sa vie, de son pays et de sa culture. Il a notamment officié quelques années en France, où il a appris le français, et ses connaissances m’ont vraiment impressionné.

Derrière ses histoires agréablement narrées, je pouvais facilement imaginer l’ambiance de sa paroisse, son presbytère ou ses discussions avec ses ouailles. La religion là-bas a une emprise que nous ne connaissons plus au Québec. Ce qui m’a le plus étonné, peut-être parce que je ne suis pas très croyant, c’est la force avec laquelle cet homme, qui a tout de quelqu’un de bon et de dévoué, défendait ses dogmes et ses croyances. Il y mettait une conviction incroyable, comme si sa vie en dépendait.

Manuel affirmait notamment que Jésus avait souffert pour nous, et que la souffrance était un mal nécessaire pour se rapprocher de Dieu. Selon lui, souffrir évitait aux hommes de tomber dans le vice et la superficialité. C’était là le point principal sur lequel nous n’étions pas d’accord, mais par politesse, et intérêt aussi, je le laissais volontiers me présenter ses arguments.

Comme je l’écoutais, je fis des liens entre cette doctrine de la souffrance et nos comportements. Par exemple, pourquoi tant de gens croient qu’il faut travailler fort pour gagner sa vie, au point de se rendre malade très souvent. Comment se fait-il qu’un emploi soit source de stress et de maladie ? Quand on y pense, c’est totalement absurde, et pourtant considéré comme « normal ».

En observant le visage un peu plissé de Manuel, son collet serré de prêtre et ses petites lunettes, je me disais que cet homme, d’allure sympathique, reflétait bien sa doctrine. C’est à cet instant que Mila, la chienne Labrador des parents à Corinne, vint poser sa tête sur sa cuisse. Sans lâcher la conversation, il flatta son cou avec douceur, pour le plus grand bonheur de Mila.

La vie des chiens me parut alors tellement plus simple que la nôtre. Pas simpliste, oh non, simple, sans complication, vraie. J’enviais Mila, comme les autres animaux, qui ne nourrissent pas de croyances qui les briment et les limitent, ni de concepts ou de théories dont nous avons tant de mal à nous extirper par la suite. J’aurais aimé, ne serait-ce qu’un instant, être dans la tête et le cœur de Mila, pour mieux goûter à la douceur et à l’amabilité qu’elle incarnait de tout son être.

Chaleureusement,

Jean-Daniel