Archives mensuelles : août 2017

Les billets de Michel A.

Le temps : de contrainte à ami

Rares sont les personnes qui n’ont pas une liste de choses à faire dans notre société productiviste. Dans ce contexte actuel, le temps est souvent vu comme une source de contrainte, de limitations. On court après le temps, même durant les loisirs, comme le sport où le plus rapide gagne, et les vacances, où il faut en profiter au max.

À première vue, le temps semble immuable. Mais en y regardant de plus près, on se rend compte qu’il existe au moins deux types de temps : le temps chronologique, celui de l’horloge, et le temps psychologique, celui qui tourne dans notre mental. Et les deux ne vont pas forcément à la même vitesse.

Le temps

Le premier est inhérent à la mécanique céleste, aux lois de l’espace-temps qui régissent notre système solaire notamment. Le second est très personnel ; il est influencé par notre perception et interprétation du monde, notre relation à la vie.

Assez rares sont également les personnes qui voient le temps comme un ami. Dans notre société où vieillir est devenu un drame, le temps est vu comme celui qui conduit à la mort du corps physique. Mais le temps, c’est aussi celui qui permet à la fleur et au légume de pousser, à l’enfant de grandir et à un projet de se développer. Lorsqu’on laisse le temps au temps, il est gage de maturation, d’épanouissement.

Et si le problème n’était pas le temps, mais notre rapport au temps, et en extrapolant, à la vie ? Car la mort n’est pas à l’opposé de la vie, elle est ce qui conduit à une nouvelle naissance. Cependant, comme nos systèmes de croyances nous disent le contraire, et que notre système économique est basé sur la compétition, le temps est devenu un problème. Il ne l’est pas en vérité, c’est nous qui l’avons modelé ainsi.

Alors, comment s’en sortir, comment arrêter de courir ? Nous avons, c’est certain, des choix à faire, afin de diminuer les contraintes de temps. Pour ceux qui frisent le burn-out, c’est-à-dire l’épuisement des ressources du corps, une pause est indispensable, ainsi qu’une réflexion sur son mode de vie. Il s’agit à chacune et chacun de trouver sa voie (il serait illusoire de croire que la société va vous l’offrir toute cuite). Une piste cependant : habiter son instant présent et se projeter un minimum dans le futur. Vous le savez déjà, mais j’aimerais ajouter : aimer sa vie et s’aimer, ça aide à faire de bons choix. Tout un programme, je sais !

Michel A.

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 61

Il faut que je vous dise…

J’ai une confidence à vous faire, une de plus : tout est faux ! Et c’est à peine exagéré. C’est en vacances que je l’ai compris. Corinne et moi, on est parti quelques jours aux Îles de la Madeleine, chez un petit cousin à elle. Nous avons été accueillis à bras ouverts par toute la famille, même si les seuls échanges qu’elle a eus avec eux avant le départ n’ont été que quelques courriels.

Tout à l’heure, j’ai dit : tout est faux. Mais j’aurais pu dire inversé, ou à l’inverse du bon sens. Je parle de notre façon de fonctionner ensemble, de nos relations entre hommes et femmes, mais aussi de notre relation à la nature, à la Terre, à la vie dans son ensemble.

Aux Îles de la Madeleine, la vie semble plus directe, plus vraie. Une grande partie des faux-semblants de la grande ville n’a semble-t-il pas prise ici. Le contact permanent avec les éléments, forts et dominants, doit y être pour beaucoup.

Laissez-moi donc vous expliquer. Dans une relation normale, saine, il y a un respect mutuel l’un pour l’autre. La différence est honorée, comprise comme une richesse. La diversité aussi est honorée, puisqu’elle est gage de stabilité. Dans une relation normale, on s’écoute et on se respecte, même si on n’est pas d’accord.

Quand nous sommes retournée sur le continent, j’ai tout de suite perçu la différence. Corinne et moi n’étions plus des personnes, mais des touristes, c’est-à-dire un numéro dans le troupeau avec une carte de crédit.

La relation venait de basculer, je veux dire la qualité relationnelle entre humains. Et c’est à peu près pareil dans tous les domaines. Prenez le boulot : hiérarchie, exigences de rentabilité, compétition… tout cela fausse la relation. Il n’y a plus un humain face à un autre humain, qui s’écoutent et honorent leurs parcours de vie et leurs différences. Non, il y a un boss, qui se croit boss, donc supérieur, et un employé, sur un siège éjectable, qui fait sa job pour gagner un peu d’argent, et qui se la ferme.

Mais c’est faux, ce n’est pas ça la vie !

Et je ne vous parle pas de religion ou de politique. Dans ces domaines, c’est pire, puisque la différence est un problème, voire une menace à combattre. C’est comme dans l’armée, il faut rentrer dans le moule, à pardon, l’uniforme ; tous alignés, un même habit, une doctrine unique à suivre.

Notre petit voyage aux Îles de la Madeleine m’a donné un goût d’authenticité. Je ne suis pas un numéro, mais un être unique, et je compte bien l’affirmer davantage et honorer mon unicité !

Namasté,

Jean-Daniel