Archives mensuelles : juin 2017

Les billets de Michel A.

Suivre le mouvement

Presque tout le monde recherche la sécurité, ce qui est tout-à-fait légitime et sain à mes yeux. Cependant, cette recherche peut conduire à privilégier la stabilité au détriment du mouvement. Il est bien connu que les humains que nous sommes sont attachés à leurs habitudes et que face au changement, le premier réflexe est souvent d’y résister.

Malheureusement pour nous, cette habitude nous dessert et nous cause bien des problèmes, car la vie est mouvement, et ne tolère pas longtemps la stagnation. L’absence de mouvement conduit à ce que nous appelons la mort. L’eau qui ne coule plus devient putride, un corps qui ne bouge plus s’ankylose, bref, le mouvement est essentiel pour maintenir la santé. Être bien relève du mouvement harmonieux, c’est donc dans et à travers le mouvement que nous devrions chercher la sécurité et le bien-être.

La stabilité, au sens où nous la comprenons, ressemble trop à la rigidité ; on pose des limites, on détermine un cadre et on s’efforce de les respecter scrupuleusement. Je pense par exemple au système de santé, à l’enseignement et aux administrations publiques. Tous ces domaines sont régis par de très nombreuses règles et contraintes. Il en faut, bien entendu, mais lorsqu’un système devient rigide, son fonctionnement perd en qualité. Observez-les, et vous verrez que ces systèmes peinent à s’adapter aux besoins changeants de notre société. Nous aurions tout avantage à concevoir des systèmes dynamiques, conçus pour évoluer.

Cela vaut bien sûr aussi au niveau personnel. Prenons les relations, de couple, de famille ou amicales. Nos personnalités changent, évoluent au cours du temps, autant non seulement l’accepter, mais aussi l’intégrer, c’est-à-dire faire du mouvement un atout. Ah, bien sûr, cela n’est pas toujours facile, la peur du changement est très présente. Mais justement, c’est la peur qui freine ou cloue le mouvement, et donc conduit à la stagnation, à la maladie. La chose dont nous devrions avoir peur est la peur elle-même, qui est un rejet du mouvement, de l’évolution inévitable.

Le changement n’est pas une menace, mais un mouvement naturel. Il y a peut-être quelques croyances à transformer à ce sujet pour gagner en sérénité… et en confort.

Michel A.

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 60

Des idées reçues, moi ?

Un soir, Corinne s’est mise à parler de sa jeunesse comme jamais elle ne l’avait fait. Ça a commencé par l’évocation des moments forts passés à l’école primaire, ses amitiés, ses jeux préférés, ses desserts préférés aussi. Puis elle m’a raconté les vacances passées en famille en Colombie Britannique, son premier amour et sa première déception, jusqu’aux folies de son adolescence.

Je l’écoutais avec plaisir, pendu à ses lèvres, m’imaginant les scènes qu’elle décrivait avec beaucoup de détails. Je voyais défiler sous mes yeux la trame de sa vie et sa personnalité qui se construisait au fur et à mesure. Je comprenais mieux ce qui l’avait marquée et voyais ce qui l’influençait aujourd’hui encore. Comme il était amusant de l’écouter ; tout cela ressemblait étrangement à un film qui laissait son empreinte de plus en plus forte sur le personnage principal.

En même temps, je faisais un parallèle avec ma vie, voyant l’influence exercée par des événements parfois lointains. Comme lorsque j’étais allé jouer chez mon ami Henri, et que son chien m’avait mordu. Depuis ce jour, j’ai gardé une crainte des chiens, qui me semble disproportionnée par rapport à la petite morsure qu’il m’avait infligée. Et pourtant, après toutes ces années, je vois bien que mon rapport avec les chiens ne s’est pas amélioré.

Corinne me parla ensuite de son passage au Cégep, époque difficile pour elle ; elle se cherchait, sans se trouver, et, selon ses propres mots, s’était maintes fois égarée. Quand je lui demandai des détails, elle se contenta de me donner quelques précisions très générales. Je compris que cette porte resterait fermée, et qu’il valait mieux passer à un autre sujet. J’ai moi aussi mon jardin secret, et je n’apprécierais pas qu’il soit dévoilé sans mon consentement !

J’avais l’impression, même si tout cela est très relatif, d’un peu mieux connaître la femme que j’aime. Mais en même temps, je savais que je n’avais vu que la pointe de son iceberg, et qu’elle resterait toujours un mystère pour moi. Ce qui était sûr cependant, c’était que le personnage de mon propre film, à savoir moi, était tout imprégné par son passé, et cela souvent à son insu.

Suite à notre belle discussion, une double question surgit : qui est le scénariste du film de ma vie, et surtout a-t-il le pouvoir d’en effacer des passages, ceux qui me plaisent le moins bien sûr ? Si je trouve la réponse, je vous le dis, c’est sûr !

Bonnes vacances !

Jean-Daniel

Les billets de Michel A.

L’écologie, c’est la conscience en action

Gandhi disait qu’on peut mesurer le niveau de conscience d’un peuple à la façon dont il traite ses animaux. Je dirais que c’est valable pour l’ensemble de la nature, et je crois que Gandhi serait d’accord avec moi.

Un être dont la conscience est endormie, souffrante ou enfermée sur elle-même, prête peu d’attention à son environnement ; il l’utilise, l’exploite, voire en abuse. La nature et les animaux sont pour lui des objets, qu’il perçoit comme étant extérieur à lui. La plupart du temps, il ne voit pas en eux le vivant, mais une marchandise ou un bien de consommation.

Un être éveillé voit la VIE dans la nature, dans le monde animal comme le monde végétal. Il voit des êtres vivants, différents certes, mais vivants au même titre que les humains, et tout naturellement, il les respecte.

Depuis peu, le monde scientifique reconnaît que les animaux aussi sont conscients. Même les législateurs commencent à revoir leurs copies. Alors que les animaux étaient traités par la loi comme des objets, l’Assemblée nationale française a accordé en 2015 le statut « d’êtres vivants doués de sensibilité » aux animaux domestiques. En 2014, un tribunal argentin a qualifié Sandra, un orang-outan de 29 ans, de « personne non humaine ». S’il s’agit de changements encore très modestes dans nos rapports aux animaux, ils démontrent que la conscience humaine s’affine.

Pour moi, la crise humanitaire et écologique actuelle est d’abord une amnésie de la conscience. Elle va cesser automatiquement dès que le niveau de conscience de notre humanité va s’élever, ce qui est d’ailleurs en cours. Les élans pleins de promesses de belles réalisations sont lancés, et nous aurons le plaisir de les voir fleurir dans les années et les décennies à venir.

Prendre soi de soi, de la nature, traiter les animaux avec respect, utiliser avec ménagement et mesure les ressources que la Terre nous procure, tout cela revient à honorer la VIE. Et comme nous sommes tous inter-reliés et UN, honorer « l’autre », c’est bien sûr s’honorer soi-même.

Michel A.

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 59

Se laisser être

Mon ami Ben, qui est un grand amateur de voile, nous a invités, Corinne et moi, à passer une journée avec lui à naviguer sur le Saint-Laurent. Vous vous en doutez, nous avons accepté avec joie !

On s’est retrouvé de bon matin dimanche dernier à Beauport. La météo était belle, Ben a mis le cap vers l’Est, et le voilier s’est élancé dans l’estuaire du fleuve. Rapidement, le bruit de la ville et le paysage urbain se sont dissipés. Ben était à la manœuvre, nous laissant profiter de ces instants de paix, enveloppés par l’eau, bercés par les vagues. Corinne, tout sourire, a posé sa tête sur mon épaule et, en réponse à l’invitation de l’eau, s’est abandonnée à la détente.

Je l’ai regardée, comme elle était belle ! Les yeux fermés, elle me donnait l’impression de communier avec l’air, le soleil et l’eau. Tout son être semblait détendu, abandonné à l’inaction, ouvert à la vie, se laissant être et aimer.

Une très agréable douceur féminine émanait de Corinne. Je me dis que j’étais souvent valorisé pour ce que je faisais, mais très rarement pour ne rien faire. Pourtant, en la regardant, il me sembla qu’être, juste être, ne rien vouloir faire, ne rien vouloir du tout, s’abandonner à la vie telle qu’elle est dans l’instant, était un exploit des plus admirables.

Corinne semblait y parvenir avec une aisance que je ne connaissais pas, j’ai envie de dire pas encore. Mais plutôt que de l’envier, j’ai eu envie de l’imiter, de mettre, pour ne serait-ce qu’un instant, ma petite vie de côté, vous savez, celle qui a un passé et un futur, pour m’abandonner moi aussi à la douceur de l’instant.

Namasté,

Jean-Daniel