Archives mensuelles : avril 2017

Les billets de Michel A.

Les autres ou … les autres visages de moi

Il y a un peu plus de 70 ans, Jean-Paul Sartre a écrit la pièce Huis clos, et sa célèbre phrase : « L’enfer, c’est les autres » en faisant référence à notre dépendance au jugement d’autrui. Aujourd’hui, la physique quantique nous enseigne : « Les autres, c’est moi ». Que s’est-il passé entretemps ?

Lorsque la conscience s’identifie à un moi séparé, appelé ego, la réalité est perçue d’un point de vue duel, et donc souffrant. Elle tombe dans le jugement, les condamnations, le rejet, la violence.

Heureusement, notre conscience évolue, et notre perception du monde change. D’exclusive, elle devient inclusive, de repliée sur elle-même, la conscience s’ouvre et ainsi son champ de compréhension s’élargit progressivement. Malgré ce que l’on pourrait croire en regardant l’actualité, ce mouvement d’ouverture de la conscience est en cours dans notre humanité.

Bien sûr, les autres restent les autres, mais ultimement ils ne sont plus perçus comme des « étrangers », mais comme des êtres renfermant eux aussi une infime parcelle de la Source. Le monde devient un, intriqué disent les physiciens quantiques.

Cette vision unitaire n’est pas là pour balayer nos différences ou gommer notre unicité. Elle nous rappelle simplement au bon sens, celui de la tolérance, du respect et de la compassion. Car si nous sommes tous reliés, ce que nous faisons aux autres, nous le faisons ultimement à nous-mêmes.

Notre attitude envers les autres devient donc un bon indicateur de notre attitude envers nous-mêmes. Suis-je doux et attentionné ou intransigeant et intolérant avec les autres, avec moi ?

Cette compréhension ne rend pas pour autant le monde tout beau et tout gentil. Nous sommes tous différents, nos niveaux de conscience et de connaissances aussi. Nous avons bien sûr le droit de ne pas tout apprécier et donc de nous éloigner de ce qui nous blesse, nous irrite ou ne résonne pas avec nous. Nous ne sommes pas obligés de supporter ce que font les autres si cela va à l’encontre de nos valeurs.

Cependant, avec la compréhension de l’unité de la Vie, la conscience s’installe dans le respect, la tolérance, l’amour, ce qui commence bien entendu par soi pour se refléter dans le monde.

Je vous souhaite le meilleur,

Michel A.
 

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 55

Moi, victime ?

Corinne a un tempérament bien différent du mien. Alors, forcément, on se réactive. Sans le vouloir, elle met en lumière mes aspects plus cachés, plus sombres. On parlait du système de santé, et comme on n’était pas d’accord, elle m’a lancé dans sa spontanéité habituelle : « Arrête donc de jouer à la victime ». Piqué, j’ai alors essayé de justifier mon point de vue.

Mais plus tard, j’ai dû reconnaître qu’elle n’avait pas tout tort. Il m’a fallu entendre cette phrase, qui a eu l’effet d’une baffe, pour que je le réalise. Des images sont remontées à ma mémoire, qui confirmaient que Corinne avait vu juste ; mon attitude dans mon ancien job, avec ma précédente amie, avec mes parents, était de toute évidence teintée de victimite.

Je suis conscient que je perçois ma vie à travers le filtre de mon mental, de mes émotions, de mes peurs, par exemple. Je sais aussi qu’il m’arrive de prendre mes rêves pour la réalité ou de rejeter une partie de la réalité simplement parce que ça ne fait pas mon affaire. Mais quand même, est-ce que je m’étais comporté en victime sans rien voir durant toutes ces années ?

Rien vu en partie, mais surtout rien voulu voir. Il est des choses difficiles à s’avouer. Je veux dire qu’il est facile de déclarer qu’on est râleur ou chialeur, mais c’est une autre paire de manches de prendre conscience à un niveau plus profond qu’on agit en victime, et de voir en un instant tous les effets pervers de cette attitude.

La prise de conscience a été aussitôt suivie du désir de sortir de cet état. Qui voudrait s’éterniser dans un état dominé par l’impuissance, le reniement de ses forces et l’assujettissement ? C’était pourtant ce que j’avais fait, c’était pourtant ainsi que j’avais passé une bonne partie de ma vie. Mais ça avait assez duré, il fallait que ça change, et rapidement.

Je suis retourné voir Corinne pour lui raconter ce que je venais de vivre, et lui faire part de mon ardent désir. Elle était heureuse de m’entendre, et avait déjà sa petite idée sur ce que je pouvais faire …

Namasté,

Jean-Daniel

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 54

Retour en arrière

 

La rencontre avec ma grand-mère Rosine et mon petit séjour à Charlevoix m’ont plongé dans les souvenirs d’enfance durant les quelques jours qui ont suivi. En fait, j’ai vu que ce vécu qui me semblait lointain était encore très vivace, et qu’il déclenchait en moi de la nostalgie et quelques interrogations.

J’ai revisité en pensées les bons moments passés, comme les fameux matchs de hockey avec les amis du village, les virées à vélo, les fêtes de Noël, et également les punitions les plus marquantes de mon père. Lors de ce retour en arrière involontaire, j’ai aussi senti l’omniprésence bienveillante de ma mère, comme si sa discrétion naturelle avait laissé derrière moi un ruban de douceur et de bonté. Sans que je ne m’en rende compte durant mon enfance, son influence avait été proportionnelle à sa discrétion.

J’ai bien sûr parlé de cette remontée de souvenirs teintée de nostalgie à Corinne, qui a insisté à plusieurs reprises pour connaître les détails de mes bons et moins bons coups. Elle a même poussé un petit frémissement quand je lui ai raconté ma pire chute à vélo. J’avais hérité du vélo d’un cousin, un peu mal en point, dont les freins ont lâché en descendant une côte bien en pente. Comme pour bien des enfants, cet accident s’est heureusement terminé sans gravité.

Tout en placotant avec Corinne, je me demandais ce que je serais devenu si j’avais suivi les traces de mon père, indéracinable Charlevoisien, qui n’a jamais senti l’envie d’aller voir à quoi la vie ressemble ailleurs. Je sais aujourd’hui que mon goût du voyage vient du côté de ma mère. Sans elle, mes parents ne seraient jamais allés ni en Floride ni à Hawaï, les deux plus grands voyages de leur vie.

Corinne m’a alors fait remarquer qu’elle me trouvait un côté bien pantouflard, presque casanier. Selon elle, l’héritage de mon père était sûrement plus présent que je ne le croyais ou que je le voulais ! Ça m’a un peu pincé, mais j’ai dû reconnaître qu’elle avait raison.

Jean-Daniel

Les billets de Michel A.

La Vie prend soin de nous

Qu’il est bon de se rappeler que nous évoluons dans un monde régi par un grand plan qui ne laisse rien au hasard. Que de grandes forces régissent la vie, guident le mouvement des galaxies, des systèmes solaires, des planètes et des humanités. Derrière nos vies, apparemment ordinaires, il y a toute une organisation, une guidance, un grand plan d’ensemble.

Une intelligence supérieure est à l’œuvre au sein de la Vie et de nos vies. Elle sait par exemple organiser une rencontre dont on a besoin ou placer une information sur notre route. De nombreux événements nous arrivent de manière apparemment inopinée, mais si nous pouvions voir dans les coulisses, nous verrions qu’ils ont été très bien organisés. C’est juste que nous n’étions pas conscients qu’ils allaient arriver.

Aujourd’hui, il est difficile pour notre conscience immergée dans l’hyperactivité, le stress et le bruit d’entendre la musique harmonieuse de la grande Vie, de cette grande Force qui anime tous les êtres et agit tel un chef d’orchestre universel, et donc de s’y accorder. Pourtant, le grand plan de la Vie prend soin de nous avec amour et sagesse et nous supporte toujours.

En regardant ce qui se passe sur notre belle planète, certains réfuteront cette affirmation, et je les comprends. Mais si nous vivons encore tant de violences et de souffrances, cela est dû à mon avis aux membres de notre humanité, et nul dieu ou déesse n’est à blâmer. Si notre prestation d’ensemble est encore dissonante, je sens que nous sommes fermement invités à nous réaccorder à l’harmonie universelle. La musicienne ou le musicien que nous sommes peut ne pas écouter le grand chef d’orchestre, mais pour un temps seulement.

Si la finalité précise de ma vie m’échappe, je sens que je suis accompagné, guidé, je pourrais même dire chéri. Je sens aussi qu’une aide puissante est présente autour de moi, disponible, à l’image de celle prodiguée par des parents à leur enfant. Oui, il y a de l’amour dans l’air, et pas seulement parce que c’est le printemps. Cette force aimante commence à balayer la surface de notre belle planète pour la dépoussiérer de nos travers d’ego. Si on peut la voir à l’œuvre autour de nous, je sens qu’elle nous invite à regarder en dedans de nous, là d’où tout part.

Bon printemps,

Michel A.