Archives mensuelles : février 2017

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 51

Mille raisons d’aimer

Je me suis disputé avec ma sœur. Oh, rien de grave. Je l’avais appelée pour prendre des nouvelles, et la discussion a un peu dérapé. On parlait des enfants, ça a touché à l’éducation et elle a mal pris une de mes paroles. Elle a répliqué, et moi j’ai renchéri. Voilà, ça a dérapé comme cela, stupidement.

La conversation a ensuite tourné court, et après je me suis senti mal. Car je l’aime ma sœur, et je sais qu’elle m’aime, alors c’est stupide de se disputer ainsi. J’ai repensé à notre discussion, et je suis arrivé à une conclusion : il est mieux d’aimer que d’avoir raison. Même si j’avais mille raisons d’avoir raison, ça ne m’a pas rendu heureux. Alors que si je l’avais simplement aimée, sans chercher à avoir le dernier mot, je me serais senti bien, très bien même.

Je ne sais pas pourquoi j’ai insisté, parce que peu importe ce que j’aurais dit, ma sœur n’aurait pas changé d’avis. Remarquez que cette petite expérience a eu du bon, parce qu’elle m’a appris que ce n’est pas d’avoir raison ou de se sentir supérieur qui rend heureux, mais de partager avec l’autre, de se sentir utile et apprécié. C’est pour cela que j’aime passer du temps avec Corinne, mes chums et ma famille, pour ces moments de partage, de convivialité.

Bon, je vais laisser passer quelques jours avant de la rappeler pour le lui dire. Je vois déjà le petit sourire qui va détendre son visage, et je devine les paroles qu’elle va dire, quelque chose comme « moi aussi je t’aime tu sais… » Ensuite on va se raconter quelques banalités pour se rassurer et bien se faire comprendre qu’on va continuer à se parler, parce qu’au-delà de nos différences et par-dessus tout, on s’aime.

Namasté,

Jean-Daniel

Les billets de Michel A.

Le composteur à idées …

Quand un légume ou un fruit est pourri, la meilleure chose à faire est de le mettre au compost. Mais quand une mauvaise pensée nous traverse la tête, ou qu’un sentiment malsain nous envahit, que fait-on avec ? A-t-on pris l’habitude de les mettre au compost de la vie ? Parce que si on ne le fait pas, on risque de les accumuler ces pensées de jalousie, de haine, de violence, de peur, et ces sentiments d’impuissance, de colère, de tristesse… et ils vont finir par nous intoxiquer.

Peut-être que l’idée vous semble bonne, mais que vous ne savez pas trop comment faire. La vie est bien faite, alors si elle a prévu le recyclage des végétaux, elle a dû prévoir le recyclage des pensées et des sentiments nauséabonds. Avec une humanité comme la nôtre, imaginez la montagne de pensées et de sentiments toxiques qui s’accumuleraient si la vie n’avait pas mis en place un système de recyclage.

Le système fonctionne très bien, et en plus il est fort simple d’emploi. Il suffit de lâcher les pensées et les sentiments dont on ne veut plus et de les rendre à la Vie. Elle sait très bien quoi en faire. Le problème n’est donc pas là. Il est dans la rétention ! Car les humains que nous sommes sont, pour la plupart, attachés à leur passé. Même s’il est encombrant, lourd, un peu coincé, on éprouve bien de la difficulté à le laisser aller.

A force de tout conserver, la barque est pleine. Pas étonnant alors que le nouveau, ou le renouveau, ne s’installe pas. Il faudrait qu’il en ait la place !

Face à un événement passé, posez-vous la question s’il est utile d’en conserver le souvenir vivant ou s’il ne serait pas préférable de le laisser aller. Je prends un exemple : un soldat a été blessé à la guerre et il est revenu avec une jambe en moins. Le souvenir de l’amputation l’habite très fort depuis 35 ans, et sa jambe amputée lui rappelle constamment ce jour fatidique. À ce souvenir sont rattachées la douleur du corps physique et la souffrance qu’il a endurée pendant toutes ces années d’handicapé, à quoi s’ajoutent la colère, la tristesse et les regrets.

Inconsciemment notre homme nourrit son souvenir et le conserve vivant dans sa mémoire. Il en a même fait une partie de son identité : amputé de guerre. Pourtant, le jour où il a perdu sa jambe appartient au passé. Oui, son corps est amputé d’une jambe, et cela il le vit au présent. Mais la douleur de l’amputation, comme la détresse qu’il a ressentie, sont une mémoire, une grosse mémoire certes, mais une mémoire, donc de l’information. Si notre homme pouvait faire la paix avec cet événement passé et le laisser aller, il verrait son être allégé et la qualité de sa vie s’améliorer.

Je crois que nous sommes tous un peu comme ce soldat, accrochés à certaines facettes de notre passé. Si les bons souvenirs occupent une partie de notre mémoire, les événements douloureux, où on a ressenti de l’injustice, de la culpabilité, où on s’est senti trahi ou ridiculisé, en occupent une autre bonne partie. Et ceux-là sont lourds à porter, n’est-ce pas ? Pourtant, qui d’autre que nous peut les entretenir ou les laisser aller ?

Quand une blessure est active, comme celle de l’injustice ou de la trahison, il est plus difficile de lâcher l’événement qui y est relié. On veut réparation, quitte à traîner cet inconfort durant une vie entière. Mais est-ce à notre avantage ? Par expérience, je dirais clairement que non. Pourtant, sans pardon, sans  lâcher prise, on continue de porter le poids des souvenirs douloureux. Alors, pourquoi ne pas décider de les laisser aller, de les rendre une fois pour toutes à la grande Vie, et d’appeler à la place la Paix, la Joie, la Beauté ou toute autre énergie dont vous avez envie ?

Michel A.

 

La Vie en vert

Abeilles… la preuve par Cuba

Savez-vous où les abeilles se portent le mieux ? À Cuba ! Savez-vous pourquoi ? Parce qu’à Cuba, on n’utilise plus de pesticides depuis environ 25 ans ! À cause de l’embargo imposé au pays et par manque de moyens, Cuba s’est retrouvé bien malgré lui libéré des pesticides.

Ce qui était vu comme un problème par l’homme a été une bénédiction pour la nature. Partout sur la planète les abeilles souffrent et meurent, mais elles prospèrent à Cuba, si bien que le miel bio est devenu la quatrième exportation agricole du pays.

Même si les pesticides ne sont pas la seule source de pollution affectant les abeilles, ce que nous révèle Cuba est évident : les pesticides sont un poison pour les abeilles, et pour nous aussi donc !

Comme nos gouvernements sont sous l’influence de riches lobbys et défendent des d’intérêts hautement partisans, ils font la sourde oreille à cette évidence, quitte à ne pas prendre des mesures dans l’intérêt de la santé publique. Mais gageons que le jour approche où les non-sens se verront remplacer par le bon sens.

A l’heure où les ravages de la pollution deviennent une évidence, puissent les Cubains comprendre combien la préservation d’un environnement sain est une bénédiction pour leur peuple et la planète, et maintenir ce cap par choix.

Le sujet vous intéresse ? Consultez aussi www.tigoo-miel.com et www.cuba-si.ch

Les billets de Michel A.

Face aux événements qui secouent notre monde

Difficile de ne pas réagir lorsque l’on voit les scandales et les atrocités qui remplissent les bulletins d’informations. Mais que faire pour bien faire si on ne veut pas fermer la télévision. Car fustiger les politiciens, les marchands d’armes et les intégristes de tout acabit ne soulagerait aucune souffrance et ne favoriserait pas la paix. Les élans de colère, de peurs ou de tristesse qui ne manquent pas de monter en nous ne sont pas d’une grande utilité s’ils s’arrêtent là. Ils peuvent être de bons déclencheurs pour raviver notre compassion et notre empathie, mais les nourrir de conduirait qu’à les renforcer. Alors, que faire ?

Nous sommes tous différents, dotés d’aptitudes propres et uniques, et nous ne sommes pas tous là pour faire la même chose, alors, faisons ce qui résonne avec notre être ! Certains ont l’élan de s’engager pour œuvrer dans les camps de réfugiés, d’autres pour conscientiser les masses, d’autres encore pour accueillir des réfugiés. Et vous ? Si vous êtes comme moi, rien de tout cela. Mon truc à moi est de cultiver l’amour, envers moi, ma famille, mes proches et amis, de vivre avec respect et tolérance, avec compréhension et altruisme, en prenant le temps de nourrir la beauté, la tendresse au mieux de mes possibilités. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est utile et efficace. On ne peut pas tous être sur la scène.

Qu’on ne s’y trompe pas, le vieux monde de la dualité, de la lutte, de la guerre, de la compétition agonise. Ce mode de fonctionnement tire à sa fin, même si nos hauts dirigeants font tout pour le prolonger, alors autant le laisser partir, car plus on va s’y accrocher, plus l’agonie va se prolonger. Je préfère orienter mon être vers un espace d’accueil, de fraternité et de paix. Même si l’installation de ce nouveau monde va prendre du temps, des générations encore, il faut bien commencer par lui donner une solide fondation à l’intérieur de soi et laisser aux semences le temps de germer.

Nous savons tous que le printemps succède à l’hiver, et qu’il n’y a pas à forcer les choses pour voir refleurir la nature. De même, nous pouvons agir avec confiance, sans attentes et fermement ancrés dans notre moment présent, mais avec la certitude que demain aura le visage que nous lui préparons aujourd’hui.

Michel A.

 

Moi, Jean-Daniel

Les aventures de Jean-Daniel, semaine 50

Souvenirs souvenirs

Notre rencontre avec Corinne fait bouger bien des choses en moi. L’élan amoureux que je ressens est bien sûr très agréable. En même temps, je ressens le besoin de clarifier ce que je veux, ce que je recherche dans une relation amoureuse, ce que j’en attends aussi.

Je n’étais pas ainsi avant mon voyage en Inde. Je crois que j’aurais foncé tête baissée dans cette relation sans me poser de questions.  Pourtant, je sais au fond de moi que c’est une bonne chose que de poser des bases à cette relation avant de m’engager. On ne se connaît pas encore beaucoup Corinne et moi, aussi avant de nous rapprocher davantage, j’ai envie de savoir si nos valeurs et intentions sont suffisamment proches pour qu’elles soient harmonieuses. En me regardant aller, je me suis dis que l’adolescent en moi fait définitivement peu à peu place à davantage de sagesse.

Nos discussions avec Corinne au sujet de mon voyage en Inde m’ont donné l’envie de replonger dans les enseignements reçus là-bas. J’ai réalisé que ce qui me manque le plus, c’est la quiétude et le silence qui enveloppent de douceur les jardins et vergers de Navdanya. Je n’ai jamais retrouvé ici la paix à laquelle j’ai goûtée dans cette merveilleuse communauté. Pour l’avoir expérimenté, je comprends combien le silence et la lenteur m’ont fait du bien, ont calmé mon mental et mon système nerveux, m’on aidé à me retrouver.

J’ai aussi compris que la sécurité financière et matérielle que je cherchais à l’extérieur ne peuvent pas se substituer à la sécurité qui émane de l’intérieur. Là-bas en Inde, j’ai goûté à une stabilité, un ancrage en moi qui aujourd’hui me semble primordial pour vivre sans virer fou. Car oui, certains jours, notre monde me semble un peu fou.

Gandhi enseignait la paix, cultivait la paix et répandait la paix, un bien dont on a aujourd’hui grand besoin. Je fais de mon mieux pour marcher dans ses pas, faire preuve d’amabilité et de respect. Comme livreur de pizzas, je vois toutes sortes de personnes, certaines sympathiques, et d’autres franchement repoussantes. Pas facile dans certains cas de rester aimable quand la grossièreté ou la bêtise dépassent les bornes. Mais bon, c’est toujours une occasion de mettre mes convictions en pratique et de relativiser. Avec une bonne dose d’humour, les choses passent toujours mieux !

Namasté,

Jean-Daniel